Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

21e dimanche B – 26 août 2018 - Le temps des choix

Des choix à faire
Avant la reprise de l’année, beaucoup se demandent : quels choix allons-nous faire pour que notre vie quotidienne soit meilleure, plus équilibrée, et pour porter aussi un meilleur témoignage de notre foi ? La Parole de Dieu nous rappelle aujourd’hui que certains de nos prédécesseurs dans la foi ont fait des choix décisifs, dont nous leur sommes maintenant redevables.
La première lecture a évoqué une étape importante de la vie du peuple de Dieu. Le prophète Josué, chargé de le guider, voyait bien que tout le monde était tenté par les facilités du paganisme ambiant. D’autant plus que ce petit peuple avait déjà montré bien des fois dans le désert sa fragilité et son infidélité.  C’est pourquoi Josué a décidé de réunir tout le monde, toutes les tribus au grand complet ; il leur a proposé de faire une « profession de foi » solennelle pour dire leur volonté de continuer à aller de l’avant ; le choix proposé était très simple : S’il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd’hui les dieux que vous voulez servir . Et confrontés à ce vrai défi, les hébreux ont accepté avec enthousiasme de suivre le Seigneur.
Les chrétiens d’aujourd’hui sont souvent sous la pression d’un milieu globalement païen, et les idoles modernes ne sont en fait pas très différentes de celles de jadis : elles se cachent sous tout ce qui flatte nos instincts.
Nous risquons, comme les hébreux, de vivre dans un monde où il y a beaucoup de petits dieux qui nous exploitent, mais dans un monde sans Dieu, sans amour. En ce sens quelques bonnes conversations autour de la table, ou l’une ou l’autre réunion, sans parler d’examens de conscience personnels peuvent être très utiles en ce début d’année pour nous aider à faire courageusement les bons choix ; et tout le monde s’en trouvera heureux.

A qui irions-nous ?
L’Evangile d’aujourd’hui nous met aussi face à un choix fondamental. Quand Jésus a essayé de préparer la foule au mystère de l’Eucharistie et du pain de vie, plusieurs se sont écriés : Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter ! Aussi Jésus a posé à ses disciples une question semblable à celle de Josué : voulez-vous partir, vous aussi ? Jésus a renvoyé chacun à la liberté ! Et Pierre, au nom des autres disciples, a décidé de continuer à suivre le Christ : Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. En entendant cette belle réponse Jésus a voulu souligner que l’Esprit Saint n’y était pas pour rien, envoyé par le Père pour conseiller son disciple : personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. Autrement dit toute réponse, tout choix de la foi est une réponse, le fruit d’un dialogue entre Dieu et nous. Nous ne sommes plus au temps où Israël cherchait à se concilier Dieu par toutes sortes de sacrifices. D’une certaine façon nos bons choix semblaient garantis par une destruction : le sang jailli d’un animal ou des produits du sol qui partaient en fumée. Or Jésus a mis fin à ce régime provisoire : son sang a été le dernier versé, son corps a été livré une fois pour toutes. Désormais les croyants s'uniront à son sacrifice ultime dans le rite d'un repas fraternel, à travers des gestes de vie : manger et boire, et à travers une présence qui sera vraie, immédiate, intensément personnelle, mais qui ne pourra jamais être matérialisée.

Le signe du pain et du vin
Jésus tourne le dos aux sacrifices anciens, et il garde, comme uniques signes de sa Pâque le pain et le vin, qui symbolisent pour tout homme le quotidien, l'indispensable, le vital : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'Homme, vous n'aurez pas la vie en vous ! Jésus nous laisse donc les signes que sont le pain et le vin. Mais ces signes ne parlent à l'homme que par les paroles de Jésus. La foi dans le mystère de l’Eucharistie, du pain de vie, (comme pour tous les mystères de notre foi, y compris celui de l’Eglise) est toujours confiée à notre liberté. Mais une liberté ouverte intérieurement au dialogue avec Dieu, qui frappe à notre porte. Et si par exemple nous avons fait le choix aujourd’hui « d’aller à la messe », comme on dit, c’est une obligation d’amour que nous nous sommes donnée. Parce que au fond de nous-mêmes nous avons dit au Seigneur : « A qui irions-nous  Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ».

Alliance d’amour
La foi, c’est une question d’amour, de fidélité dans l’amour. Et c’est la raison pour laquelle nous avons écouté tout à l’heure St Paul nous parler de l’amour qui se vit dans un couple. Le couple qui a fait Alliance dans le sacrement de mariage a choisi de s’unir au nom de sa foi : ce lien va beaucoup plus loin qu’un contrat humain entre parties différentes, toujours fragile. « Tous deux ne font plus qu’un » nous dit St Paul, citant la Genèse.

Orientations : St Paul nous montre que cette unité qui fonde le couple chrétien est enracinée dans la fidélité, l’alliance du Christ lui-même vis-à-vis du couple. Saint Paul  nous dit que l’engagement irrévocable du Christ pour son Eglise est le modèle de celui des époux. Que ce soit dans la vie d’un couple ou pour tout engagement, les choix décisifs ne peuvent se faire que dans le dialogue de l’amour et de la foi.


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