Carte blanche à...   
P. Armel Duteil
REFLEXIONS SUR UN PLAN PASTORAL PAROISSIAL 2018-2019

« se mettre à l’école du Christ-Vérité »

Remarques générales : Voici quelques réf l exions sur le plan pastoral de notre paroisse pour cette année. Je pense que ces réflexions sont valables pour un certain nombre d’autres paroisses. Je tiens à m’excuser tout de suite si mes réactions sont trop critiques et si je semble me mettre au-dessus des gens. Il ne s’agit pas de minimiser ni de mépriser les bonnes choses qui se font déjà, encore moins de nier l’importance d’un plan pastoral. Ni de méconnaître les difficultés du travail pastoral et les gros efforts et l’engagement admirable de nombreux prêtres, religieux, religieuses et laïcs. Déjà l’existence de ces plans pastoraux est un grand progrès qu’il faut saluer. Ce qui suit, ce sont plutôt des réactions qui voudraient permettre d’aller plus loin , même si ces idées, bien sûr, sont non seulement limitées mais critiquables. Mon désir c’est de chercher ensemble et de mettre en pratique l’amour du Christ pour les hommes, spécialement les plus nécessiteux et ceux qui souffrent le plus : les pauvres et les petits de la société. Et de nous mettre à l’écoute de l’Esprit Saint. En sortant de ns paroisses et de nos structures, à la fois pour travailler dans l’informel, disponibles aux rencontres et aux appels des hommes. Et décidés à agir avec les autres organisations et forces vives de la société

Notre Evêque nous a donné des orientations pour ces trois années, à partir de ces paroles du Christ : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». L’année dernière, nous avons cherché à vivre en chrétiens, en suivant le chemin de Jésus, un chemin qui nous conduit vers la sainteté. Cette année, il s’agit de vivre en vérité, comme le Christ et avec Lui. L’année prochaine, on cherchera à agir avec le Christ qui nous fait vivre. Mais d’abord je m’aperçois qu’on mélange ces trois thèmes, et qu’on les reprend ensemble chaque année, ce qui fait perdre la progression que l’on avait prévue. C’est important d’avoir un plan d’action, avec des actions précises et bien déterminées selon les différentes rubriques, comme cela a été fait. Mais on ne doit pas se limiter à cela. Il est absolument nécessaire d’avoir une réflexion spirituelle, et une formation à partir de la Parole de Dieu, sur la signification profonde du thème de cette année. Cela, pour pouvoir le vivre en vérité personnellement, avec les autres chrétiens et avec tous les hommes de bonne volonté qui nous entourent : en paroisse, dans les mouvements, les communautés de quartier (CEB), et les autres identités et structures. Dans le souci de le partager, avec tous ceux avec qui nous vivons. D’abord dans nos familles, mais également au travail, dans les loisirs et dans le quartier, en veillant à ne pas être centrés sur nous-mêmes mais ouverts à ceux qui nous entourent, qui sont nos frères et nos sœurs et qui sont des enfants de Dieu comme nous, qui ont le droit à l’Evangile, et pour lesquels Jésus a donné sa vie.

Le Plan Pastoral se présente comme une série d’activités dans les différents domaines de la vie chrétienne : la liturgie, la catéchèse, la communion, les mouvements etc. Mais cela se résume trop souvent à un temps fort, une seule journée d’action. Alors qu’il serait important que chaque groupe agisse dans ce sens, régulièrement et tout au long de l’année, dans la continuité.

Dans le Plan Pastoral en question, on a demandé aux différentes identités qui travaillent dans la même direction de se compléter, pour s’enrichir au lieu de se refermer sur son propre groupe. Mais cela demande que ces différents groupes agissent vraiment ensemble, pour ne pas créer des coordinations sur le papier qui ne vont pas réellement travailler, comme cela se voit trop souvent. C’est toute la limite de cet exercice. On a l’impression que l’on cherche à présenter un bon plan pastoral avec tous les détails : objectifs, activités, organisateurs, dates, lieux, moyens, cibles, résultats attendus, etc. Tout cela est important à condition que ce soit des moyens d’action véritablement efficaces, et non pas un simple exercice intellectuel. Il s’agit donc maintenant de mettre en place les conditions nécessaires pour que ces actions soient effectivement réalisées : une bonne sensibilisation de tous, la formation et les explications nécessaires et l’approfondissement du thème dans sa dimension spirituelle, en veillant à la responsabilisation et à la motivation du plus grand nombre possible. Pour que chacun soit dès le départ vraiment décidé à agir et à s’engager, réellement et concrètement. C’est la condition absolument nécessaire pour une véritable action, et que ce plan pastoral ne reste pas lettre morte.

La liturgie : Au sujet de la liturgie, je vois un appel qui a été transmis à tous les fidèles mis. En effet, c’est très important de donner la parole au maximum de personnes. Et d’écouter les fidèles qui demandent « de préparer des homélies simples  ». Mais je vois aussi des choses assez formelles comme « sensibiliser sur les gestes lors des cérémonies liturgiques ». Par contre, je ne vois rien sur l’inculturation qui semble oubliée au Sénégal. Jusqu’à maintenant, c’est le rituel de la France qui est utilisé pour les baptêmes, les mariages et les enterrements. On parle bien d’articuler la liturgie et la catéchèse, ce qui est essentiel. Mais on ne parle pas d’articuler la liturgie avec la vie de chaque jour, pour nous offrir et offrir le monde au Père dans les mains de Jésus Christ, « par Lui, avec Lui et en Lui ». Pourtant à l’Eucharistie, c’est bien le monde entier, nous-même avec tout ce  que nous vivons et ce que vivent les hommes autour de nous, que nous offrons à Dieu avec le corps et le sang de Jésus Christ. Il est la tête, nous sommes ses membres. Comme le demande saint Pierre (1 ère Pierre 2,3 )  « Soyez des pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel. Alors, vous serez le sacerdoce saint présentant les offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus » . Comme nous le chantons souvent dans ce chant : Peuple de prêtres, peuple de roi, chante ton Seigneur. Bien sûr, il est important de sensibiliser aux gestes liturgiques et d’avoir les mêmes gestes pour l’unité de la célébration. Mais que l’on cherche aussi l’engagement personnel de chacun et que l’on veille surtout, à une participation «pleine et  active des fidèles », comme nous le demande le Concile Vatican 2.

On parle de l’adoration du saint sacrement, de pèlerinages, de passages de statues du patron de la paroisse dans les communautés, mais pas de la préparation nécessaire à l’Eucharistie. Ni de la façon de la mettre en pratique dans la vie de chaque jour.

Sur le thème spécifique de l’année « se mettre à l’école du Christ-Vérité », on met en premier le partage d’Evangile, ce qui est essentiel. Mais il serait utile d’avoir une véritable formation à ce partage (lectio divina). En effet dans les CEB, le partage se limite souvent à une homélie, un genre de conférence de la part du responsable, ou à la monopolisation de la parole par deux ou trois personnes. Et non pas un véritable partage de tous. Ce qui est d’ailleurs difficile dans la mesure où tout se fait en français, sans utiliser les différentes langues locales, même si une traduction est nécessaire pour cela.
Par ailleurs, le partage d’Evangile est souvent très moralisateur. Tout de suite, on voit comment mettre la Parole en pratique, sans prendre d’abord le temps de la contempler et de regarder Jésus : que fait-Il et que dit-il dans ce passage de l’Evangile ? Car Jésus Christ est plus important que nous-mêmes. Et dans un deuxième temps, de voir qu’elle est la Bonne Nouvelle que Jésus Christ nous apporte dans ce passage : qu’est-ce qui nous apporte la joie, l’espérance, la force, le courage, la communion etc. Avant de nous demander dans un troisième temps, ce que nous devons faire. L’Evangile est d’abord et avant tout une Bonne Nouvelle que Jésus nous adresse, et pas seulement ni d’abord des commandements ou des choses à faire.

De même les cours bibliques sont souvent des cours d’exégèse du séminaire qui se limitent à des connaissances théoriques, sans aboutir à une véritable contemplation et méditation de la Parole de Dieu. Et sans voir suffisamment, en quoi cet évangile éclaire notre vie personnelle et communautaire, et la vie de la société toute entière. Pour voir comment vivre cette Parole en Vérité (la Vérité est le thème de cette année). On assiste même dans un certain nombre de paroisses à des concours de connaissances bibliques (Génies en Bible) qui se terminent par des distributions de cadeaux et des diplômes. Il faudrait réfléchir sérieusement à cette question. N’est-ce pas une déformation grave de la Parole de Dieu ?

Le témoignage : On parle ensuite de la visite des entités par l’équipe pastorale et les communautés religieuses. Malheureusement on ne peut pas s’empêcher de constater le peu d’engagement de certains religieux et religieuses dans les mouvements et les CEB. Il est clair que pour les religieux qui ont une activité professionnelle, leur premier engagement doit être dans l’école, les dispensaires ou les centres sociaux où ils travaillent. Mais on voit aussi un certain nombre de religieux e de religieuses, surtout les plus jeunes, qui trouvent le temps de passer plusieurs heures par semaine à des répétitions de chorales. Est-ce que cela doit vraiment être leur priorité ? Il y a suffisamment de chefs de chorales laïcs et suffisamment de volontaires pour chanter dans les chorales. A ce sujet, il faudrait d’ailleurs réfléchir sérieusement au fonctionnement de ces chorales, à la formation spirituelle qui y est donnée, et aux relations qui existent entre les différents membres.
Il faudrait une formation approfondie aux rôles et au fonctionnement des CEB . On se contente souvent de prières, sans un véritable engagement dans la société avec le reste de la population. Or nos CEB ne doivent pas être seulement des réunions de prières. Ce sont des communautés chrétiennes de base, responsables de l’animation chrétienne des quartiers. Dans la mesure où les prêtres et les religieux ne participent pas régulièrement à ces réunions de CEB, trop souvent les laïcs ne sachant pas quoi faire se replient sur le chapelet. Il faudrait aider les chrétiens à s’engager pour rendre meilleures les relations et la vie dans le quartier, en agissant avec les organisations de jeunes et de femmes qui y sont présentes, avec les chefs de quartiers, le Conseil Municipal, les différentes ONG et les actions menées dans les quartiers et les communes. En collaboration avec les forces vives qui agissent dans le quartier où se trouve chaque CEB. Et en relation avec les imams et les organisations musulmanes présentes. On parle souvent du manque d’engagement politique des chrétiens, comme s’il s’agissait obligatoirement d’être ministre ou député. Alors que cet engagement c’est d’abord à la base que nous devons le vivre, comme le nom de CEB le dit. Nos CEB sont souvent trop centrées sur elles-mêmes et sur la paroisse, se limitant à la catéchèse et aux sacrements, quand ce n’est pas aux fêtes et aux cotisations, où à l’achat de tenues.

Dans ce Plan Pastoral, on parle avec raison des écoles et des aumôneries. Mais cette action pastorale se limite trop souvent aux écoles catholiques. Alors que la majorité des enseignants, comme des élèves chrétiens, sont dans les collèges et lycées publics ou privés laïcs. On se contente souvent de la catéchèse, alors que l’aumônerie doit veiller à l’animation de toute l’école, et pas seulement préparer aux sacrements. Et chercher à établir de meilleures relations entre élèves, avec l’administration et avec les enseignants, pour y construire le Royaume de Dieu. Les véritables aumôneries de lycées, comme les équipes enseignantes pour les professeurs, sont trop rares dans ces établissements. Et dans les écoles catholiques, il n’y a pas de véritables aumôneries, ni de JEC, mais surtout des cours de catéchèse, quand ce n’est pas l’organisation de loisirs, ce qui n’est pas du tout la même chose. Une autre chose à mettre en place dans chacune de nos écoles catholiques, n’est-ce pas une assistance sociale avec une personne formée à l’écoute, pour accueillir les élèves en difficulté qui le désirent. Il ne suffit pas de parler d’écoles d’excellence et de réussites aux examens à 95 %, pour que ce soit une école vraiment chrétienne.
Quelle formation morale et spirituelle proposons-nous aux élèves musulmans de nos écoles ? Et quelle éducation constructive et engagée pour leur vie future, et pour un véritable dialogue interreligieux. Dans ce plan pastoral, je n’ai pas trouvé d’allusion aux musulmans. Ils sont pourtant la très grosse majorité dans ce pays, au moins 90%. Avons-nous pris conscience que nous sommes une minorité : le petit troupeau, mais aussi le levain dans la pâte ? En avons-nous tiré les conséquences ?

Dans ce plan pastoral, on cite également les chorales, les mouvements d’action catholique et les associations de femmes. Espérons que ces différents groupes mettront en place eux aussi un véritable Plan d’action, qui sera accompagné d’une formation spirituelle et d’une préparation à l’évangélisation. On doit se poser des questions sérieuses quand on voit que les activités de certains groupes se limitent aux nguel, xawaré, yendö, soirées dansantes et repas de gala. Et à l’achat de tenues, à des sorties et à des jumelages, au lieu que cet argent soit utilisé pour des actions de développement et de soutien des nécessiteux … même pas le soutien des membres de ces différents groupes. Par exemple, dans une amicale de jeunes, il y a des jeunes malades ou dont les parents sont malades, des élèves qui n’ont pas de quoi s’acheter des fournitures nécessaires, des étudiants qui doivent abandonner les études parce qu’ils n’ont pas de quoi payer les frais d’inscription, ou qui doivent se consacrer à des petits métiers pour pouvoir continuer ses études. Mais au lieu de les aider, on leur impose des cotisations, même s’ils n’en n‘ont pas les moyens. Le même problème se pose dans certaines associations de femmes catholiques. Et que penser des chorales qui font suivre leurs concerts religieux d’une soirée dansante avec vente d’alcool. Que penser de ces » bons dimanches«  qui se succèdent les uns après les autres ?

On parle également d’un forum paroissial avec, comme résultat , « le nombre de fidèles connaissant le Christ pour un témoignage de vie » . Mais est-ce que nos activités paroissiales visent et aboutissent vraiment à une meilleure connaissance du Christ, et un plus grand témoignage de vie ? Il faudrait voir comment cela peut être mis en priorité dans les différentes activités paroissiales.
Comme autres activités on parle aussi d’enseignement sur des thèmes pendant le carême. Cela est évidemment une très bonne chose, à condition que le carême ne se limite pas à un enseignement… et que l’enseignement ne se limite pas au temps du carême, où on profite de la nombreuse assistance au chemin de croix pour expliquer très rapidement la lettre du pape et des évêques pour le Carême de même que le thème d’année. Il faudrait aussi étudier ces documents essentiels que le Pape François nous a envoyés, et qui sont tous centrés sur la joie, pour vivre notre foi d’une façon plus heureuse. Et être heureux de la partager avec les autres après l’Année de la Miséricorde : la Joie de l’Evangile, la Joie de l’Amour, la Joie de la sainteté ( Réjouissez-vous et jubilez), etc. en attendant le document sur le synode pour les jeunes.

Normalement les activités devraient commencer dès le début du mois d’octobre, avec la messe de lancement et la rencontre des différents doyennés présidée par l’Evêque. La fête du Christ Roi doit être, non pas le commencement des activités, mais la journée des engagements des différents responsables qui donc ont déjà commencé à travailler. En effet, elle se situe fin novembre, juste à l’entrée de l’Avent. Cela cause un grand retard dans le travail paroissial qui se répercutera tout au long de l’année. De même, certains mouvements au mois de juin font des messes de clôture. Est-ce que les activités chrétiennes doivent s’arrêter en juin, jusqu’en fin novembre ? Les activités de vacances sont très importantes, pour les enfants et les jeunes : patronages, camps, sorties, formations…. De même, ne doit-on pas continuer à se réunir en CEB, même pendant le temps des vacances ? Même si les activités seront alors différentes et adaptées à la situation et au temps que l’on vit. Est-ce que Jésus Christ part en vacances ? Cela pose évidemment l’organisation des congés par les prêtres : certains sont trop souvent ou trop longtemps absents.

Le service : Au sujet du 3 ème objectif spécifique, le service à la suite du Christ Vie. C’est la partie qui me semble la plus faible, comme la plupart du temps dans nos différentes actions paroissiales. Je suis très triste de voir que l’on propose «  que les fidèles posent des actes concrets pour l’annonce de l’Evangile  » et que pour cela on parle de nguel paroissial, de kermesse, ou de dîner paroissial. Je ne nie pas l’importance, et même la nécessité de ces activités, pour faire grandir la communion. Et aussi parce que la paroisse a besoin d’un minimum de moyens pour travailler. Mais peut-on parler à ce sujet d’annonce de l’Evangile ? Les temps forts sont importants… à condition qu’ils soient bien compris, et suivis d’actions concrètes.

De même, l’action de la Caritas ne doit pas se limiter au deuxième dimanche de Carême, ni à la seule recherche de fonds. Nos Caritas se contentent trop souvent de distribution de nourriture et d’habits. Sans chercher à partir des capacités des gens, et de leur offrir une formation et les moyens de lancer des petits projets, qui leur permettront de vivre. Et sans demander aux personnes compétentes de la paroisse d’assurer cette formation, dans les différents secteurs de la vie et de la société. Et en offrant ensuite un suivi pour que les nécessiteux travaillent par eux-mêmes. C’est cela leur dignité. D’ailleurs, est-ce que la Caritas rejoint vraiment les plus pauvres (les plus fatigués) de la société, comme nous le demandent les Principes Directeurs de l’ONU :” Faire des Droits de l’Homme une réalité, pour les personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté”. L a façon de travailler du PARI (Point d’Accueil pour les Réfugiés et les Immigrés) me semble exemplaire. Il serait important de s’en inspirer.

Pour «  entretenir le bien commun, en protégeant l’environnement  », on propose une journée de l’environnement à la paroisse. D’abord, le bien commun ne se limite pas à la seule protection de l’environnement, même si celle-ci est très importante. Et même si ce n’est qu’un point de départ, on est très loin de ce que le Pape François nous demande dans sa lettre sur « Loué sois-Tu ». Peut-on limiter le respect de la Création et l’engagement écologique pour l’environnement à une simple journée sur le seul terrain de la paroisse ? Par exemple, les enfants CV-AV et les scouts pourraient très bien travailler à la propreté des rues, en motivant et rassemblant les autres jeunes, au lieu de passer leur temps à danser sur des chants n’ayant aucun contenu éducatif. Que sont devenues les opérations set-setal (nettoyage du quartier organisé par les ASC : Associations Socio Culturelles des jeunes) ? Ils pourraient aussi agir pour la propreté des écoles, des dispensaires et autres lieux publics, au lieu de rester faire des exercices inutiles de rassemblements sans fin dans la cour de la paroisse. Ou seulement la cour de l’école catholique.

Dans tout ce document, je ne retrouve pas les paroles fortes et les orientations de notre pape François : « Lutter contre la civilisation de déchets » où les gens « non rentables » sont traités comme des ordures que l’on jette.
« Construire des ponts et non des murs » pour l’entente et l’union dans les quartiers et toute la société . « Aller aux périphéries » : l’Eglise aille vers les plus méprisés, les plus écrasés, ceux qui sont rejetés, ceux qui n’auront jamais le courage de venir demander de l’aide à la Caritas.
« Que l’Eglise ne soit pas un hôpital de centre-ville, mais un hôpital de campagne » présente dans la vie et la souffrance de chaque jour des hommes ».

Le pape François a demandé à chaque paroisse de célébrer le dimanche des pauvres . Je n’en ai pas entendu parler dans le diocèse cette année (voir son discours du 18/11). Que faisons-nous de l’engagement pour les pauvres, demandé sans cesse par le Pape François ? Et de la lettre-encyclique du Pape Paul 6 au moment du Concile Vatican 2, il y a plus de 50 ans déjà, pour le développement de tout l’homme et de tous les hommes (Populorum Progressio) ?

On nous parle aussi de la commission Justice et Paix . Que fait réellement cette commission, dans la paroisse et dans la société… là où elle existe autrement que sur le papier ? Nous avons très peu, et très mal, préparé les élections présidentielles. Comment préparons-nous les chrétiens à s’engager, pas obligatoirement en politique, mais dans la société en général ?

Au sujet de ce troisième objectif, on nous parle aussi des femmes catholiques, des coordinations des jeunes, de la Légion de Marie. Comment ces différents groupes sont-ils engagés dans la société  au service des plus nécessiteux, puisqu’il s’agit du service. Pourtant, le résultat attendu est clairement exprimé : « Les fidèles augmentent leur qualité de présence et d’action dans la société ». Dans la réflexion qui a suivi la présentation de ce Plan pastoral, j’ai entendu beaucoup de questions pratiques, surtout sur les problèmes matériels. Mais pas un mot sur les hôpitaux, les prisons, les drogués, les malades du sida, les enfants dans la rue, les émigrés, les homosexuels, les prostitués, les avortements, les jeunes filles mariées de force et les femmes qui ont avorté…. et de tant d’autres choses pour lesquelles tellement de personnes souffrent, ont besoin de nous et nous attendent. Qu’allons-nous faire pour elles cette année ?




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