Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

30 e dimanche B -– 28 octobre 2018 -

l’aveugle guéri
Jr 31,7-9 ;He 5,1-6 ; Mc 19, 48b - 52

Un gêneur
L’Evangile vient de nous montrer Jésus en route vers Jérusalem accompagné d’une foule de pèlerins qui allaient célébrer la Pâque. Au moment où ils sortaient de Jéricho, Bartimée, un aveugle de cette ville, s’est présenté à eux. Tout d’abord, pour la foule, Bartimée est un gêneur ! Il dérange parce qu’il dépend des autres pour se déplacer, parce qu’il mendie et de plus voilà qu’il se met à crier ! Même si nos sociétés d’aujourd’hui sont devenues attentives à certains handicaps, nous n’aimons toujours pas être dérangés ; et cela, même lorsque les gens autour de nous ne crient pas, ou n’ont pas de voix pour se faire entendre.
Pour Jésus, la présence de Bartimée va être l’occasion d’éduquer la foule, de la faire sortir de son égoïsme. Alors que les gens demandaient à Jésus de faire taire cet homme, Jésus leur demande d’aller eux-mêmes le chercher pour le conduire à lui. J’imagine que les rieurs et les impatients ont dû se sentir déroutés : est-ce que Jésus s’intéresserait davantage à cet homme qu’à eux, ses compagnons de route ? Non, puisqu’il compte aussi sur eux et les invite à se faire les relais de sa charité !
Pour Jésus, chaque homme est unique, irremplaçable. Il entend le cri de chacun d’entre nous, même lorsque nous nous sentons isolés, coupables. Et il sait aussi que nous sommes tous des aveugles… qui retrouveront la vue en se laissant habiter par son amour.

Force de la Parole 
Quant à l’aveugle, Jésus va d’abord éduquer sa foi. Il lui dit simplement : que veux-tu que je fasse pour toi ? Prenons bien conscience du fait que Bartimée ne voit pas Jésus ; il ne peut rien lire, rien deviner dans les yeux de Jésus. Il faut que Jésus lui parle pour qu’il y ait communication entre les deux ; mais Jésus sait l’importance de la parole pour cet aveugle… Nous aussi nous ne voyons pas le Christ, mais c’est encore par sa parole qu’il nous rejoint aujourd’hui, qu’il établit la communication entre lui et nous.

Fais que je voie !
La parole de Jésus a donné d’abord à Bartimée, la joie d’exprimer sa confiance : Rabbouni, que je retrouve la vue dit cet homme dans un cri d’espoir ! Rabbouni, c’est plus que Rabbi ; c’est-à-dire non seulement « maître », mais « mon maître »… comme nous lorsque dans la prière , avec notre cœur nous ne disons pas seulement, parfois avec distance « Seigneur » mais nous disons avec le cœur : « mon » Dieu .
Nous pouvons maintenant revivre cette guérison comme Bartimée l’a vécue, en nous disant : « l’aveugle c’est moi ». Cet aveugle n’a pas manqué l’occasion de saisir la chance de sa vie : Jésus passait par là… ! Il y a des moments où le Seigneur passe aussi tout près de nous, au milieu de la foule. Par exemple au cours d’une eucharistie comme celle-ci, est-ce que pendant cette messe chacun d’entre nous osera au fond de lui-même crier vers le Seigneur ? Est-ce que nous laisserons le Seigneur nous inviter à la confiance en nous disant : » que veux-tu que je fasse pour toi » ?
Et finalement notre vrai cri sera aussi, sans doute, de dire   fais que je vois» ! Disons-lui nos difficultés à reconnaître les signes de sa visite dans notre vie, dans notre temps ; disons-lui nos difficultés à nous situer en chrétiens dans le monde complexe d’aujourd’hui. Et en cela, le Seigneur vient encore nous dire : va, ta foi t’a sauvé».
Mais n’oublions pas aussi que nous sommes dans notre temps les relais de la Parole du Seigneur ; et nous avons aussi pour mission de redonner la vue à ceux qui cherchent à voir. Et en cela nous sommes porteurs de la Parole ; le Seigneur nous a confié sa Parole. D’un peu partout monte le cri d’un monde qui semble chercher sa route à tâtons ; la peur des uns entraînant la violence des autres. Les chrétiens vont-ils se replier sur eux-mêmes, autour de Jésus ? Comment conduire les hommes vers celui qui veut rendre la vue à tous ?

Orientations : Combien croisons-nous d'exclus, de personnes, sans les voir, tout près de chez nous ou sur nos lieux de travail. Ils n'attendent peut-être, comme Bartimée, qu'une parole d'attention, pour être libérés, pour voir autre chose ! Laissons l'Esprit nous faire trouver, comme Jésus, les mots simples qui réveillent la confiance et la foi. Faisons-le avec confiance, sachant que c’est toujours le Seigneur qui nous précédera et nous donnera la grâce d’être des relais de sa lumière.



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