Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

2edimanche de l’Avent – année A – 8 décembre 2019

Is 11, 1-10 ; Rm 15, 4-9 ; Mt 3, 1-12

Un avenir de justice et de paix
L e prophète Isaïe a donné au peuple de Dieu de magnifiques images pour lui parler de son avenir. Alors que beaucoup pensaient qu’Israël n’avait plus d’avenir, le prophète parle d’un rejeton plein d’une vie inattendue, qui va jaillir du tronc de l’arbre abattu : ce sera le messie, dont le message de paix fera que désormais le loup habitera avec l’agneau et l’enfant étendra la main sur le nid de la vipère. Nous pourrions sans doute trouver sur internet bien des exemples de bêtes sauvages qui sont devenues pacifiques entre elles ou amies des hommes. Nous savons cependant que le plus difficile est que les hommes arrivent à faire la paix entre eux. Comme au temps d’Isaïe nous nous demandons quand nous serons libérés des violences et des injustices qui sans cesse renaissent dans notre monde. Et pourtant, à l’approche de la fête de Noël nous savons que notre libérateur est venu : Il nous apporte une vie insoupçonnée grâce à la fécondité et à l’action de son Esprit : il ne nous est demandé que de l’accueillir pour que la Justice et la paix se remettent à fleurir au coeur de nos vies et de notre monde.

Un feu qui ne s’éteindra pas
Juste avant la venue de Jésus, le prophète Jean-Baptiste a pris le relais des paroles d’Isaïe. Il demandait à ceux qui l’écoutaient de s’investir totalement dans l’accueil du Messie en préparant le chemin du Seigneur et en rendant droits ses sentiers. J’espère que nous sommes encore assez proches du monde rural pour nous rappeler ce qu’était jadis l’aire à battre le blé et la pelle à vanner : c’était une image plus facilement chargée de symboles que nos outils mécaniques modernes. Toutefois nous comprenons facilement que le terrain sur lequel nous avons à travailler, c’est le fond de notre cœur, où il reste de gros efforts à faire pour séparer le grain - qui signifie ce qui est bon en nous - de la paille de nos désirs qui résiste si mal au feu de la tentation. Heureusement Jean-Baptiste nous annonce un autre feu, celui du Messie qui vient nous baptiser dans l’Esprit Saint et le feu  ; c’est ce feu en fait qui brûlera le péché de l’homme par la mort et la Résurrection du Christ.

A l’école de Jean-Baptiste
Nous trouvons peut-être que Jean-Baptiste a des paroles trop dures et tranchantes ; mais c’est vrai de tous les prophètes, car leur mission est de réveiller les gens, souvent refermés sur eux-mêmes et sourds aux appels de Dieu comme à la souffrance des plus pauvres. N’oublions pas que le baptême nous a donné également pour mission d’être des prophètes, même s’il est parfois difficile de dire et faire la vérité.
Essayons de méditer sur ce qu’a été la vie de Jean-Baptiste, sur ce qu’il a vécu au plus profond de lui- même : il était avant tout un contemplatif, un amoureux de Dieu : dès le sein de sa mère il a tressailli de joie à l’approche du Seigneur  et c’est la même joie intérieure qui le conduira au désert pour préparer la venue du Messie. Pensons à l’émotion qui a dû être la sienne lorsqu’au milieu de ses propres disciples il a pu discerner avec l’aide de l’Esprit Saint que Jésus était bien celui que tous attendaient mais que personne encore n’avait reconnu. Nous comprenons sa colère lorsqu’il s’est trouvé devant des foules incapables d’élever leur regard au-dessus de tristes réalités terre à terre et enfermées dans le chacun pour soi : tout naturellement Jean-Baptiste a pensé à l’image du serpent rusé qui entraîne l’homme vers la mort en rampant : l’image traditionnelle du « menteur ».
Jean-Baptiste a pu oser parler ouvertement car il n’avait rien à se reprocher et il ne pouvait donc pas craindre qu’on lui retourne sa parole. Par ailleurs, le rayonnement de sa personnalité a fait qu’il était entouré de nombreux disciples, dont certains d’ailleurs iront Jésus en suivant ses conseils. Il mourra en martyr, comme beaucoup de martyrs d’aujourd’hui, pour avoir eu le courage de dire la vérité aux puissants de ce monde, tels qu’Hérode.
Avant tout, Jean-Baptiste a voulu s’effacer devant Jésus dès qu’Il s’est présenté devant Lui et lui ouvrir le chemin : en cela il est désigné comme le plus grand des prophètes.
Tous ces aspects de la vie de Jean-Baptiste, nous avons à les vivre tout spécialement pendant ce temps de l’Avent : lors de notre baptême, notre cœur a tressailli alors que l’Eprit Saint venait en nous qui devenions des fils de Dieu ; il nous est important aussi de trouver des moments de prière et de « désert » pour discerner comment le Seigneur vient aujourd’hui à notre rencontre, et comment les « signes » de notre temps nous montrent sa présence au cœur de l’Eglise et de notre monde. Il nous revient aussi quand il le faut, humblement mais fermement de dire notre désaccord lorsque nos proches ou notre société s’engagent dans des voies qui ne sont plus celles de l’évangile : ce qui nous engage à être nous-mêmes sans reproches et loin de toute hypocrisie.

Orientations. Retenons pour nous-mêmes cette invitation de Jean-Baptiste : « convertissez-vous car le règne de Dieu est proche ». Pensons en particulier à l’importance du sacrement de réconciliation pour que notre vie retrouve la jeunesse de son baptême ; pensons aussi à tous ces petits efforts quotidiens, ces « pénitences » qui, faits par amour du Seigneur et en union avec Lui nous libéreront progressivement de toutes nos pesanteurs et contradictions.


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