Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

2e dimanche de carême A – 12 mars 2017. Transfiguration
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Quitte ton pays.
Les textes de cette messe nous ont évoqué tout d’abord la belle figure d’Abraham, que des millions d’hommes aujourd’hui considèrent comme leur père dans la foi : il a été appelé à quitter ce qu’il connaissait pour aller vers un pays qu’il ne connaissait pas. Il ne s’agissait pas pour lui uniquement d’un déplacement géographique, mais d’entrer dans une relation nouvelle entre Dieu et l’homme ; un Dieu qui, bien au-delà des visions religieuses de l’époque, va se révéler comme unique et aimant. Abraham allait découvrir une relation avec Dieu qui allait engager toute l’humanité ; une humanité faite à l’image de Dieu, et appelée à être un jour transfigurée puis ressuscitée dans le Christ… Cette vocation de l’humanité que Abraham pressent déjà est bien résumée dans les mots «  je bénirai en toi toutes les nations de la terre ». Derrière cette promesse, il y a l’Alliance : Dieu ne se laisse pas mettre en échec par le péché de l’homme mais il l’appelle, à travers Abraham, à collaborer à la réalisation de son salut. Quelle audace de la part de Dieu, celle de faire confiance à un seul homme. De même qu’il suffira du oui de Marie et bien sûr du oui de Jésus pour changer le monde, et renverser la chaîne du mal. Il y a dans la réponse d’Abraham et donc aussi la nôtre un enseignement sur ce qu’est la foi, c’est-à-dire une confiance totale en Dieu. Abraham est le premier homme à faire totalement confiance à Dieu , à engager sa vie uniquement sur la Parole du Seigneur Dieu. « Seigneur, que ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi ». (Ps)

La gloire de Dieu.
Au moment de la Transfiguration, Dieu va nous montrer en Jésus l’horizon qu’Il avait promis à Abraham, celui de sa gloire manifestée dans la personne humaine du Christ. C’est là que nous sommes appelés à demeurer ; d’où le désir de Pierre de monter trois tentes. Mais il est encore trop tôt pour le faire… comme Abraham nous avons encore un chemin à parcourir avec le Christ pour y arriver !
Nous avons pu remarquer que Jésus se transfigure à mesure qu’il prie, entrant dans la contemplation et la confiance envers son Père. Il s’ouvre ainsi à la béatitude, au bonheur d’être Fils. Et pendant que Jésus voit ainsi le Père, ou plus exactement parce qu’il voit ainsi le Père, les disciples, eux, peuvent commencer à découvrir qu’Il est le Fils qui prend sa lumière dans celle du Père (qui me voit, voit le Père).

Réconfort.
Il est certain que Jésus est venu apporter un immense réconfort à ses disciples en ce jour de la Transfiguration, alors que les menaces s’accumulaient sur leur chemin vers Jérusalem ! Et ils avaient découvert à la fois qu’il était le Messie et qu’il allait souffrir.
Quelle joie de s’entendre dire par la voix de Dieu lui-même : « Cet homme transfiguré, c’est mon Fils »... comme le dira plus tard St Paul, il est « de condition divine ». La nuée, ces juifs croyants le savent bien, est signe de Dieu, ainsi que les vêtements blancs et le rayonnement des visages. La montagne, avec Moïse et Elie, rappelle la révélation du Sinaï. D’où l’importance des paroles de Jésus : « Relevez-vous, n’ayez pas peur ».

Transfiguration de la prière.
La prière de Jésus nous fait prendre conscience aussi de ce que toute prière nous transfigure. Elle est ouverture à tous les possibles de Dieu en nous, à toutes ses lumières. Dans la prière, l’image du Fils s’imprime en nous et nous unifie en elle, jusqu’à ce que nous lui soyons semblables. En ce sens on pourrait dire que le visage des disciples a commencé aussi à se transformer par le rayonnement de la prière et de la transfiguration de Jésus.
Mais si nous devenons tous semblables au Christ, nous ne lui devenons pas tous identiques . Chacun est transfiguré dans sa prière selon ce qu’il est, et les disciples eux-mêmes ont reçu une lumière adaptée à ce qu’ils étaient et vivaient à ce moment-là avant la Passion et avant la Résurrection. Nous pourrions dire aussi que tous ensemble, en Eglise, nous pouvons porter l’image du Christ transfiguré. Si nous nous laissons habiter avec lui par l’amour du Père.
L’Esprit Saint, de façon habituelle, met « sa lumière dans nos esprits et répand son amour en nos cœurs ». Mais il y a des « moments de grâce » plus particuliers qui servent de repère et de soutien dans notre vie : n’oublions jamais ces moments-là ! Comme Pierre, nous voudrions bien « dresser des tentes », nous installer au sommet où brille la lumière. Mais non ! Il va falloir redescendre et nous ne verrons plus que le Jésus de tous les jours, qui est pourtant bien présent dans nos vies.
C’est ici que St Paul vient nous encourager : il nous parle de notre vocation sainte, notre vocation de baptisés, de cette grâce qui nous habite et que Jésus a rendu visible à nos yeux au jour de sa Transfiguration ; elle se manifeste visiblement dans nos vies quotidiennes par bien des signes, que l’Esprit Saint peut nous aider à reconnaitre, dans nos joies et nos épreuves, tout spécialement en ce temps de la préparation de la Pâque.


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