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Benjamin Osio
est né en 1974. Grandis dans une famille catholique, il avait une relation forte avec Dieu. Architecte de formation. Il a commencé son parcours religieux, suite d’une visite de communauté spiritaine à Bordeaux. Après son ordination sacerdotale, en 2015, il est parti en Haïti.



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Interview avec le P. Benjamin Osio

Un missionnaire heureux

Richard Sum : - Bonjour Benjamin, tu es venu en France pour les vacances ?

Benjamin Osio : - Oui, demain, je vais célébrer le mariage d’une amie à Lyon et voir ma famille. Ensuite, je participerai comme délégué au Conseil Provincial Elargi à Chevilly.

- Profitant de ton séjour ici, peux-tu nous dire ce que tu vis en Haïti ?

- Depuis quatre ans, je suis à Port-au-Prince. Pour la première fois, on m’a envoyé comme diacre. Après mon ordination sacerdotale, j’ai reçu une mission spéciale pour ce pays. Grâce à ma formation professionnelle d’architecte, je contribue efficacement à la reconstruction de St Martial, qui a été totalement démoli en 2010. Il n’y a plus de gens qui vivent sous la tente, mais il y a encore les séquelles des bâtiments démolis.

- Qui finance les projets (matériel, ciment, briques, etc.) ?

- Trouver des financements fait partie de ma mission. Je cherche des donateurs en France et dans la diaspora haïtienne. Les anciens élèves du collège St Martial, qui vivent maintenant aux Etats-Unis, sont très généreux. On reçoit aussi une aide importante de la part des spiritains canadiens.

- Comment trouves-tu un équilibre entre le travail d’architecte et la pastorale ?

- Je suis mangé par mon travail ! Il me manque du temps pour visiter les gens, les écouter et les aider. Je me rends compte que la reconstruction prend beaucoup d’énergie. D’autres communautés ont aussi de grands besoins. Ma vocation, c’est d’être religieux missionnaire. Je vis en communauté. On prie ensemble le matin et le soir. Au cours de la semaine, je célèbre l’Eucharistie à St Martial, chez les sœurs de St Joseph de Cluny, celle de Mère Theresa, les Missionnaires de l’Immaculée Conception et dans des paroisses spiritaines.
J’ai aussi un contact direct avec les élèves puisque je suis responsable de la pastorale : la catéchèse, les sacrements, les célébrations eucharistiques. Il y a aussi le sport, les activités non académiques mais culturelles. Un petit groupe de 15 à 20 ans, que j’appelle « Jeunesse Spiritaine » (JS) réfléchit sur le sens de la vie et leurs futurs engagements. Tous les vendredis, on se retrouve pour des loisirs et des activités caritatives.

- Quelle est ta prière préférée ?

- Sans hésiter : le Notre Père, en créole : « Papa no qui no ciela »

- Et le rôle de spiritains en Haïti ?

- C’est d’être au service de la mission : vivre au milieu du peuple haïtien, qui souffre beaucoup. On a des progrès à faire de ce côté-là. Ici, il y a encore un certain respect de la tradition, un attachement aux sacrements. Il y a une dominante chrétienne avec 60% de protestants et 40% de catholiques. C’est un pays très peuplé, très fervent : les gens expriment leur foi avec fraîcheur. Quand les jeunes se préparent à la confirmation, ils reçoivent le sacrement de réconciliation : ils y mettent tout leur cœur.

- Les spiritains sont présents dans plusieurs paroisses…

- Une quinzaine de spiritains travaille dans quatre paroisses très différentes. L’une d’elles, très peuplée, est située dans la banlieue de Port-au Prince, l’autre est fixée à 1400 mètres d’altitude, avec un climat très différent. Deux autres paroisses avec un climat plus chaud, se trouvent dans le milieu rural. Un centre social dispose d’un terrain de foot, où l’on organise des activités pour les jeunes et pour les groupes. On y assure aussi du soutien scolaire, des activités sociales pour les enfants et pour les jeunes ainsi qu’une maison de formation.

- Je te vois heureux !

- Je suis heureux, car j’ai l’impression d’être à ma place, dans toutes les dimensions, comme homme, comme architecte, comme religieux et comme prêtre.