Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

2e dimanche de l'Avent C - 9 déc. 2018


Ba 5. 1-9 ; Ph. 1, 4-5.6-8 ; Lc 3 1-6

Appels à la conversion
Soyons bien attentifs aux invitations de Jean-Baptiste à changer de vie en profondeur, à nous « repentir ». En écoutant la voix de Jean nous n’entendons pas seulement sa voix, mais celle de tous les prophètes qui l’ont précédé. A ce propos, Jésus dira lui-même : si vous voulez bien comprendre, c’est lui le prophète Elie qui doit venir. Aujourd’hui l’Eglise prend le relais de la voix de Jean-Baptiste et des prophètes en rappelant les conversions les plus urgentes à faire pour contribuer à la venue du Sauveur dans notre monde inquiet et fatigué. Le pape François ne cesse pas en ce sens de nous appeler à des changements très concrets qui concernent aussi bien notre cœur que nos comportements : dans « la joie de l’Evangile » il nous disait : La conversion spirituelle, l’intensité de l’amour de Dieu et du prochain, le zèle pour la justice et pour la paix, le sens évangélique des pauvres et de la pauvreté sont requis de tous . Dans sa lettre « Loué sois-tu », le pape François nous interpellait aussi dans un contexte tout à fait actuel : Il constatait que les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. Le pape précisait : nous devons aussi reconnaître que certains chrétiens, engagés et qui prient, ont l’habitude de se moquer des préoccupations pour l’environnement, avec l’excuse du réalisme et du pragmatisme. D’autres sont passifs, ils ne se décident pas à changer leurs habitudes et ils deviennent incohérents. Le pape invitait alors les chrétiens à laisser jaillir toutes les conséquences de leur rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde  car nous avons à vivre une vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu… ceci non plus n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne. Cela nous demande de reconnaitre nos propres erreurs et négligences et à regarder le monde comme un don reçu de l’amour du père  et non comme un objet à conquérir et à notre merci. Evitons donc de contempler le monde uniquement de l’extérieur, mais faisons-le de l’intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres. Le pape nous invitait en cela à travailler avec créativité et enthousiasme en prenant conscience des responsabilités que nous donne notre foi.

Anticiper les beaux jours
Le prophète Baruc, que nous avons entendu aujourd’hui, s’adresse à nous et à toute l’Eglise, comme il le faisait jadis à Jérusalem : quitte ta robe de tristesse, et revêt la parure de la gloire de Dieu pour toujours. Nous considérons parfois les prophètes comme chargés uniquement de faire des rappels à l’ordre ; ils ont aussi pour mission de la part de Dieu de nous encourager et de raviver notre espérance. Ainsi Baruc nous demande d’anticiper la consolation que le Seigneur ne manquera pas d’apporter à son peuple ; et il nous fait cette invitation : quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de Dieu. Cela fait penser aux paroles de Jésus nous demandant de prendre un air joyeux et même de nous parfumer dans les moments difficiles du jeûne. Ce sont en effet des épousailles qui se préparent, et pour sa venue les travaux de nivellement des obstacles ne peuvent se faire que dans la joie et l’enthousiasme. Jean-Baptiste de son côté était très conscient du long chemin à faire pour que la conversion rassemble tous les cœurs ; il savait qu’avant lui bien des prophètes avaient élevé la voix sans succès et il n’a pas voulu cacher les problèmes de son temps ; pourtant, il n’a pas succombé au découragement ni se laisser gagner par l’indifférence ou aux compromissions ambiantes : il a ainsi prédit avec joie à la suite d’Isaïe, le triomphe sur l’impossible : les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être verra le salut de Dieu.

Oser voir et parler
Avec Jean-Baptiste, ouvrons nos yeux et nos oreilles et osons aussi parler, quoiqu’il en coûte. Que nos oreilles entendent toutes les voix que nous aimerions voir se taire : le migrant désemparé, l'enfant qui pleure dans la rue avec à son cou la clef de sa maison, ou le jeune qui transforme sa détresse en cri de violence ; le mendiant qui nous dérange. Tous ces appels entendus chaque jour à notre porte, dans notre travail, notre famille même, sont des appels du Christ, même si nous ne pouvons pas tout résoudre : l’important est de ne pas durcir notre cœur parce que la souffrance des autres est toujours de trop.

Orientation : Seigneur apprends-nous à entendre les voix qui crient dans le désert de notre monde, de même que celle de notre conscience. Ouvre nos yeux et ouvre aussi notre bouche pour oser parler, comme Jean-Baptiste, même si parfois c’est difficile !


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