Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

19e dimanche B . 12 août 2018. Tendresse de Dieu

Trop, c’est trop !
Nous avons écouté tout à l’heure le récit d’une aventure dramatique vécue par un homme de Dieu : le prophète Elie Personne inspirée par Dieu pour être son porte parole.

s’est enfoncé dans le désert, poursuivi par l’hostilité d’une reine, Jézabel : celle-ci lui avait reproché d’avoir eu des attitudes de vérité envers les faux prophètes qu’elle protégeait. Tout semble alors se liguer contre Elie ; et dans la solitude extrême du désert, seul un buisson le protège contre la canicule. Et voici que lui, le prophète, l'homme de Dieu, se sent envahi par le découragement et le doute. Il s'estimait au-dessus des autres, parce qu'il avait été appelé par Dieu. Et puisqu’il est en situation d’échec total, il se dit : je ne vaux pas mieux que mes pères : et même  je suis aussi pauvre que les gens que je condamne. Elie se découvre donc totalement dépassé par les évènements et dans sa mission, mais, malgré son découragement et son amertume, Elie garde sa foi en Dieu, et il se met à crier vers lui en lui disant : C’en est trop, reprends ma vie, je n’en peux plus ; il s'étend à l'ombre d’un petit buisson et s’endort en se disant qu’il ne se réveillera pas.
C'est alors le moment que Dieu choisit pour se révéler à Elie de façon nouvelle. La Bible nous dit que pendant son sommeil un ange est venu apporter à Elie du pain cuit sur la braise et de l'eau ; il l'a réveillé pour qu'il se nourrisse un peu avant de se rendormir à nouveau ; puis, au matin, il est venu le nourrir encore une fois pour qu’il reprenne des forces : autrement le chemin serait trop long pour toi lui dit l'ange : et en effet il aurait encore à marcher pendant 40 jours dans le désert, avant que le Seigneur lui-même vienne le rencontrer et le nourrir définitivement de sa Parole.

Crier vers Dieu
Voilà une belle image de ce qu'est Dieu envers nous, de son attention pleine de tendresse envers les siens. Parfois nous essayons de fuir une vie devenue trop difficile, et nous nous enfonçons dans le découragement. C’est alors que nous crions vers Dieu, lui disant simplement notre misère. Nous avons pu expérimenter de bien des manières que le Seigneur vient toujours discrètement à notre secours. Il nous parle au fond de notre cœur, ou bien Il met sur notre chemin des intermédiaires qui nous aident à entendre sa parole. Nous sommes ainsi nourris, désaltérés ; et grâce à cela nous arrivons à prendre de la distance vis-à-vis de nos révoltes ; le Seigneur nous redonne des raisons d'espérer.



Se laisser attirer
Dans l’Evangile nous voyons comment les gens doutaient des enseignements de Jésus, même après le miracle de la multiplication des pains. Il leur a dit : cessez de murmurer entre vous. Il a voulu leur faire découvrir que la foi en son Père et en Lui, consistait avant tout à faire confiance et à se laisser attirer par Dieu et conduire vers Lui, Jésus. C’est d’abord le Seigneur qui a l’initiative de nous chercher, s’Il voit que nous désirons garder un cœur d’enfant : Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l’attire vers moi. Laissons-nous attirer par Lui.  Tous seront enseignés par Dieu, disait le prophète Isaïe.
Jésus nous invite à croire en cette bonne nouvelle incroyable : nous lui sommes donnés par Dieu son Père ; nous sommes le cadeau de Dieu, le Père à son Fils. Et à son tour Jésus ne désire qu'une chose : nous donner à son Père. Jésus nous dit qu’il se fait nourriture pour nous ; et cela afin que tout homme qui vient à lui, qui se laisse nourrir par lui ressuscite au dernier jour et ait la vie éternelle. Il vivra avec lui, près du Père, se nourrissant de lui pour toujours. Prenons bien conscience de cela : est-ce vraiment possible, aux yeux de notre raison, que Dieu descende ainsi vers nous et se fasse nourriture pour nous ? Oui, c’est possible nous dit Jésus. L’enseignement de Jésus, jour après jour, ainsi que son eucharistie nous recrée : Il nous dit qu’il vient du pays de Dieu pour cela. L’épisode de la vie d’Elie nous préparait à entendre ces paroles de Jésus. Et ce pain matériel qu’Elie a reçu était déjà une belle image de l’Eucharistie. Toutes les nourritures terrestres ne sont rien en regard de cette nourriture qui nous ouvre aux choses de Dieu, aux projets de Dieu, à la vie de Dieu. Certes, il nous faut travailler pour les nourritures de la terre ; mais cette nourriture nécessaire, urgente, Jésus l'appelle encore la nourriture qui périt ; et il nous fait désirer, pour nous et pour tous les hommes, la nourriture qui ne se gâte jamais. Moi, je suis le pain de la vie, le pain qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas. Le Seigneur ne nous donne pas seulement un pain venu du ciel, mais il nous dit :  je suis  le pain, et ce pain, c'est ma chair pour la vie du monde.

Orientations : C'est un moment inouï que nous revivons dans la foi à chaque messe, passant de la table de la parole à la table du Corps du Christ, de la liturgie de la parole à la liturgie eucharistique. Dans un court instant, recevant le Corps du Christ ressuscité, éveillés à la foi par la parole de Jésus, nous accueillons le testament qu'il nous a laissé: "Voici le pain venu du ciel. Qui mangera ce pain vivra pour toujours."



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