Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

2 DIM C - 20 janvier 2019 - CANA

Is 62, 1-5 ; 1 Co 12, 4-11 ; Jn 2,1-11


Il est avec nous
Même si avec ce dimanche nous entrons de nouveau dans le « temps ordinaire », le miracle de Cana dont nous venons d’entendre le récit semble encore rempli de l’émerveillement de l’Epiphanie et de celui du baptême du Seigneur : ces premiers grands étonnements devant la manifestation du mystère de Jésus.
Dès le début de son ministère Jésus s’est rendu présent à notre vie quotidienne, avec ses fêtes et ses moments douloureux : une noce, un repas, un décès, la maladie, et à Cana, Il se laisse encore inviter par nous : Il est au milieu de nous tout au long de nos journées ordinaires et aux grands moments de nos vies. Jésus nous révèle un Dieu qui met sa joie à se rendre présent au milieu de nous lorsqu'il établissait les fondements de la terre, j'étais à ses côtés comme un maître d'œuvre. J'y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant lui à tout instant, jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes. (Pr.8,22)

Une noce perturbée
Ce qui s’est passé à Cana est un beau symbole de nos existences : nous avons été invités à vivre notre vie à une époque qui pourrait être comme une fête, une « noce » : il y aurait tellement de raisons d’être heureux : les découvertes qui nous ont facilité la vie, les possibilités de communiquer sans crainte entre nous, un pays où nous pouvons vivre librement… sachons d’abord nous en rendre compte !
Et puis il y a soudain l’impression que quelque chose d’essentiel nous manque, comme le vin au milieu de la noce. Il n’est pas nécessaire de se demander de qui c’est la faute… le fait est là : bien souvent, d’un seul coup, c’est la crise ; l’essentiel de ce qui pourrait causer notre joie semble manquer. Heureusement, la foi ne nous laisse jamais seuls face à nos manques.

Le rôle de chacun
A Cana, Marie a joué un rôle qu’elle joue toujours : transmettre nos souffrances à son Fils. Elle sait que toute réponse immédiate n’est pas nécessairement la bonne, mais elle fait confiance dans le discernement de son Fils. Jésus demande si « l’heure » est venue ; et pourtant Il répond à la demande de sa mère : c’est la force de la prière de Marie, de toute prière confiante aussi ! (cf. l’ami importun de l’évangile)
Notons l’importance du rôle des serviteurs qui vont verser de l’eau dans les jarres : dans l’Evangile tout le monde est important, surtout ceux qui sont en tenue de service. Et c’est aussi à travers de simples gestes de la vie ordinaire (verser de l’eau !) que le Seigneur vient se manifester dans notre vie, à travers le peu que nous avons ; cela sera le cas du geste des enfants qui apporteront du peu qu’ils avaient pour la multiplication des pains.

Avec Lui tout devient possible
C’est à travers les gestes les plus simples que grâce à Dieu l’impossible devient possible, et grâce à cela les noces de l’humanité ne sont pas gâchées.
Face à tous nos problèmes, si nous avions 6 grosses cuves pleines de bonnes résolutions, ce ne serait que de l’eau. Nous avons besoin de ce miracle qui est la venue de Jésus en nous. Il faut le laisser transformer notre vie, nos efforts, notre bonne volonté dans le vin de son amour. Seul cet amour qui vient de Lui peut changer notre vie : le vin, qui est versé dans notre cœur par la foi, nous redonne la vraie joie, comme le vin «  qui réjouit le cœur de l’homme ». Il est meilleur que tout ce qui nous avait été donné de boire auparavant, comme le constate le responsable du repas de Cana.
La lettre de St Paul, que nous avons entendue tout à l’heure, invitait les premiers chrétiens à se rendre compte de l’extraordinaire transformation qui est en train de se faire dans leur cœur par le baptême : alors qu’il y avait entre eux des tensions, voici que l’eau de l’amertume est en train de changer. Chacun devenant serviteur de l’autre par la mise en commun des biens, le Seigneur peut tout changer par le vin de la charité.
Et c’est en ce sens que, en ce début de la semaine pour l’unité des chrétiens, nous pouvons penser que l’unité des églises est un miracle à demander pour l’Eglise, « Qu’ils soient un afin que le monde croie » ; afin que tous aient soif de boire le même vin ! Il y a sans doute au départ des cuves différentes, mais Jésus peut faire qu’à la fin il y ait un seul vin, et qui sera le meilleur ; chacun ayant apporté les dons qui sont les siens.

Orientation Comme le responsable de la noce nous découvrons souvent, un peu tard, que nous avons négligé de prévoir ce qui aurait aidé à l’unité totale de la fête. De toute façon, nous ne pouvons jamais nous dire : « j’ai fait tout ce qu’il y avait à faire ». Il ne s’agit pas pour autant de nous culpabiliser, mais de laisser notre coeur s’ouvrir aux interrogations de l’Esprit. il est rare que nous trouvions tout de suite le bon geste qu’il convient de faire – et Jésus lui-même a hésité avant de faire le miracle que lui demandait Marie – mais l’important est que le miracle de l’eau changée en vin se fasse d’abord dans notre cœur, qui s’ouvre à toute détresse.



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