Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

17e dimanche B – 29 juillet 2018. Multiplication des pains

Evocation eucharistique
L’évangile que nous venons d’entendre nous fait naturellement penser aux gestes de l’eucharistie : Jésus prend du pain, il rend grâce, il donne à partager. Par ce miracle Jésus a voulu nous préparer à l’institution de l’eucharistie ; sur plusieurs dimanches, nous allons écouter ce que St Jean a retenu de l’enseignement du Seigneur sur le Pain de Vie.
Mettons-nous à la place de Jésus parcourant des yeux la foule : la faim des corps qu’Il vient d’assouvir et la faim des âmes (comme des brebis sans pasteur). Comment vivons-nous aujourd’hui cette double faim ? Combien n’ont jamais entendu parler de Dieu et de son amour pour nous, pour chacun ! Combien de familles, se battent pour survivre, pour avoir ne serait-ce qu’un repas par jour ! Combien aussi fuient leur pays, parce que la guerre ou la persécution ne leur permet plus de survivre ! Comme Jésus, nous ne pouvons pas vivre en paix tant que tous n’ont pas accès à un minimum de partage. C’est un encouragement pour nous d’entendre les invitations répétées du pape François pour construire un monde dont l’économie ne soit plus sans visage… Lorsqu’à la fin de l’évangile nous voyons que, grâce à Jésus, tous ont mangé à leur faim, ce mot résonne de façon particulière à notre cœur. Les douze paniers débordant de pains et de poissons laissent aussi penser que les absents ont eu aussi leur part : l’Eucharistie est une nourriture offerte à tous !

Les petits gestes
Nous sommes touchés également par le miracle qui a été possible grâce aux cinq pains et deux poissons apportés par un enfant. Cela nous rassure, car nous-mêmes, nous avons si peu de choses à offrir ! Que pouvons-nous faire pour combler la faim dans le monde, qu’il s’agisse de celle du pain ou de celle de la parole de Dieu ? Nous voyons pourtant que tout au long de l’histoire de l’Eglise il a suffi de quelques petits gestes pour que des miracles soient possibles : les premiers chrétiens, pourtant persécutés et minoritaires, nourrissaient la foule des pauvres de Rome ; Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, du fond de son couvent a rejoint le cœur d’une foule incroyable de personnes assoiffées de recevoir une parole de Dieu simple et authentique. Jésus n’a pas nourri les foules à la place de ses disciples : il leur a demandé de prendre leur responsabilité et il a fait le reste. En réalité, tout ce que nous avons ou tout ce que nous donnons, nous l’avons déjà reçu du Seigneur. Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? disait St Paul aux Corinthiens, et il ajoutait :  si tu l’as reçu, pourquoi t’enorgueillir comme si tu ne l’avais pas reçu  ? Pensant à ses propres limites St Paul osait écrire aux chrétiens de la ville de Philippe : je peux tout en Celui qui me rend fort. Autrement dit, tout l’Evangile nous apprend qu’humilité et audace et même efficacité, vont de pair : leur mesure est dans notre foi dans le Christ. Que chacun cherche bien au fond de lui-même s’il n’a pas reçu quelque part cinq pains et deux poissons à offrir en partage : nous serons alors tous étonnés de notre richesse ! S’il nous arrive de faire du bien, faisons comme Jésus qui, après le miracle, est parti seul dans la montagne, de peur qu’on ne fasse de lui le héros humain qu’il se refuse d’être.

La nourriture des sacrements

L’eucharistie est le premier sacrement à venir apaiser toutes nos faims et nos soifs : nourris déjà de la Parole venant de la bouche de Dieu, nous recevons le Corps du Christ  et, forts de cette nourriture, nous sommes invités à travailler, à apaiser bien des faims autour de nous, sans oublier l’immense soif de justice et de paix qui s’exprime dans notre monde.
Le baptême renvoie à tout ce que le Seigneur avec son Esprit, fait naître dans notre vie, nous invitant sans cesse à ne pas baisser les bras : notre vie se nourrit ainsi en surabondance de la Vie même de Dieu : une vie dont nous sommes appelés à témoigner autour de nous.
Le mariage, c’est Dieu qui se manifeste entre deux êtres qui puisent leur amour à cette source infinie de tout amour qui se trouve en Dieu en y recevant stabilité et accomplissement ; ils deviennent ainsi prêts à le partager avec abondance dans l’éducation de leurs enfants.
Le sacrement de réconciliation, c’est le Seigneur qui nous rejoint lorsque les dangers et les fatigues du chemin ainsi que les erreurs de route risquent de nous faire perdre pied. En nous offrant son pardon le Seigneur nous redonne aussi le goût de pardonner à nos frères.
Le sacrement des malades, c’est Dieu présent là où ça fait mal en nous. Là où domine la souffrance et menace le découragement, il nous redonne force et nous ouvre plus que jamais à sa vie.

Orientations : Ne négligeons pas les sacrements : ils sont une « multiplication » de grâces, une nourriture que le Seigneur met en permanence à notre disposition pour nous redonner force et nous redonner la capacité d’aimer.



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