Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

25edimanche A – 24 septembre 2017- la justice selon Dieu

Cherchez le Seigneur
Les lectures de cette messe ont commencé par la belle invitation du prophète Isaïe : « cherchez le Seigneur tant qu’Il se laisse trouver, invoquez-le tant qu’il est tout proche » . Cela ne veut pas dire que Dieu pourrait un jour s’éloigner de nous comme certains le craignent parfois : c’est toujours nous qui nous éloignons de Dieu en perdant le goût de le chercher. Isaïe écrivait ces paroles au Peuple de Dieu qui, en exil, pensait que Dieu s’était détourné de lui à cause de ses fautes : ce n’est pas parce que Dieu semble silencieux qu’il est lointain ! Isaïe dit au contraire à son peuple : « retournez-vous, revenez vers Dieu, vous redécouvrirez que Dieu a pitié de vous et qu’il est riche en pardon ! » Ce langage a été tenu par tous les prophètes : ils rappelaient que Dieu est à la fois le « Tout-Autre » et le « Tout Proche » : Il est déjà autrement que nous, parce que riche en miséricorde, en pitié et en pardon. Jésus rappellera un jour que son Père « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » (Mt 5,45). Rappelons à ce propos une anecdote extraordinaire de l’Ancien Testament : Jonas reprochait à Dieu d’être trop bon envers les païens de Ninive, les ennemis héréditaires d’Israël. Et Dieu lui a répondu : « Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, où il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne savent même pas choisir entre le bonheur et le malheur < » ?
Saint Paul, alors qu’il attendait en prison l’issue de son procès et peut-être la mort, nous donne le témoignage extraordinaire d’un croyant certain que le Christ est proche de lui, quoi qu’il en soit. S’il est libéré, il sera heureux de continuer l’évangélisation comme il continue de le faire d’ailleurs en prison et devant le tribunal ; si par contre il est condamné à mort, son martyre, vécu dans la paix et la joie sera la forme suprême du témoignage de sa foi en la résurrection : quelle paix intérieure ! Pour Paul : « 
vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage » car c’est en tout état de cause « être avec le Christ », ne plus faire qu’un avec lui. L’apôtre ne se sent pas indispensable sur terre, mais il souhaite simplement être où il doit être, par amour de son Seigneur. Et il invite les fidèles qui lui sont confiés à faire de même : «  quant à vous, menez une vie digne de l’Evangile du Christ ». Suivons-nous pleinement cet exemple ?

Logique du royaume
La logique du Royaume, lequel ne fonctionne pas comme une entreprise ! Cette parabole a pour but avant tout de nous montrer que Dieu est bon : il ne nous enferme pas dans une comptabilité de nos mérites ou de nos efforts, de nos sacrifices ou de nos heures supplémentaires de prière : tout cela ne nous donne pas des droits sur le Royaume ou sur l’amour de Dieu. L’amour ne comptabilise pas, ne s’achète pas : il est donné. « Le Seigneur est juste en toutes ses voies » affirme le psaume d’aujourd’hui, autrement dit il aime sans distinction et sans mesure tous ses enfants : n’est-ce pas d’ailleurs ainsi qu’un père de la terre doit aider tous ses enfants ?

Jalousies
Certains chrétiens des débuts de l’Eglise venus du judaïsme, qui voyaient avec inquiétude l’arrivée en nombre parmi eux de convertis du paganisme, traités aussitôt à égalité avec eux. Ils pouvaient alors se rappeler que le « bon larron », cet ouvrier de la dernière heure , fut le premier à entrer au paradis avec Jésus ? Et nous-mêmes : sommes-nous des ouvriers de la première ou de la onzième heure ? ( à moins que nous ne cherchions même pas à travailler dans la vigne…). En tout état de cause, devons-nous nous offusquer de ce que des nouveaux convertis semblent plus heureux que nous ? Aurions-nous la tentation d’avoir sur eux un regard mauvais, de la même façon que le frère du fils prodigue se trouvait mécontent de l’accueil fait à son frère ? Pensons plutôt que chacun a son chemin et son rythme sous le regard bienveillant de Dieu : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » disait Dieu à Isaïe… « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres et mes pensées au-dessus de vos pensées ».
La façon gratuite dont Dieu nous aime fait exploser notre façon d’aimer, loin de toute arrière-pensée mercantile elle nous invite à ouvrir notre cœur à la souffrance de ceux qui ont l’impression de n’avoir été embauchés par personne ; elle nous rapproche de ceux qui au soir de leur vie peuvent se laisser toucher à travers nous par l’amour de Dieu. Notre foi date de longtemps, nous avons vécu tout un parcours avec le Seigneur : réjouissons-nous de voir un converti de la dernière heure savourer une joie qui nous invite nous-mêmes à revenir à la fraîcheur peut-être un peu oubliée de notre embauche du matin.



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