Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

1 er juillet 2018 - 13 e dimanche B – Oser croire

Deux gestes de foi
Jésus, comme nous, a été souvent bousculé par l’actualité des détresses humaines ; l’évangile vient de présenter son attitude face à deux drames inattendus : la mort imminente d’une enfant de douze ans puis la détresse d’une femme inguérissable. Jésus prêche au bord de la mer devant une grande foule lorsque Jaïre, un responsable de synagogue, vient se jeter à ses pieds en lui disant que sa toute jeune fille est à sa dernière extrémité : peut-il venir d’urgence la secourir ? Face à ce drame familial Jésus partage l’émotion de tous ; il part aussitôt chez Jaïre. Or voici que sur la route une femme arrive timidement derrière Jésus et lui touche sa robe. le cœur plein d’un espoir fou, car elle est en train de perdre petit à petit sa vie, et n’a trouvé aucun médecin ni personne pour la sauver. Cette femme s’approche de Jésus, avec une espérance de pauvre. Elle se disait : dans cette foule je ne pourrai même pas croiser son regard, et je suis pour lui une inconnue…  pourtant ce qu’elle pressent de la personne de Jésus lui donne l’audace de le toucher à la dérobée. Ne parlons pas trop vite d’un geste superstitieux : les pauvres ont souvent cette intuition de percevoir que les réalités corporelles peuvent être des intermédiaires de celles de la foi : la piété populaire est en cela à prendre très au sérieux nous dit le pape François, ne prétendons pas contrôler cette force. Nous avons tous besoin de contact, de toucher et la vie de Dieu nous est donnée dans son corps.
Disons aussi que lorsque nous approchons du Seigneur dans l’Eucharistie, pour l’adorer ou le recevoir, une grande force émane pour nous de son corps ressuscité. Exprimons-nous alors dans la foi un intense désir d’être guéris par Lui ? Osons-nous l’implorer pour toutes nos maladies du corps et de l’âme, devant lesquelles nous aurions envie de baisser les bras ? Sachons les exprimer à notre manière, comme cette femme, même sans savoir trouver les paroles qu’il faudrait… Dépassons l’impression que le Seigneur ne va pas s’arrêter aujourd’hui pour nous : trop de personnes restent enfermées en elles-mêmes, paralysées par je ne sais quelle peur du Seigneur ou de son Eglise. Et nous-mêmes ? Savons-nous, comme Jésus, attirer simplement par ce que nous sommes, ceux qui n’approchent que timidement de l’Eglise ? La femme en tout cas a été guérie et Jésus lui dit  ta foi t’a sauvée.

Pourquoi s’agiter ?
Suivons maintenant le groupe qui continue sa marche vers la maison de Jaïre. Voici qu’une mauvaise nouvelle arrive ; des amis viennent dire au père : maintenant, c'est fini ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? C’est la réaction que nous avons-nous-mêmes le plus souvent devant les fatalités de la vie : nous oublions alors que Jésus est  « le maître de l’impossible ».
Voici que Jésus étonne tout le monde en disant à Jaïre : sois sans crainte, crois seulemen. Ce qui va se passer à la maison a quelque chose de solennel : nous sentons bien que Jésus, taprès avoir affronté la maladie, se trouve face à face avec l’Adversaire, celui qu’il est venu vaincre : la mort ! Le Seigneur garde seulement Pierre, Jacques et Jean auprès de lui : ils seront plus tard, les témoins privilégiés de la Transfiguration. Dans la maison, c'est déjà le brouhaha des jours de deuil  et de panique. Pourquoi vous agiter ? dit Jésus.  Il est bien normal d’être profondément troublés quand le deuil d’un proche vient nous surprendre ; troublés oui, mais pas agités comme une boussole qui aurait désormais perdu tous ses repères… Essayons de garder, même dans les événements tragiques, cette paix que donne la foi. Croyons-nous, comme l’insinue Jésus, que la mort n’est qu’un sommeil ?
Imaginons la scène : Jésus, loin de la rumeur, prend la main de l'enfant dans la sienne, et lui dit : Talitha kum  (Je te le dis, lève-toi). Aussitôt l’enfant se lève et se met à marcher. Et pour bien montrer que la vie est revenue, Jésus ajoute : Donnez-lui à manger.
Au jour de la résurrection la main du Ressuscité saisira la nôtre, et chacun de nous s'entendra dire : lève-toi". Mais aujourd’hui déjà, si nous le voulons, écoutons le Christ nous dire : lève- toi. Chaque jour, au milieu de nos inquiétudes, de nos faiblesses aussi, entendons le Christ nous redire aussi : crois seulement ! Pensons au réconfort que peut ressentir un mourant quand nous lui prenons la main, même si beaucoup pensent que pour lui tout est déjà trop tard !

Orientations : Laissons le Seigneur nous saisir la main, ou nous aider à saisir celle de nos frères et sœurs en souffrance. St Paul nous dit que le Seigneur est prêt à tout pournous donner en abondance, lui qui étant riche s’est fait pauvre à cause de nous, pour que nous devenions riches par sa pauvreté. Sans cesse il nous tend la main en nous disant :  crois seulement.



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