Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

1 er dimanche C – Avent –2 décembre 2018.

Jr.33. 14-16 ; 1 Th. 3, 12 4,2 ; Lc 21. 25-28. 34-36
Se remettre en attente.
En commençant ce temps de l’Avent voici que nous entrons, comme chaque année, dans une attitude d’attente : celle de la venue du Seigneur à Noël, mais aussi celle de son retour à la fin des temps. Ces deux moments ne sont pas seulement des événements clefs d’hier et de demain : l’événement de la venue du Seigneur vient aussi nous bousculer aujourd’hui.

Le retour du Seigneur
En ce premier dimanche de l’Avent les textes de la Parole de Dieu semblent nous avertir que Noël ne se réduit pas aux évocations douces et paisibles de la naissance de Jésus à Bethléem. C’est en effet le même Seigneur qui viendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, comme nous le disons dans le Credo : le premier événement prépare l’autre et nous sommes des acteurs de ce passage, guidés par la miséricorde de Dieu. Dans la 1ère lecture, le prophète Jérémie voit arriver un monde nouveau où dominera enfin la Justice de Dieu (cette justice de Dieu qui est aussi miséricorde). Une telle espérance d’un monde nouveau nous rassure, nous qui désespérons si facilement de la possibilité d’un monde de justice et de paix.
Saint Luc nous fait voir dans l’Evangile des images particulièrement impressionnantes ; il nous dit qu’au moment du retour du Seigneur  on verra le Fils de l’Homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Cela signifie que pour nous ses disciples, un tel jour ne devrait pas être un moment à craindre dans la peur ; en effet ajoute Saint Luc : quand ces événements commenceront, redressez-vous et redressez la tête, car votre rédemption (votre « libération ») approche . L’Evangile nous parle donc aussi d’un monde nouveau, qui va enfin répondre à toutes nos attentes : quand le Christ viendra, il le fera en éclairant enfin notre nuit et celle de l’humanité. L’évangile précise que dans les derniers temps la gloire du Christ paraîtra d’abord comme voilée, non immédiatement constatable : il semble suggérer que pour voir s’approcher le Christ « avec grande puissance et grande gloire », il faudra le regard de la foi.

Un nouveau monde déjà commencé
L’évangile nous parle d’ailleurs de « commencement » à propos de cette venue du Christ ; cette rupture avec l’ancien monde a d’ailleurs commencé dès le jour de la Pentecôte. Ce jour-là en effet, le salut offert en Jésus ressuscité s’est mis à brûler au cœur du monde comme un feu divin prêt à tout transformer. Le monde ancien se défend par toutes sortes de soubresauts, et cela peut durer longtemps. Mais en même temps le Christ est déjà là, il vient, nous le voyons arriver…Nous ne sommes donc plus dans la perspective d’une humanité écrasée, terrorisée, face à un Dieu courroucé. Il nous est demandé en effet de relever la tête. Autrement dit la venue du Fils de l’homme opère une attraction puissante vers le haut. Elle nous arrache à nos pesanteurs, à l’attraction du mal et finalement à la mort. Nous sommes invités à nous tenir debout et à ne pas nous laisser gagner par le poids du mal et le vertige de la peur. Oui, ce sera un moment de joie mais, nous dit Jésus : tenez-vous sur vos gardes  ne vous laissez pas aller, que votre cœur ne s’alourdisse pas dans les dérives et les soucis de la vie. C’est si vite fait de se laisser gagner par l’air du temps et d’oublier de regarder vers le haut. Notre époque nous offre tellement de facilités pour nous distraire, pour nous rendre absents de nous-mêmes ; nous risquons de n’être pas là lorsque le Seigneur frappe à notre projet et quand les pauvres y frappent aussi.

Un chant à anticiper déjà.
Dans la lecture de la préface, notre communauté se présentera tout à l’heure au Seigneur comme « veillant dans la foi » et déjà notre joie intérieure nous donnera envie de chanter avec tous les anges et les saints du ciel qui nous auront précédés : Il est Saint le Seigneur de l’univers  nous attendons sa venue dans la gloire. Après la consécration, en acclamant le « Mystère de la foi » nous exprimons ce même esprit d’attente vigilante : Chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons à ce calice nous annonçons ta mort Seigneur, dans l’attente de ta venue.  Il faudrait que chacun puisse s’exclamer : «  je me redresse et je relève la tête, car ma rédemption approche ! »

Orientations : Préparons-nous donc à accueillir le Christ tel que Dieu nous le donne aujourd’hui, toujours caché, humble et fraternel. Peu importent dès lors nos limites et nos misères, peu importe la fragilité de ce petit germe de monde nouveau caché dans nos communautés : "Celui" qui germe en nous et dans notre groupe de croyants est plus vivant et plus fort que toutes les énergies qui désintègrent le monde et le cœur des hommes et, dans cette foi, " Restons éveillés ! "


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