Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

24e dimanche B – 16 septembre 2018 : Qui suis-je ?


Pour les gens, qui suis-je ? et vous, que dites-vous ?
Cette question, Jésus nous la pose toujours. Les médias, d’une certaine façon, la relaient bien souvent dans le monde entier au détour des chemins de ce village global qu’est devenue notre terre. Tout le monde a entendu parler du pape, des chrétiens. Notre histoire de disciples du Christ est connue, avec les lumières et les ombres de cette Eglise que nous sommes ensemble. Qui sommes-nous ? Que voulons-nous dire de nous-mêmes et au monde ? La dernière encyclique du Pape François a soulevé de l’intérêt dans le monde entier : au nom de l’évangile il s’adressait à tous pour que nous sachions ensemble sauvegarder l’avenir de notre humanité. Combien de livres s’écrivent toujours sur Jésus, l’Eglise et les chrétiens, parfois avec une grande sympathie, parfois dans la haine, plus rarement dans l’indifférence. Malgré nos trahisons nous savons que le monde est rejoint par Celui que nous représentons. A nous de savoir répondre de l’espérance qui est en nous, à la fois pour nous-mêmes, et pour les non croyants et aux « autrement croyants » qui sans cesse nous demandent qui nous sommes et qui est le Christ pour nous.

Réponses diverses
Au temps de Jésus, comme aujourd’hui, les réponses sur l’identité de Jésus ont toujours été très diverses ; à travers le monde beaucoup de gens continuent de voir en lui un homme exceptionnel, et même un prophète. Reconnaître en Jésus le Messie, le fils de Dieu, comme l’a fait saint Pierre, c’est déjà un acte foi que seul l’Esprit Saint peut aider à dire pleinement. Jésus avait noté que les petits savent mieux que les sages entrer dans son mystère. Je me souviens d’un enfant qui, dans un rassemblement, s’est mis soudain debout pour répondre avec force : Jésus, c’est celui qui met son coeur dans mon coeur. Les chrétiens de tous les temps pourraient dire une phrase semblable, tant il est vrai que pour chacun d’entre nous la grande surprise du Christ est qu’il vient nous révéler à travers lui le « Dieu vivant » venu habiter notre terre et notre cœur. Mais là encore, en prononçant ces mots, avouons que nous avons tous à progresser, comme saint Pierre dans notre connaissance du Christ, même en ayant proclamé notre foi : l’Esprit n’aura jamais fini de nous révéler la Vérité toute entière, aussi bien dans notre foi personnelle que dans celle de l’Eglise toute entière.

D’où vient la difficulté ?
Notre difficulté à comprendre reste la même que celle de Pierre : nus aimerions tellement que le Christ nous libère tout de suite de toutes les épreuves, de la fatigue du chemin et finalement du « passage » de la mort. Pierre et ses contemporains attendaient un messie qui libérerait le monde, mais à la manière des triomphateurs de la terre. Notre histoire récente (et actuelle) montre que forcer le coeur des hommes avec des idées trop simples ou des armes aboutit à de grandes catastrophes. Bien souvent les chrétiens eux-mêmes ont rêvé de s’imposer ainsi à ceux qui ne pensaient pas comme eux.

Le chemin du don de soi
Les parents qui éduquent leurs enfants savent que cela ne se fait pas par la force bien qu’il faille être ferme. Le chemin de la Croix que Jésus nous a ouvert montre que l’amour et le don de soi, même s’ils sont coûteux, sont porteurs d’une semence de vie autant pour nous que pour ceux que nous sommes venus servir et sauver au nom du Christ. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime, comme Jésus l’a fait. C’est ainsi que saint Jacques, dans la deuxième lecture nous invite à ne pas vivre passivement notre foi, dans l’attente que les choses changent toutes seules ; il nous dit : la foi qui n’agit pas à quoi cela sert-il ? Isaïe, dans la première lecture, rappelait aussi ce qu’il lui en avait coûté, en insultes et en rejet, de témoigner de sa foi et d’aider son peuple à se libérer.

Est-ce possible ?
Nous pourrions nous demander : le programme exigeant du don de soi et de patience que propose le Christ est-il possible, alors que nous sommes des pauvres et non des héros ? Oui, c’est possible, en faisant confiance dans le Christ : bien plus qu’un maître à penser, Il est le Christ ressuscité ! il habite en nous et son Esprit nous configure à Lui. Cette vie de la foi qui fait de nous des membres du Corps du Christ grandit en nous depuis notre baptême et nous reconstruit autrement.

Orientations : Comment savoir que nous connaissons le Christ sinon en découvrant que la qualité de notre engagement dans la charité conforte notre expérience intérieure d’une vie, et celle-ci est un don en même temps qu’elle est donnée. En vivant à la manière du Christ, par la grâce de Dieu et par la force de son Esprit, nous découvrons chaque jour à la fois qui nous sommes et qui Il est.



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