Congrégation du Saint-Esprit en France
spiritains

Une communauté à géométrie variable !

La communauté de Lille est une communauté de formation à dominante pastorale. Cette année, nous sommes 6. Elle a la responsabilité de l’animation de la paroisse St Maurice des champs. Cela donne une coloration particulière à notre communauté. Il y a beaucoup de personnes qui fréquentent notre maison, et beaucoup s’y sentent comme chez eux. Il faut sans cesse s’adapter aux demandes et aux propositions. De plus, la présence régulière des associés et de la fraternité « Esprit et mission » nous oblige à une plus grande réactivité. Il y a beaucoup de groupes qui se réunissent chez nous, cela va des scouts qui viennent camper dans le jardin, jusqu’au groupe « Parole et gestes » qui propose une gestuelle sur des textes bibliques. Chaque année, nous devons adaptée notre charte communautaire pour qu’elle permette à chacun de s’épanouir et grandir. Notre projet doit chaque année s’adapter aux personnes.

Christian Berton

« En plus d’être le supérieur de la communauté, je suis le curé de la paroisse et doyen de la ville de Lille. Je suis au service d’une Église particulière. C’est comme ça. J’ai accepté, en accord avec le provincial, ce service que m’a proposé l’Évêque de Lille. Il y a beaucoup de d’action de solidarité sur la paroisse. C’est notre manière d’être au service des plus pauvres et des plus démunis. C’est une véritable manière de vivre ma vocation spiritaine. Cette présence différente est appréciée par les paroissiens. Notre communauté internationale donne une autre tonalité à nos célébrations et à la catéchèse proposée. Certes mon agenda est bien rempli et je suis souvent hors de la communauté. Mais ces rencontres nourrissent ma prière et ma présence à la communauté. »


Benish Sedarson Paelraj

Ici, je me sens chez moi
Originaire de l’Inde, je suis arrivé à Lille voilà 2 ans. « C’est ma première expérience hors de chez moi et ma famille me manque parfois. On m’avait dit beaucoup de choses sur le froid, les personnes, les paysages, le multi culturalisme. Mais je me suis rapidement senti chez moi, accueilli par des amis de la communauté et des habitants très sympas. »

Pourquoi es-tu à Lille ?
- « Je suis postulant chez les spiritains. Ce passage à Lille est une belle expérience pour approfondir ma vocation. Je découvre chaque jour une autre manière de faire Église. A la paroisse, il y a peu de jeunes, cela est surprenant. Peut-être font ils Église ailleurs, autrement.

As-tu une insertion pastorale ?
- « Oui, je vais à l’ABEJ avec Maciej. C’est une association qui vient en aide, entre autres, aux personnes seules. Je les accompagne dans certaines activités (sport, repas solidaire, …) Cela me permet de découvrir une forme de pauvreté humaine que je ne connaissais pas bien, la solitude. C’est une forme d’exclusion qui peut vous détruire humainement. Je participe aussi à la catéchèse de la paroisse.

Es-tu à l’aise avec le français ?
- « Lille III est une bonne université, j’y ai vite progressé. J’avais appris un peu le Français avec le Père Serge. Les confrères de la communauté m’ont aidé dans la conversation du quotidien et à comprendre la culture française. Pour la vie missionnaire, il faut quitter son pays et souvent sa langue maternelle, Lille est une bonne préparation à cela. »

Tu parles de culture française au quotidien, qu’as-tu découvert ?
- « J’aime bien le fromage et le vin. Et surtout, les repas « français » ont été une vraie découverte pour moi. Prendre le temps de manger, parfois trop et surtout c’est un vrai lieu d’échange.

Comment se passe tes études ?
- « Cette année, je vais à la fac de théologie à Lille. Un peu de grec, l’étude des religions d’Asie, de la théologie et un cours sur « religion et politique ». C’est dur ! Il faut comprendre, prendre des notes, et il y a les devoirs.



Eddy Jean Pascal Ertus

Apres avoir connu la communauté de Lille durant sa formation, Eddy revient à Lille pour son année de stage diaconal. Il n'y a ni nostalgie, ni révolution dans son arrivée, mais l'envie de servir la communauté chrétienne de Saint Maurice des Champs.

Comment vis-tu ton retour à Lille ?
-« Lors de mon passage à Lille, durant mon premier cycle, j'étais dans une dynamique de recherche, de découverte. Aujourd'hui, je connais le lieu, certaines coutumes, je ne suis plus surpris par la météo ou par l'attitude de l'un ou de l'autre. Cela m'a permis d'entrée plus rapidement dans la dynamique pastorale du lieu. Je me sens plus proche des personnes, des familles. Je dirai que ma pastorale est plus incarnée. Et surtout, je me suis senti pleinement accueilli par la communauté chrétienne. »

Quelle est ta mission de diacre ?
- « Je suis d'abord au service de la Parole. Je découvre la joie, mais aussi les exigences de l’homélie par exemple. Je suis, avec d'autres, présent à la pastorale des jeunes. Cela demande beaucoup d’écoute, de patience et de disponibilité. Comme je n'ai pas de cours, je suis disponible aux missions que d'autres ne veulent ou plutôt ne peuvent pas faire. C'est un des charisme de notre congrégation d'aller où les autres ne vont pas. Et surtout, je suis de passage ici. Je suis appelé à aller ailleurs. Cela permet de mettre les paroissiens dans une pastorale du passage. Je suis pleinement présent, mais juste de passage. Ce que je met en place doit pouvoir continuer sans moi.

Comment se passe la vie en communauté ?
- « Sauf Christian, le supérieur et Yvon, l'économe, nous sommes tous de passage pour un temps très court et nous nous préparons à la mission à venir. Comme beaucoup de communauté spiritaines de la province de France, nous vivons l'internationalité et nous sommes de générations différentes. Cela demande une grande capacité d'adaptation à l'autre, beaucoup d'ajustements au quotidien et une grande délicatesse. Ce qui peut sembler simple pour nous, peut parfois sembler insurmontable aux autres. »

Qu'apporte la fraternité et les associés à la communauté ?
- « Cela nous apporte un ancrage supplémentaire dans la société et bien souvent nous évite de planer. C'est un test concret pour l'ouverture de la communauté et un baromètre de sa capacité d'accueil. J'aimerai que nous ayons plus de temps d'échange sur nos missions respectives et que cela débouche sur des synergies nouvelles. Nous avons des temps de prière communs, mais j'attends d'eux qu'ils interpellent la communauté pour établir ensemble des axes de missions communs. Et bientôt, nous vivrons un temps de récollection ensemble pour l'Avent.



Jean Paul Le Borgne

Écouter, échanger, partager dans une communauté ouverte.
Il n’est parfois pas nécessaire de poser des questions. Certains parle à cœur ouvert… c’est le cas de Jean Paul.

- « J’ai 57 ans de vie religieuse : j’ai fait profession le 8 septembre 1961 ! J’ai passé 3 ans au Cameroun, 1 année à Bordeaux, 3 ans à Auteuil et alors que je croyais être nommé économe de la communauté, je suis parti pour l’ile Maurice 7 ans, avant de passer 5 ans sur l’ile de la réunion. Et j’ai quitté l’ile pour, ô surprise, me retrouver à Lille où je passe une année sabbatique et sympathique.
- « J’avais déjà passé un peu de temps à Lille, mais la métropole a bien changé comme la communauté d’ailleurs. Je me ballade en vélo dans la ville. C’est un moyen de déplacement pratique et écolo. Parfois, je fais des rencontres… »

- Comment vis-tu comme « ancien » dans une communauté de formation ?

- « Je suis d’abord un spiritain parmi d’autres spiritains. Pour moi, c’est une manière nouvelle de faire communauté, un style différent et neuf. Pour construire la communauté, pour faire communauté, il faut mettre le prix ! Nous recevons à la mesure de notre investissement. Faire communauté, ce n’est pas juste vivre sous le même toit. Mais vivre vraiment sous le même toit est indispensable ! Pour définir la vie communautaire, voici un petit bout de la parabole des hérissons. Enfouis dans leur terrier, ils attendent le froid et quand celui-ci arrive, ils se rapprochent pour que chacun bénéficie de la chaleur de tous. Mais voilà, s’ils rapprochent trop vite ou de manière brusque, ils se piquent est reculent dans le froid de la solitude. La question est donc d’être une communauté soudée sans se piquer les uns les autres. Cela demande du temps et une vie de partage sincère.

- Concrètement, cela se vit comment ?
- « Il faut patiemment apprendre « le vivre avec ». Cela demande d’être attentif aux autres au quotidien, dans les petits gestes, les habitudes, les regards. Il faut être conscient de leurs peurs et de leurs blocages. Pour cela, il faut beaucoup écouter. Nous sommes parfois trop méfiants les uns envers les autres, trop fermé, trop possessif. Il faut savoir rester serviteur pour apaiser les tensions. Nous ne sommes propriétaires de rien et surtout de personne. Nous devons donc tous travailler à créer du lien. Nous avons en quelque sorte le devoir de nous asseoir pour nous écouter et ainsi recevoir de chacun. Je dirai même se recevoir les uns les autres. Sans cesse, je dois rechercher les qualités, le positif et les perles que nous cachons au fond de nous-même par pudeur. »

- Quel est ton ministère paroissial ?
- « Celui du remplacement ! De temps à autre, je préside une eucharistie ici ou ailleurs. Et il y a les confessions. Cela m’apprend la disponibilité ! J’ai aussi un ministère d’accueil. J’ai le désir de m’investir plus dans l’accompagnement, l’accueil et la visite des malades. Nous sommes proche d’une clinique… les portes s’ouvriront peut-être un jour. »



Maciej Szynscecki

Pas facile d’apprendre le français !


Maciej, Qui es-tu ?
- « Je suis Polonais ! Quand je suis arrivé en France, je ne parlais ni français, ni anglais, juste polonais. Je ne savais rien dire, pour parler, j’avais besoin de Google. J’ai souvent pleuré le soir de ne pas pouvoir communiquer. Après une année passée au Blagis en région parisienne, je viens d’arriver dans la communauté de Lille. Je viens du séminaire diocésain, ils m’ont demandé de faire une pause dans ma formation, et un prêtre m’a parlé des spiritains. Je me suis dit pourquoi pas ? J’aime bien l’intuition de travailler avec et pour les plus pauvres. »

Comment te sens-tu à Lille ?
- « Je pense que c’est plus facile qu’à Paris. J’ai plus de contact avec les autres spiritains, chacun prend du temps pour moi. Je suis responsable de la chapelle et je vais à l’ABEJ chaque semaine : je conduis la voiture. J’ai du mal à dialoguer avec eux, car je connais la grammaire, mais je manque de vocabulaire. Je fais aussi partie d’un groupe scout, mais je débute, c’est nouveau pour moi. »



Yvon Édouard

Comment se passe ton arrivée à Lille ?
- « ça se passe bien. J’ai eu un petit temps de tuilage avec l’ancien économe et j’ai été accueilli par le Père Christian. Petit à petit, Benish me fait découvrir Lille et nous nous promenons le week-end. Et, il y a les invitations des amis de la maison et des associés. Et surtout, il y a Sandrine la cuisinière avec qui je travaille de concert. Je connais peu la région, mais cela va venir. »

Quel est ta mission ?
- « Je suis l’économe, c’est un rôle particulier. Mais, surtout, je suis frère. C’est un autre type de présence dans la communauté. Je ne sais pas s’il y en a déjà eu un autre ici. Cela change, car sur une paroisse, les gens attendent plutôt un prêtre. Je n’ai pas encore d’insertion particulière. Mais cela va venir. J’ai animé les chants lors des célébrations de la semaine missionnaire, les paroissiens ont apprécié, alors pourquoi pas les équipes de liturgie. J’ai une formation en catéchèse et en audio-visuel, cela peut être utile. »

Que penses-tu de la communauté ?
- « C’est une communauté internationale de formation, certains cherchent encore leur vocation, réfléchissent à leur avenir chez les spiritains, d’autres, le sont depuis longtemps et relisent leur cheminement ! Faire communauté, ce n’est pas empiler des hommes les uns sur les autres, mais rechercher un ajustement nécessaire, un vivre ensemble charitable. Il ne faut pas oublier que la pierre d’angle de notre communauté, c’est le Christ ! J’aime beaucoup quand des amis de la communauté, des associés ou les fraternités viennent nous retrouver pour célébrer ensemble. C’est une belle ouverture et cela oxygène la communauté. »



Sandrine

C'est la plus ancienne de la communauté. Spécialiste de la pâtisserie, elle ne manque pas de recette pour donner le sourire à chacun. Elle est au service de tous et surtout de chacun ! Son rire illumine la maison au quotidien.

- « C'est vrai que certains n'aiment pas le poisson, les carottes et les endives cuites, les haricots verts façon « rue Lhomond », la confiture rouge, le miel ou les morceaux dans la compote, et parfois je ne sais plus quoi leur cuisiner...mais croyez-moi, je suis la cuisinière la plus heureuse du monde ! »



Joël Thellier