Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

31 e dimanche C – 3 novembre 2019 - Zachée

Sg11,22- 12, 2 ; 2 Th 1,11- 2,2 ; Lc 19, 1-10

Zachée
Quand nous lisons l’Evangile, il est bon de nous mettre à la place de chacun des personnages : aujourd’hui, nous pouvons commencer par nous identifier à Zachée, puis à la foule qui s’est bousculée à son passage, et surtout à Jésus qui arrive, toujours attentif au plus pauvre. Zachée se savait petit de taille et petit aussi sous le regard des gens : chargé de collecter l’argent public, il était considéré comme un collaborateur des occupants romains et comme un habitué de petites manœuvres pour se servir au passage. Le percepteur avait compensé sa petitesse en devenant un homme assez haut placé dans la société, mais il n’était pas fier de lui. Zachée avait beaucoup entendu parler de ce que Jésus disait et faisait et il devait sentir comme un appel au fond de sa conscience : il s’est donc mis à courir, puis à grimper sur le sycomore ; sait-on jamais : ce Jésus qu’il connaissait à peine pourrait-il peut-être lui permettre de grandir vraiment ? Nous faisons un peu la même chose quand nous sentons en nous le désir, l’appel de prendre un peu de hauteur dans notre vie, en nous laissant rejoindre dans la prière quand Jésus, par son Esprit-Saint passe tout près de nous : il ne faut pas oublier d’ailleurs que l’Esprit Saint travaille le cœur de tous les hommes de bonne volonté. Au fond de son cœur, Zachée était déjà dans la bonne attitude :  tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé,   écrira plus tard St Augustin, évoquant sa propre découverte du Christ.

La foule
La foule, que cherchait-elle à voir ? Elle avait à la fois de la curiosité à propos de Jésus, une curiosité de foule dirait-on. La façon dont les gens se précipitaient autour de Jésus ressemblait à celle qui est parfois la nôtre : dans notre démarche de foi, vis-à-vis de Jésus ou de l’Eglise, nous pouvons rester au stade d’une curiosité distante tout en nous croyant proches. Aujourd’hui, beaucoup de gens ont accès à une masse d’informations superficielles sur Jésus, sur l’Eglise, ou sur la foi, mais nous-mêmes, connaissons-nous vraiment Jésus ? Evitons d’en rester à des enthousiasmes superficiels, vite balayés par des sentiments contraires.

Le regard de Jésus  
Il y a enfin et surtout, dans cette scène, le regard de Jésus qui lève les yeux vers Zachée : le Seigneur voit Zachée qui cherche à se rapprocher de lui. En fait c’est Jésus qui vient vers Zachée, comme il est venu vers toute l’humanité : Il vient encore vers nous dans cet « aujourd’hui » de Dieu qui est toujours présent.  Jésus dans cet évangile va dire deux fois le mot « aujourd’hui ». Jésus dit à Zachée : Aujourd’hui,…. il faut que j’aille demeurer chez toi ; et plus tard, au cours du repas, il va dire aujourd’hui, le salut est arrivé dur cette maison . (Vous remarquerez d’ailleurs toutes les fois où la liturgie, au long de l’année, emploie le mot « aujourd’hui »). Rappelons-nous aussi que Jésus a dit au bon larron sur la croix : aujourd’hui même  tu seras avec moi dans le paradis. Peu importe le passé, celui de Zachée ou le nôtre ; peu importe l’avenir, le nôtre ou celui de l’Eglise : n’ayons pas l’inquiétude du lendemain ; le Seigneur s’en occupe du moment où nous nous confions à Lui dans  l’aujourd’hui  qui est le nôtre. Et Jésus a dit à Zachée : il faut que j’aille demeurer chez toi : retenons ce mot il faut  ;  il « fallait» en effet que Dieu vienne habiter parmi les pêcheurs que nous sommes ; non pas seulement dans un temple ou une église, mais dans notre cœur.

Conversion
Voyons maintenant ce qui s’est passé au cours du repas. Zachée s’est dit prêt à partager la moitié de ses biens avec les pauvres et à faire acte de réparation vis-à-vis de ceux qu’il avait lésés. C’est donc de sa part une vraie conversion, un engagement à un réel changement de vie et pas seulement des paroles. Cela a été pour Zachée un déplacement encore plus grand que le fait de monter sur un sycomore : pour lui, l’amour de l’argent, n’est plus prioritaire ; l’objectif pour lui désormais c’est le chemin de vie que Jésus lui ouvre.

Orientations :
Nous sommes comme Zachée qui avait fait l’effort de sortir de chez lui pour rencontrer Jésus : laissons-nous, comme lui, en tirer toutes les conséquences. Saint Paul (comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus) nous demande de faire confiance au Seigneur qui vient d’abord vers nous ; il nous dit que par sa puissance il nous donne d’accomplir tout le bien que nous désirons, et peut rendre active notre foi ; et il ajoute :  ne vous laissez pas impressionner, ne perdez pas la tête…faites vraiment confiance au Christ. Le livre de la Sagesse, tout à l’heure, nous a rappelé que Dieu  aime la vie ! Comme Zachée, laissons-le Seigneur rendre notre cœur à la vie 



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