Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

31e dimanche ordinaire B – 4 novembre 2018 – Tu aimeras


Profession de foi
Nous avons entendu tout à l’heure un des grands textes de l’Ancien Testament :
Il s’agit d’une prière faite pour rappeler au peuple de Dieu les exigences de l’Alliance faite avec Dieu depuis l’Exode et la nécessité d’une conversion permanente : le bonheur et la fécondité sont promis par le Seigneur, le Dieu des pères à celui qui mettre en pratique me celui qui mettra en pratique ses commandements. Avec, au départ, cette belle phrase : Ecoute Israel : le Seigneur Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces. Arriver à vivre cela est bien une affaire « d’écoute », car seul le Seigneur peut nous apprendre les vrais chemins au plus profond, de notre cœur. Les Juifs croyants continuent toujours à réciter cette prière matin et soir , tout au long de leur vie, et même à l’inscrire dans leurs vêtements, pour ne pas l’oublier et surtout pour la mettre en pratique. Les croyants de la Bible se sont transmis ainsi un véritable amour de la Loi et les commandements de Dieu n’ont pas été perçus avant tout comme les cadeaux d’un Dieu Père à ses enfants, mais les seuls conseils valables pour bien vivre. A méditer ces commandements l’homme biblique en arrivait à dire :  le miel a moins de saveur en ma bouche». Finalement, dès le début de l’Ancien Testament toute la Bible est l’apprentissage du peuple élu à l’école de l’amour et de la vie fraternelle.

La nouveauté du Nouveau Testament
La lettre aux Hébreux que nous avons entendue dans la deuxième lecture nous rappelle que le peuple de Dieu a été souvent bien incapable de vivre la loi et le bel idéal qu’elle proposait. De prêtres avaient été pourtant institués pour lui rappeler le chemin à suivre, mais ils n’étaient eux-mêmes que des hommes pécheurs et mortels ; d’où la nécessité d’offrir chaque jour des sacrifices qui restaient insuffisants. La nouveauté viendra avec Jésus le Christ : c’est sa vie tout entière donnée librement pour manifester l’amour du Père qui constitue le sacrifice, l’acte sacré qui va nous libérer. Le Christ a été le prêtre parfait qui nous entraînés à sa suite. Son Père aura donc pu lui dire dans une joie immense : siège à ma droite, tu es vraiment le prince éblouissant de sainteté. Les premiers chrétiens, familiers de la Bible découvraient avec émerveillement que le Christ réunissait en lui toutes les qualités idéales qu’ils attendaient d’un roi et d’un prêtre : du jamais vu ; ils pouvaient donc en toute confiance le suivre et même s’identifier à lui recevant alors toute la force nécessaire pour devenir de vrais croyants.

Tu n’es pas loin du Royaume
Le dialogue de Jésus avec le scribe a permis à celui-ci de revenir à l’essentiel. Pour beaucoup de croyants en effet les mots « commandement » ou « loi » avaient perdu une grande part de leur dynamisme interne : on les respectait parce qu’il fallait le faire et non en lien avec leur but profond : ils faisaient de l’amour de Dieu et de nos frères une simple loi ; il y manquait l’élan qui vient d’une réponse de l’amour à l’amour ; or sans amour il est impossible d’être fidèle : une loi n’a de sens que si elle est au service de l’amour d’où la tentation permanente de contourner la loi ou de la compliquer.
Le scribe qui parle à Jésus montre cependant qu’il a compris le sens profond de la loi : sa fidélité profonde et réelle montre qu’elle n’est pas une fidélité de surface ou même fondée sur la peur d’un châtiment. Aussi Jésus lui dit : tu n’es pas loin du Royaume.
Certes, tout était déjà inscrit dans la loi, mais Jésus a élargi la notion de prochain en luttant contre toute forme d’exclusion et en faisant de l’amour de Dieu et du prochain le fruit d’un même amour ; mais plus encore, il va nous donner son Esprit qui va nous donner lumière et force pour aimer vraiment ? A ceci tous reconnaitront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres.

Orientations : Nous avons constaté à la lecture de cet évangile que certains représentants du judaïsme étaient très proches de Jésus étaient en communion de pensée avec Lui. Le scribe, comme Nicodème, n’était pas malveillant bien au contraire. Alors que d’autres cherchaient à tendre des pièges à Jésus, cet homme a dû écouter les réponses de Jésus et les apprécier. Ceci est pour nous une invitation : si notre langage est un témoignage de foi en toute simplicité et vérité, il rejoindra toujours le cœur des hommes de bonne volonté.



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