Congrégation du Saint-Esprit en France

 

 

 

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Jubilé des 50 ans de mariage

de Marie Thérèse et Serge Lohou « 1968 – 2018 »


Ce matin, nous sommes rassemblés pour rendre grâce à Dieu le Père, source de tout amour, qui vous accompagne Marie-Thérèse et Serge, depuis 50 ans aujourd’hui.

Depuis le jour de votre mariage, le 16 avril 1968, Il vous a plongés dans une aventure d’amour que j’ai envie de comparer à l’ascension d’une montagne. Il vous est peut-être arrivé de gravir une montagne, au moins une fois dans votre vie… C’est toujours une épreuve. Il faut déployer beaucoup d’efforts pour arriver au sommet. Mais lorsqu’on l’a atteint et que l’on s’assoie, la beauté du paysage nous émerveille et la joie de l’effort accompli fait oublier la peine que l’on s’est donnée.

Depuis 50 ans, vous, Marie-Thérèse et Serge, vous faites route ensemble vers le sommet de l’amour véritable. La route a été longue. Elle n’a pas été facile… Elle vous a conduit dans ‘Ma Maison’ il y a 6 mois. Et c’est ici, où vous avez été heureusement accueillis, que vous pouvez, dans la foi, contempler le chemin parcouru. Joies, incertitudes, moments de bonheur, mais aussi épreuves ont jalonné vos cinquante années de vie conjugale. Emerveillez-vous pour les bons fruits que votre amour a produits. Réjouissez-vous et rendez grâce pour ce vécu. Votre fidélité, l’un à l’autre, est fondée sur celle du Seigneur. Vos efforts pour apprendre à vous connaître, à vous aimer, mais aussi à vous supporter et à vous accepter différents méritent d’être offerts en gerbe d’action de grâce au Père, source de votre alliance.

Parmi vos plus grandes joies, il y a eu la naissance de votre fille, Marie-Laure. Plus tard, ce sera celle de votre petite fille, Julie. Bien d’autres joies vous ont été données au sein de votre famille et dans les relations amicales ainsi que dans vos engagements, près de 25 ans, dans les fraternités spiritaines, puis dans le groupe de prière à Rennes.

Toutes ces joies vous ont permis de ne pas être submergé quand, peu à peu, les épreuves de santé sont venues. Ni l’un ni l’autre n’avez été épargné. Toi, Serge, dès 1972, tu dois subir une opération sérieuse à cœur ouvert. Trente ans après, ce cœur a manifesté à nouveau ses faiblesses. Toi, Marie-Thérèse, ce sera un AVC en 1981, puis le combat contre la dépression nerveuse jusqu’en 1993. L’hôpital vous deviendra familier, presque une deuxième résidence pour toi, Marie-Thérèse entre 1981 et 1993. Toi, Serge, tu apprendras au quotidien à devenir non seulement l’époux fidèle et toujours disponible, mais aussi « l’aidant » de ton épouse qui va peu à peu connaître une diminution de ses capacités de mobilité.

Tout cela a noué un lien très fort que rien n’a pu briser. Au cœur des épreuves, au lieu de mettre Dieu en cause, vous avez voulu demeurer sous son regard et accepter de vous laisser guider par Lui. Surtout depuis ce 28 février 1993, où le Père Daniel Brottier est venu vous manifester cet amour indéfectible du Père en t’accordant, Marie-Thérèse, une grâce de guérison au moment le plus dramatique de la dépression que tu traversais depuis 12 ans.

Aujourd’hui vous voulez rendre grâce à ce Dieu et Père qui vous a toujours accompagnés sur cette route. Il vous a toujours redonné du souffle intérieur pour aller plus loin, plus haut. Je suis sûr que ces 50 ans d’amour donné et reçu vous ont permis de dissiper bien des illusions. Vous vous êtes découverts et acceptés dans l’humble marche quotidienne, sur des chemins parfois bien balisés et assez faciles. Très souvent, vous avez marché sur des sentiers très inconfortables, avec nombre d’obstacles. Pas à pas, vous avez cheminé et si vous êtes tombés, vous avez su vous relever. Vous avez continué. Avec le temps, votre amour est devenu plus simple, plus lucide et plus profond. Il est bâti sur le ROC, le Christ. Il est devenu le cœur de votre vie.

Ces 10 ou 15 dernières années, Serge tu as très souvent apporté l’Eucharistie à ton épouse, car sa santé ne lui permettait pas de rejoindre la communauté paroissiale. Ainsi, vous avez appris qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. La générosité de l’un a suscité la générosité de l’autre et chacun a pu déployer ses propres talents, très différents, mais si heureusement complémentaires.

Il y en a eu des difficultés sur votre route : je viens d’en évoquer l’une ou l’autre. Parmi celles-ci, il y a un peu plus d’un an, je partais en urgence à Rennes, pour un week-end auprès de vous. Depuis 4 ou 5 ans, vous aviez des hospitalisations plus fréquentes. Tantôt l’un, tantôt l’autre. Cela devenait ingérable. J’avais beaucoup prié pour trouver les mots justes afin de vous amener à voir votre état de santé respectif. Vous ne pouviez plus rester seuls. Serge n’avait plus la santé voulue pour être ‘aidant’ de son épouse, ayant lui-même de sérieux problèmes pour conserver un peu de santé. Un nouveau départ était à envisager : c’était une entrée en maison de retraite.

C’était un choix difficile, presque inhumain. Vous avez réfléchi et vous avez dit « oui ». La Providence a eu un ‘visage’ : celui de Ste Jeanne Jugan et de ses sœurs de cette Maison qui, par la mère Supérieure vous ont ouvert la porte de « Ma Maison » où vous êtes maintenant.

Tant d’occasions de vous dépasser au cours de votre vie vous avaient appris à lâcher prise, à ne pas vous décourager, à ne pas abandonner la lutte. En vous abandonnant à l’Amour du Christ, vous avez encore su faire ce pas exigeant de tout quitter en Bretagne : des biens, des relations, des lieux familiers et aimés. Enracinés dans l’Espérance, envers et contre tout, vous avez poursuivi votre route pour accoster, après bien des tempêtes dans cette Maison de paix.

Je ne peux pas m’empêcher, ce matin, de croire que si vous êtes passés à travers tant de ravins, et d’escarpements, c’est parce que votre amour et votre foyer se sont ancrés sur le Seigneur Jésus. Auprès de Lui, vous avez trouvé lumière et courage. Vous avez pu Lui confier vos joies et vos peines, écouter humblement sa Parole et devenir témoins de Son amour.

Dans un instant, vous allez renouveler les promesses de votre mariage. Aux yeux de certains, ce geste semble superflu. Pour moi, et pour vous, je le sais, il est riche de sens.

Le cinquantième anniversaire est une étape importante. Vous pouvez dire à vos proches et à vos amis, aux sœurs et aux résidents de Ma Maison, votre joie de vous aimer et votre volonté de continuer à vous épanouir dans la fidélité. Votre amour ne vient pas de vous : vous l’avez reçu et vous continuez à le recevoir. Rien ne pourra vous séparer de l’amour du Christ, comme le dit saint Paul.

Nous avons besoin, aujourd’hui, de ce renouvellement de votre « oui » d’il y a 50 ans. Notre monde a besoin de chrétiennes et de chrétiens qui, humblement, vivent et réussissent l’aventure de la fidélité dans l’amour.

Le monde passera. L’Amour de Dieu fidèle et tendre ne passera jamais.

Marc Soyer, CSSp

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Aujourd’hui, je pense offrir au Seigneur le parcours de vie et d’amour de ceux et celles qui n’ont pas pu célébrer leur jubilé de mariage (25, 40, 50 ou plus….). Il y a eu des séparations, suite au décès de l’un des conjoints, il y a eu des séparations causées par des crises graves traversées par certains couples (infidélité, violence, incompréhension profonde…). Il y a aussi des couples qui ne sont plus ensemble, suite à la maladie de l’un des conjoints qu’il a fallu placer en maison de soins. Tous ont aussi leur place dans le Cœur du Père, source de tout amour : amour inachevé, amour blessé, mais toujours amour semé et dont le meilleur sera toujours sauvé.
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50 ans




Père saint, source de tout amour
et Dieu fidèle, tu demandes
le respect de ton Alliance
et tu en fais don. Comble de tes bénédictions Marie-Thérèse
et Serge qui fêtent le 50ème anniversaire de leur mariage
dont 20 ans dans la Fraternité
spiritaine de Rennes.