Congrégation du Saint-Esprit en France
spiritains

Homélie prononcée par P. Emmanuel Meaudre

Paris, la chapelle de la Maison-Mère, le 9 juin 2019 Pentecôte

Un feu qui exige de pénétrer en nous...

De nombreux tableaux représentent l’événement de la Pentecôte comme celui de notre chapelle, mais aussi celui qui se trouve dans notre grand escalier.
La venue de d’Esprit est représentée par une lumière ou des langues de feu qui se posent sur la tête de chacun des apôtres.
Laissons-nous saisir par l’image du feu qui symbolise l’action de l’Esprit dans les cœurs des fidèles comme dans celui des apôtres.
Voici ce que Madeleine Delbrêl disait :
« La lumière de l’Evangile n’est pas une illumination, qui nous demeure extérieure ; elle est un feu qui exige de pénétrer en nous pour y opérer une dévastation et une transformation.
Celui qui laisse pénétrer en lui une seule parole du Seigneur et qui la laisse s’accomplir dans sa vie, connaît plus l’Evangile que celui dont tout l’effort restera méditation abstraite ou considération historique. L’Evangile n’est pas fait pour des esprits en quête d’idées. Il est fait pour des disciples qui veulent obéir. » 

Ainsi nous sommes invités à accueillir à la fois la Parole de Dieu de ce jour et la voix de l’Esprit qui se présente comme une voix intérieure que nous devons écouter attentivement pour pouvoir y répondre avec générosité.
L’Esprit de Pentecôte, c’est tout à la fois un feu et un souffle divin qui délient la langue des apôtres et qui réchauffent le cœur de tous ceux qui sont présents. C’est cet Esprit qui est évoqué par Paul et qui nous pousse à agir et à appeler Dieu « Abba », Père, avec confiance même si nous demeurons des hommes et des femmes marqués par notre fragilité et notre péché.

Cet accueil de l’Esprit, Marie l’a vécu tout au long de sa vie et déjà à partir de l’Annonciation.
Marie s’est ouverte au Seigneur en disant : « Je suis la servante du Seigneur. »
Parlant de Marie, le Père Libermann exprimait ce souhait dans la Règle provisoire :
« … Si notre cœur est embrasé de cette charité ardente qui brûlait dans le Cœur de Marie, nous serons toujours propres à répandre ce feu dans les âmes avec lesquelles nous serons en rapport. »
Nous sommes en union avec les membres de la famille spiritaine actuellement en Forum à Chevilly pour ce week-end de Pentecôte autour du thème : « Avec Marie, au souffle de l’Esprit ».

Si nous consentons à ouvrir notre cœur, le Seigneur peut venir demeurer en nous, renouveler nos cœurs, et ainsi renouveler la face de la terre, comme nous le disait le Psaume…

A notre tour, l’Esprit Saint fait de nous des citoyens du monde : Il nous invite à élargir notre horizon, à découvrir des personnes et des croyants de cultures différentes pour vivre une nouvelle Pentecôte.

Voici quelques lignes de Yan Vagneux, un prêtre des Missions Etrangères de Paris travaillant en Inde :
« La vocation missionnaire … fait découvrir l’inépuisable richesse de tout l’homme et de toute femme et elle nous convoque à tendre l’oreille au murmure de l’Esprit Saint qui traverse tous les êtres, toutes les cultures et toutes les religions. »
Que nous soyons attentifs à cet Esprit qui vient habiter dans notre cœur.




Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand arriva le jour de la Pentecôte,
au terme des cinquante jours après Pâques,
ils se trouvaient réunis tous ensemble.
    Soudain un bruit survint du ciel
comme un violent coup de vent :
la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.
    Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu,
qui se partageaient,
et il s’en posa une sur chacun d’eux.
    Tous furent remplis d’Esprit Saint :
ils se mirent à parler en d’autres langues,
et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.     Or, il y avait, résidant à Jérusalem,
des Juifs religieux,
venant de toutes les nations sous le ciel.
    Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait,
ils se rassemblèrent en foule.
Ils étaient en pleine confusion
parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte
ceux qui parlaient.
    Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient :
« Ces gens qui parlent
ne sont-ils pas tous Galiléens ?
    Comment se fait-il que chacun de nous les entende
dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?
    Parthes, Mèdes et Élamites,
habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce,
de la province du Pont et de celle d’Asie,
    de la Phrygie et de la Pamphylie,
de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène,
Romains de passage,
    Juifs de naissance et convertis,
Crétois et Arabes,
tous nous les entendons
parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Ac 2, 1-11