Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

15e dimanche ordinaire – 15 Juillet 2018 - Envoi en mission

Faire confiance
Nous venons de voir comment Jésus, après avoir appelé les douze disciples, les envoie déjà en mission, en « stage » apostolique pourrions-nous dire. Cette confiance faite par Jésus à ses disciples alors qu'ils le connaissent encore très peu, pourrait nous surprendre. En effet, ils ne seront des apôtres accomplis qu'après la Pentecôte, en recevant toute la lumière et la force de l'Esprit Saint. Mais Jésus fait de même avec nous: il nous demande d'être ses témoins alors que notre foi est souvent encore bien fragile. Depuis notre baptême, nous sommes des « envoyés », des chargés de mission, et le Christ compte sur nous tous, tels que nous sommes aujourd'hui.

Délégation d’autorité
Les disciples ont reçu une part de l’autorité de Jésus pour guérir les malades et libérer de bien des souffrances. De même, à travers le temps de nombreux chrétiens ont répondu à cet appel en prenant d'humbles initiatives ou en allant aux avant-postes des combats pour l'homme. Et lorsque la mort elle-même devenait inéluctable ils se tenaient comme Mère Térésa auprès des mourants, se faisant en cela les relais de la tendresse du Christ.
L’évangile de ce jour insiste sur l’autorité que Jésus a donnée à ses disciples sur les esprits impurs, ou l’esprit du mal, c’est-à-dire la capacité de discerner où le mal se cache et d'aider ainsi à s'en libérer, à se pacifier, à se tourner vers Dieu. De bien des manières, nous pouvons nous aussi, dans la mesure où nous laissons notre foi nous éclairer, exercer une véritable mission de conseil, d'accompagnement envers ceux que le Seigneur met sur notre chemin. Cela en toute humilité, car ce service consiste à savoir déjà repérer en nous-mêmes le mal et nos propres limites, ce qui n'est pas facile sans l'aide de l'Esprit. Mais faut-il attendre d'être des saints pour agir ? Non, car les apôtres, eux, sont allés de l'avant, mis en confiance par Jésus qui le leur demandait. Les chrétiens sont souvent trop timides, d'une timidité qui est souvent signe d'un manque de foi.

Deux par deux
En même temps que Jésus donne une autorité et des pouvoirs à ses disciples, il leur enseigne une certaine façon de travailler. Il leur demande d'abord de savoir travailler ensemble : Il les envoie "deux par deux", pour qu'ils se soutiennent bien sûr, car il n'est pas facile d'être des témoins isolés dans un monde hostile, et plus encore indifférent. (Jésus lui-même, on vient de le voir, n'at-il pas voulu accomplir sa mission en étant entouré de douze disciples ?). Partant en équipe, les disciples pourront se concerter dans leur action, affiner leur manière de témoigner, et vivre aux yeux de tous la charité qu'ils prêchent. Ils seront aussi plus assurés et moins tentés par le découragement. Un adage nous dit qu'un chrétien seul est un chrétien en danger, cela parce que la foi est une vie de relation, d'accueil de l'autre. Nous ne pouvons répondre à notre vocation chrétienne et devenir ce que nous sommes que dans le partage, c'est-à-dire l'écoute et le don : ceci à la fois vis-à-vis du Seigneur et vis-à-vis de nos frères et sœurs. Vous me direz : qu'en est-il de ceux dont la mission est d'être ermites, ou que la nécessité condamne à rester seuls ? Disons qu'un ermite n'est jamais totalement seul : en plus de la relation forte qu'il entretient avec Dieu il est toujours quelque part porté discrètement par l’Eglise ou une communauté à laquelle il est rattaché. Et ceux que l'âge, la maladie ou la pauvreté condamnent à rester seuls, nous leur devons de nous rapprocher d'eux. Ils ont d'ailleurs, même sans le savoir, une mission envers nous, comme nous en avons une envers eux.

Un équipement léger
Puis Jésus demande à ses disciples de rester légers sur la route. Qu'ils disposent, certes, de moyens d'action normaux et bien adaptés : des sandales solides, un bâton pour éloigner les chiens, une tunique (assez résistante contre la pluie !) mais pas de luxe inutile, comme serait par exemple le fait de porter deux tuniques l'une sur l'autre. Deux tuniques, c'était la tenue des gens qui n'avaient rien à faire, une tenue de salon en quelque sorte.
Cette consigne de légèreté est valable pour nous également. Dans la mesure où nous avons accepté de servir le Seigneur en partageant un peu sa mission, nous devenons des hommes et des femmes se laissant déranger, déplaçables, disponibles ; déchargés surtout du poids de leur « ego ». Même si notre vie se déroule surtout dans un cadre restreint : la maison, le travail, la famille, les voisins, nous devons rester des chrétiens libres, en éveil, pour "sortir" et devenir aussi des croyants en mission.

Orientations : Comment rester toujours légers sur la route ? Sans doute en regardant le Christ plus que nous-mêmes et nos impuissances, en nous débarrassant de cette deuxième tunique, qui nous resserre et nous gêne pour agir, pour servir, pour aimer : la tunique des tristesses, des découragements, et des sentiments négatifs. "Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu le Christ" nous a dit l'Eglise au jour de notre baptême. Soyons donc confiants avec cet équipement léger dont le Christ nous a revêtus depuis le baptême !



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