Congrégation du Saint-Esprit en France
spiritains
Chemin de croix à la rue Lhomond










 




Qui a cru ce que nous entendions dire ? interroge le prophète Isaïe. Isaïe décrit l’homme de douleur, rejeté et méprisé et il continue : Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. (Isaïe 53,5)

Cette prophétie préfigure Jésus, homme de douleur, méprisé et crucifié. Qui peut croire que cet homme mourant peut nous donner vie ? Qui peut croire que les crucifiés de notre monde peuvent nous donner vie ? Jésus prend la voie de l’abaissement. Il descend dans les ténèbres et la faiblesse humaine pour tout assumer mais c’est pour remonter, avec tous ses frères et sœurs en humanité, vers son Père bien-aimé. Jésus nous invite tous à le suivre sur cette voie descendante pour monter avec lui dans la gloire du Père.


I ère station : Jésus condamné à mort

« ... écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui...» (Isaïe 53,5)

Jésus dérange. Il dérange l’ordre établi. Il dérange ceux qui sont au pouvoir. Il dérange les Pharisiens et les scribes. Jésus nous dérange par ses exigences d’amour, par son choix des petits. Trop souvent nous voulons nous débarrasser de lui.
Prière :
Jésus, toi qui es venu nous déranger dans nos sécurités pour nous révéler un ordre nouveau, un amour nouveau : Donne nous la FORCE de t’accueillir et de TE suivre jusqu’au bout.


II ème station : Jésus est chargé de sa croix

« Sans beauté ni éclats pour attirer nos regards et sans apparence qui nous eut séduits, objet de mépris abandonné des hommes » (Isaïe, 53, 2B)


Jésus, épuisé, humilié, reçoit sur ses épaules la lourde poutre de bois. Il accueille l’épreuve, Il demeure en communion avec son Père. « Je ne suis pas seul, puisque le Père est toujours avec moi » (Jean 16, 32). Chacun de nous est appelé à accueillir et à vivre des épreuves et des deuils. Mais nous ne sommes pas seuls à les porter. Jésus est avec nous.
Prière :
Jésus, pour que ton règne d’amour vienne, donne-nous la FORCE de ton Esprit Saint. Toi qui purifie nos vies, sois notre force pour traverser avec toi les épreuves.


III ème station : Jésus tombe sous le poids de la croix

« Objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance »
(Isaïe, 53, 3A)


Jésus tombe d’épuisement. Il tombe sous le poids de la croix et de la cruauté des hommes. Il n’est plus le maître debout, qui parle avec autorité et fait des miracles. Le voilà faible, homme de douleur, gisant par terre. Qui le relèvera ? Aujourd’hui, tant de personnes sombrent dans la dépression, se sentent écrasées de tristesse, de solitude, accablées par des sentiments de culpabilité. Leurs amis les abandonnent, ne sachant que faire. Qui les relèvera ?
Prière :
Jésus, aide-nous à relever nos frères et sœurs lorsqu’ils tombent sous le poids de la souffrance.


IV ème station : Jésus rencontre sa mère.

« Comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n’en faisions aucun cas »
(Isaïe 53, 3B)


La Mère de Jésus ne se voile pas la face. Elle sait qui il est, le fils bien-aimé du Père, son fils bien-aimé, son unique. Jésus rencontre le regard de Marie, regard d’amour, de douceur, d’accueil et de tendresse, regard qui le réconforte et l’aide à aller jusqu’au bout du don.
Prière :
Jésus, que chacun de nous puisse, un jour, rencontrer ce regard de Marie, afin de trouver la CONSOLATION et la FORCE nécessaires pour continuer la route.


V ème station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

« Or, ce sont nos souffrances qu’il portait, et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié » (Isaïe 53, 4)


Simon, un paysan qui rentrait des champs, est réquisitionné par les soldats, pour aider Jésus (Mc 15, 21).Ils ont peur que Jésus s’épuise et ne puisse aller jusqu’au Golgotha. Simon regarde Jésus ; Il est ému de ses souffrances et de la paix douloureuse de son regard. Il l’aide à porter sa croix, sans savoir que c’est Lui, Jésus, qui porte nos souffrances.
Prière :
Jésus, rends-nous disponibles pour marcher avec ceux et celles qui sont écrasés par la souffrance, et les aider à porter leur croix.


VI ème station : Véronique essuie le visage de Jésus.

« Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes » (Isaïe 53, 5A)


Une femme sort de la foule et essuie doucement le visage de Jésus. Jésus la regarde, ému de son amour audacieux. Véronique aime Jésus. Elle ose sortir de la foule indifférente et peureuse pour essuyer son visage. Jésus la regarde avec tendresse et reconnaissance. Son visage, à la fois si beau et si défiguré, est désormais inscrit à jamais dans la mémoire de son cœur.
Prière :
Jésus, donne – nous l’audace et la force de l’amour pour sortir de nous- mêmes, de notre confort, de notre indifférence parfois : donne nous d’essuyer ton visage dans le visage des pauvres.


VII ème station : Jésus tombe pour la deuxième fois.

«... méprisé... humilié... écrasé à cause de nos fautes,... dans ses blessures nous trouvons la guérison. » (Isaïe 53, 5B)


Jésus prend un chemin de descente. Il descend dans les ténèbres et les faiblesses humaines, pour être avec nous, dans nos pauvretés et nos faiblesses.
Prière :
Prière : Jésus, tu nous invites à TE suivre sur ce chemin de descente, pour être AVEC nos frères et nos sœurs, petits et faibles.


VIII ème station : Jésus console les femmes

« Tous comme des moutons, nous étions errants, chacun suivait son propre chemin » (Isaïe 53, 6A)


Jésus voyant les femmes pleurer sur lui, voit l’angoisse et l’isolement de ceux qui sont rejetés, exclus de la société. Tant d’hommes et de femmes aujourd‘hui errent dans nos villes, perdus, sans repères, ni guides.
Prière :
Jésus, fais surgir dans ton Eglise et dans la société, des bons bergers, des guides et des témoins, qui éveillent notre espérance et montrent le chemin vers l’unité et la paix.

Refrain : Jésus, berger de toute humanité, tu es venu chercher ceux qui étaient perdus Prends pitié de nous, fais nous revenir, fais nous revenir à toi ! Prends pitié de nous !


IX ème station : Jésus tombe pour la troisième fois.

« Et Yahvé a fait retomber sur lui nos fautes à tous » (Isaïe 53, 6B)


Jésus prend sur lui nos fautes. Il est écrasé par la violence et les coups. Lui, le doux, aime chacun de nous. Il est venu pour nous conduire à la communion des cœurs. Son cœur est déchiré par les blocages de peur, de haine et de refus de pardon qui nous habitent, nous empêchant d’accueillir l’amour.
Prière :
Jésus, écarte nos peurs ; Brise nos cœurs de pierre ; Ouvre nos cœurs de chair à ton amour et à ta présence.


X ème station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

« Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche » (Isaïe 53, 7A)


Jésus est dépouillé. Il n’a plus ni énergie, ni liberté de mouvement. Il n’a plus d’amis, ses disciples ont fui. Il n’a plus ni honneur ni dignité, Il est dépouillé de ses vêtements. Il est nu, livré à la vue et aux moqueries des hommes. La pauvreté radicale, la petitesse de Dieu moqué par les puissants de ce monde.
Prière :
Prière : Jésus, montre-nous comment revêtir de RESPECT nos frères et sœurs lorsqu’ils sont dépouillés de leur dignité.


XI ème station : Jésus est cloué sur la croix

« Comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n’ouvrait pas la bouche » (Isaïe 53, 7B)


Au début de sa vie publique, Jésus est debout, le bon berger, qui enseigne, qui montre le chemin et qui guide ses brebis vers de verts pâturages. Plus tard, il se met à genoux, pour laver les pieds de ses disciples et les relever. Maintenant, Jésus roi d’amour, est ligoté, couché sur la croix ; il n’ouvre pas la bouche…
Il donne sa vie en s’offrant comme l’agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde. Il transforme la haine et la violence qui l’accablent en pardon et en tendresse. En ce jour est crucifié le créateur du monde ; il est couronné d’épines, lui le roi des cieux ; il est suspendu au bois, l’époux de l’Eglise. Nous adorons tes souffrances, O Christ notre Dieu.
Prière :
Prière : Jésus, donne TA LUMIERE à tous ceux qui sont cloués par la maladie et la souffrance, qu’ils découvrent que leur vie peut devenir une source qui irrigue la terre aride de notre monde.


XII ème station : Jésus meurt sur la croix

« Qui a cru ce que nous entendions dire, et le bras de Yahvé, à qui s’est-il révélé ?» (Is 53, 1)


Pendant trois heures, Jésus est pendu à la croix. Il peut à peine respirer. Il a tout perdu, mais il demeure en communion avec sa mère. Marie est là, debout près de la croix. Sa présence lui dit : » j’ai confiance en toi. Je m’offre au Père avec toi. » Son cœur est transpercé par un glaive. Elle est femme de compassion.
Prière :
Prière : Jésus, apprends-nous aujourd‘hui, à rester avec Marie, près de la croix de tant d’hommes et de femmes.


XIII ème station : Jésus est descendu de la croix

« Parmi ses contemporains, qui s’est inquiété qu’il ait été retranché de la terre des vivants, qu’il ait été frappé pour le crime de son peuple ? » (Isaïe 53, 8A)


Joseph d’Arimathie, Nicodème et Jean descendent le corps de Jésus de la croix. Ils déposent son corps martyrisé sur les genoux de Marie. Qui peut croire que cet homme mort peut nous donner vie ? Qui peut croire que les crucifiés du monde peuvent nous donner vie ? Marie demeure là. Silencieuse, brisée, broyée... elle croit.
Prière :
Prière : Jésus donne-nous la foi dans l’impossible : croire, que de la mort, Dieu peut faire jaillir la vie.


XIV ème station : Jésus est mis au tombeau

« On lui a donné un sépulcre avec les impies, et sa tombe est avec le riche, bien qu’il n’ait pas commis de violence et qu’il n’y ait pas eu de tromperie dans sa bouche. » (Isaïe 53, 9)
(voir récit de la passion selon St Jean : (19, 40-42)


La pierre scelle le tombeau : tout est fini. Pierre et les apôtres sont dans le désarroi et la confusion. Marie de Magdala pleure. Marie, la Mère de Jésus, garde dans son cœur les paroles et les promesses de son fils. Elle entre dans le GRAND SILENCE DU SAMEDI SAINT, Jour de l’attente, jour de confiance.
Prière :
Prière : lorsque tout paraît fini, l’espérance dans les promesses de Jésus DEMEURE. Jésus, dans ce grand silence du Samedi Saint, apprends-nous à attendre dans l’espérance.



Stabat Mater,

Debout, la Mère douloureuse sur le Calvaire était en larmes devant son Fils crucifié. Dans son âme qui gémissait, toute brisée, endolorie, le glaive était enfoncé. Qu’elle était triste et affligée, la Mère entre toutes bénie, la Mère du Fils unique ! Qu’elle avait mal, qu’elle souffrait, la tendre Mère, en contemplant son divin F ils tourmenté ! Quel est celui qui sans pleurer pourrait voir la Mère du Christ dans un supplice pareil ? Ô sainte Mère, daigne donc graver les plaies du Crucifié profondément dans mon cœur. Ton enfant n’était que blessures, lui qui daigna souffrir pour moi ; donne ‐ moi part à ses peines. Qu’en bon fils je pleure avec toi, qu’avec le Christ en croix je souffre, chacun des jours de ma vie ! Etre avec toi près de la croix et ne faire qu’un avec toi, c’est le vœu de ma douleur. Vierge bénie entre les vierges, pour moi ne sois pas trop sévère et fais que je souffre avec toi. Qui pourrait sans souffrir comme elle contempler la Mère du Christ douloureuse avec son Fils ? Pour les péchés de tout son peuple elle le vit dans ses tourments, subissant les coups de fouet. Elle vit son enfant très cher mourir dans la désolation alors qu’il rendait l’esprit. Daigne, ô Mère, source d’amour, me faire éprouver tes souffrances pour que je pleure avec toi. Fais qu’en mon cœur brûle un grand feu pour mieux aimer le Christ mon Dieu et que je puisse lui plaire.
Que je porte la mort du Christ, qu’à sa Passion je sois uni, que je médite ses plaies ! Que de ses plaies je sois blessé, que je m’enivre de la croix et du sang de ton Enfant ! Pour ne pas brûler dans les flammes, prends ma défense, Vierge Marie, au grand jour du jugement. Christ, quand je partirai d’ici, fais que j’obtienne par ta Mère la palme de la victoire. Au moment où mon corps mourra, fais qu’à mon âme soit donnée, la gloire du Paradis.


Méditation selon Jean Vanier