Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

16e dimanche B – 22 juillet 2018

- Retour de mission

Bilan 
La joie d’avoir beaucoup donné et reçu rempli le cœur de toux ceux qui ont vécu une belle mission ! Nous voyons aujourd’hui la petite équipe missionnaire de disciples qui est de retour après avoir été envoyée par Jésus : elle est remplie d’enthousiasme, parce que ses membres ont été les témoins émerveillés de l’action de la grâce dans les cœurs et malgré les difficultés rencontrées. A la joie des disciples s’ajoutait comme pour nous celle d’avoir reçu autant sinon plus que ce qu’ils avaient donné : tous les catéchistes, tous les missionnaires vous diront qu’ils ont eux-mêmes été les premiers bénéficiaires de la Bonne Nouvelle qu’ils annonçaient !
Essayons de voir Jésus rassemblant ses disciples, et leur faisant partager ce qu’ils avaient vécu. Lui-même était rempli de joie en les écoutant, pendant ce temps de relecture qu’il les avait invités à prendre. C’est dommage que nous n’ayons pas eu de compte rendu de cette évaluation, mais l’évangile laisse entendre que c’était davantage un temps de repos bien mérité qu’une réunion de travail ! Notons au passage la compassion de Jésus, attentif à l’équilibre de vie de ses disciples. Nous avons à faire de même pour nous et pour ceux qui sont associés à notre mission... Les couples savent bien ce que signifie pour eux le « devoir de s’asseoir ».

Dérangés
Mais voici que le récit évangélique ajoute que les choses ne se sont pas passées exactement comme prévu. La foule avait repéré où le petit groupe était rassemblé, comme si elle aussi avait grand désir de repos, ce repos dont Jésus dira : venez à moi vous tous qui êtes fatigués, et je vous donnerai du repos. Tous les missionnaires et ceux qui ont un cœur d’apôtre connaissent ce conflit entre deux urgences : celle de prendre soin de soi et celle de se laisser déranger par l’urgence du soin des autres ! Concrètement, nous voyons que Jésus et ses disciples ont privilégié l’accueil de ces  brebis sans berger . C’est en ce sens que Jésus pourra dire un jour le Fils de l’homme n’a même pas une pierre où reposer la tête.
Cette attitude de Jésus et de ses disciples fait penser aux orientations que le pape François avait données aux « agents pastoraux », qu’ils soient prêtres ou laïcs, dans son exhortation « la joie de l’Evangile ». Il nous disait que le problème de la « pastorale » n’est pas nécessairement  l’excès d’activité, mais c’est surtout celui des activités mal vécues, sans les motivations appropriées». Il est certain que pendant leur mission les disciples n’avaient pas manqué de motivations appropriées ! Même si Jésus avait donné des consignes de mission très strictes, celles-ci les rendaient surtout disponibles aux personnes, au lieu d’être paralysés par les soucis d’une lourde organisation.
Cette première expérience apostolique évoquée par l’évangile nous donne bien le modèle d’une communauté missionnaire à la fois fraternelle et d’abord «  en sortie », vers tous.


Le mur de la haine
Un autre exemple d’évaluation nous est donné par la façon dont St Paul, dans la deuxième lecture, évoque la vie de la communauté chrétienne d’Ephèse. C’est une communauté qui sait vivre la mission dans la paix, même si elle est composée de personnes qui avaient toutes les raisons d’être opposées les unes aux autres : la communauté rassemblait en effet des païens convertis et des juifs ! On pourrait penser qu’il y avait toutes les chances de bâtir entre les deux un « mur de la haine » bien bétonné ! (N’oublions pas que jusque-là les païens avaient interdiction sous peine de mort d’entrer dans le temple…) St Paul rend grâces à Dieu de voir les uns et les autres devenus proches dans le sang du Christ ; ils ne sont plus des étrangers les uns aux autres, mais des concitoyens. Pour revenir à l’évangile de ce jour, je voudrais noter que les disciples semblent être revenus de mission en grande paix et sans tensions entre eux malgré leurs différences de caractères. Si Jésus avait constaté le contraire, il ne se serait pas contenté de leur demander d’aller se reposer un peu : il lui aurait fallu un temps considérable pour réparer les inimitiés qui bien souvent naissent au cœur même de l’activité missionnaire :


Orientations : Le court évangile de ce jour est une belle invitation à vivre et à être témoins ensemble, en Eglise. Nous devenons proches les uns des autres parce que « le Christ est notre paix », nous sommes ainsi plus libres pour accomplir notre mission et même pour nous laisser déranger : tant de personnes, même sans le savoir, sont en quête d’une autre façon de vivre de cette paix que le Christ offre à tous !



Page précédente           Accueil site           Sommaire Paroles pour prier