à la maison-mère...  

Conférence de Monsieur Gustave Massiah

( pour l’AG de l’AEFJN le 8 mars 2017 au 30 rue Lhomond)


La situation de l'Afrique est un regard sur la politique française par rapport à l'Afrique un mois avant les présidentielles


Aujourd'hui on se pose des questions sur l'avenir et pour cela on regarde le passé pour comprendre. C'est une gymnastique d'histoire.
L'avenir est incertain, il n'est pas écrit. Il y a beaucoup de possibilités, y compris des bonnes. Il ne faut pas calquer le présent sur l'avenir. Il ne faut pas partir de certitude, mais de contradiction, c'est là que nous pouvons agir. Que peut-on faire ?
Nous sommes dans une situation contradictoire en rupture. Les grandes contradictions que l'on retrouve dans le monde entier sont toutes en Afrique. Il faut peut-être partir de là.

Situation en crise.

La crise économique n'est que la conséquence de situations. Peut-on parler de l'Afrique comme un tout? Oui et non. Il y a des spécificités des grandes régions dans la mondialisation. L'Afrique et une grande région. On peut l'analyser à partir des sous régions qui sont en construction. Il y a 5 ou 6 sous région en Afrique. L'Afrique du Nord, de l'Ouest, l'Afrique centrale, l'Afrique de l'Est, l'Afrique australe et la diaspora africaine.
Les défis.
Première contradiction: les inégalités. On considère que c'est la question mondiale principale. Dans le monde les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Cette question est de plus en plus forte en Afrique. L'Afrique est de plus en plus riches mais les inégalités aussi. Le problème de la pauvreté, ce n'est pas les pauvres mais les riches! Les sociétés se restructurent avec des couches Très Riches, des couches très pauvres, et des classes moyennes très nombreuses.
Deuxième contradiction: écologique. On ne peut plus réfléchir de la même manière au développement. Le système économique mondiale est entré en contradiction avec l'écosystème planétaire. il nécessite une réinvention.
3e contradiction: géopolitique. On est passé d'un monde binaire USA Russie jusqu'en 1989 à un monde monopolaire (USA Europe Japon). Puis depuis 10 ans, on est passé à un monde multipolaire une réorganisation de l'équilibre des puissances avec les BRICS, les nouveaux pays émergents, les “sivex”. Dans chaque région il y a des révoltés qui accroîent les déséquilibres. Il y a une adaptation du système mondial.
4e contradiction: idéologique et culturel. La montée en puissance de nouvelles idéologies (par exemple le racisme) et sécuritaire (par exemple l'état d'urgence). La sécurité devient plus importante que la liberté. Après le deuxième guerre mondiale l’égalité était une valeur centrale. C'est à ce moment-là qu'on a reparlé de la Déclaration des Droits de l'Homme. Aujourd'hui l'idéologie n'est plus la même. Les inégalités sont considérées comme naturelles et normales. Ca remet en cause l'idée de droit.
5e contradiction: politique. Après la crise financière en 2008 et 2011, on a vu une insurrection: les printemps arabes, les indignés. Le point commun à ces manifestations c'est le refus de la corruption. La corruption c'est la fusion entre les classes financières et les classes politiques qui détruit l'autonomie du politique. C'est alors le financier qui dicte au politique. Aujourd’hui, il y a une défiance par rapport au politique, et cela entraîne le populisme.


L'Afrique est confronté à l'ensemble des problèmes auxquels le monde est confronté. Quelles spécificités de l'Afrique? Quel avenir possible ? Quelle est la situation de l'Afrique ? L'Afrique a beaucoup amélioré ses positions et accru ses contradictions.
Jusqu'en 2010 on parlait d'Afro pessimisme depuis on a parlé d'Afro optimisme. L'avenir c'est l'Afrique. Dans 20 ans l'Afrique occupera la position de la Chine aujourd'hui. La jeunesse du monde est en Afrique. Les matières premières et les ressources économiques sont en Afrique. Les entrepreneurs africains sont de plus en plus dynamique. À une condition c'est que les États africains introduisent une gouvernance publique c'est ce que disaient les chinois aux Africains. S’il n’y avait pas eu de Politique publique en Chine et en Inde, ces pays ne se seraient pas développé. La pauvreté est élevé en Afrique parce que la croissance est récente. L'Afrique est au centre de toutes les grandes questions mondiale. Un continent d'une très grande inventivité. Un monde sans migrants n'a jamais existé

les défis à venir.

L'épuisement du système dominant économique. La logique c'est le capitalisme financier. Ces politiques ont été expérimentés au Chili puis en Afrique. C'est l'ajustement structurel. La dette. On l’a imposé à l'Afrique puis à l'Europe (c'est les plans d'austérité). Il faut ajuster les sociétés aux marchés mondiaux. Si vous voulez une croissance, il faut de grandes industries. C'est le libre-échange. Il faut réduire les pouvoirs des états. On s'appuie sur la dette. La dette a toujours été une manière de maîtriser les peuples. On peut repenser à l'esclavage. Elle a détruit l'Afrique et à renforcer les régimes autoritaires en Afrique. Si les États sont autoritaires c'est parce qu'on leur en donner les conditions. Nous sommes dans une situation de rupture majeure. Le vieux monde se meurt le Nouveau Monde tarde à apparaître et dans l'entre deux surgissent des monstres. En 1789 il y avait 400 ans que la bourgeoisie montait en puissance.
Aujourd'hui il y a 5 révolutions cours. Ce sont des révolutions longues. Elles produisent des violences.
La première des révolutions c'est le droit des femmes. Elle engendre un refus qui engendre une violence.
La deuxième révolution c'est les droits des peuples. 2e phase de la décolonisation. Chaque peuple a le droit de participer à son histoire. L'indépendance des États n'est pas la libération des peuples. Nous avons affaire à une deuxième décolonisation qui entraîne un problème d'identité.
3e révolution la révolution philosophique. L'écologie. Le temps n'est pas infini. Ca met par terre tous les modèles de développement.
La 4e révolution la révolution numérique. Ça touche tout ça va jusqu'à toucher la mémoire des gens.
la 5e révolution le peuplement de la planète. Aujourd'hui les migrants Posent problème, pourtant il y a un droit de vivre au pays et droit de circuler librement.


Aujourd'hui la solidarité internationale est absente des débats, mais très présente sur le terrain. Il y a des plaidoyers qui mobilisent. Les sociétés résistent. Par exemple, aux USA il y a une résistance contre Trump. La solidarité est une valeur, c'était nous à la rappeler. Elle commence dans les quartiers.
Aujourd'hui les sociétés civiles ont un pouvoir et les collectivités locales aussi. C'est une des chances de l'avenir. Mais attention aux récupérations par les États et les entreprises.
Il y a une montée des extrémismes partout. Montée des politique sécuritaire. Et en même temps, le Pape a invité les mouvements sociaux au Vatican. Un des mouvements français invité c'était le DAL, le droit au logement. C'est une chance. Partout il y a des oppositions vivante. Le Secours Islamique de France fait partie du CRID.
Les extrémistes viennent d’une exaspération par rapport à celui qui domine. Il faut commencer par lutter contre les discriminations.
Notes de Yves Mathieu


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