Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

32 e dimanche ordinaire C – 10 novembre 2019 – Résurrection

2 M 7, 1-2..9-14 ; 2 Th 2,16-3.5 ; Lc 20, 27-38

Ressusciter
En ce mois de novembre nous sommes invités à penser plus souvent encore que d’habitude à nos défunts ; et dans la foi nous allons bien au-delà de leur simple souvenir : nous savons qu’ils ont franchi ce passage vers le Royaume de Dieu que Jésus est venu ouvrir pour nous : un monde vraiment nouveau ! Aussi nous sommes heureux de voir que les textes bibliques de ce jour nous parlent de la résurrection et fortifient ainsi notre foi.

Sens du martyre.
La première lecture nous parle d’un fait terrible qui malheureusement n’est pas éloigné de récits qui sont encore d’actualité. Une mère et ses enfants sont arrêtés par les responsables d’un régime sans foi ni loi. Il leur est demandé sous peine de torture et de mort, de poser des gestes contraires à leur religion et à renier leur foi en Dieu. Les quatre fils de cette femme ont été torturés les uns après les autres sous les yeux de leur mère et ont tous refusé d’abjurer. En acceptant de mourir ainsi ces jeunes ont voulu témoigner de leur foi en la résurrection, sachant que Dieu n’abandonne jamais les justes qui lui sont fidèles. Cela me fait penser au témoignage de migrants venus se réfugier parmi nous et disant : nos maisons ont été brûlées, des proches ont été massacrés nous avons été chassés de chez nous, parce que nous avons voulu garder notre foi. Un peu partout dans le monde des chrétiens risquent leur vie pour rester fidèles à l’Evangile, et nous avons découvert récemment que même chez nous être chrétien ou même prêtre peut entraîner des menaces allant jusqu’à la mort. Rappelons-nous ce qui est arrivé au Père Hamel à Saint Etienne du Rouvray il y a trois ans …Même sans cela, bien des chrétiens autour de nous ont du mal à témoigner de leur foi dans un monde qui l’ignore ou même parfois la méprise. N’oublions pas que nous sommes envoyés dans ce monde pour être des messagers de la Bonne Nouvelle.

La prière qui rend fort
Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous invite à trouver notre réconfort dans le Christ lui-même, lui qui nous a aimés et qui, dans sa grâce, nous a donné pour toujours réconfort et joyeuse espérance . Saint Paul a écrit cette lettre peu de jours avant son exécution, et pourtant il a dit aux chrétiens de sa communauté de prier pour échapper à la cruauté des gens qui leur veulent du mal, car Dieu est fidèle : Il les affermira et les protègera du mal. Rappelons-nous aussi que Jésus avait dit : Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps et ne peuvent tuer l’âme, craignez plutôt ceux qui peuvent faire périr l’âme et le corps. 

La vraie résurrection.
Au temps de Jésus les opinions restaient partagées sur la perspective de la résurrection des morts qui n’était pas inscrite dans la loi de Moïse. Ceux qui croyaient en la résurrection la voyaient tout au plus comme un retour à la vie antérieure. Aujourd’hui, un certain nombre de nos contemporains croient en la réincarnation espérant qu’ils auront ainsi une seconde chance de réussir leur vie. Jésus parle de notre résurrection de façon tout à fait nouvelle, car cette vie qui nous sera donnée, nous dit-il, nous rendra semblables aux anges, mais nous resterons nous-mêmes : il montre pour cela que si Moïse nous a parlé de Dieu de telle sorte qu’Il est toujours le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, c’est que ces trois grands ancêtres sont toujours vivants auprès de Lui et un jour nous les rejoindrons. Cette vie sera radicalement différente et pourtant nous resterons nous-mêmes avec notre corps transformé. Jésus, apparaissant aux disciples après sa résurrection nous a donné un signe de ce que sera cette façon totalement nouvelle de vivre notre humanité, transfigurée par la Vie de Dieu en entrant dans son Royaume. Pour faire vraiment nôtre cette Bonne Nouvelle inouïe nous avons à faire confiance en Celui qui a dit : Je suis la résurrection et la vie… celui qui croit en moi vivra éternellement. En ce mois de novembre un tel acte de foi et d’espérance soutient toutes nos prières pour nos défunts. Nous savons que pour eux comme pour nous l’amour aura le dernier mot grâce à la mort et à la résurrection du Christ Jésus qui nous a ouvert le Royaume de son Père.

Orientations  :
Cet évangile, répondant à une question piège des sadducéens qui ne croyaient pas en la résurrection, nous fait entrevoir que dans notre condition céleste, l’amour sera transfiguré par rapport à nos amours humaines : l’amour conjugal est un signe de l’union qui un jour nous unira avec Dieu et entre nous. Nous-mêmes, enfants de Dieu, nous sommes déjà entrés dans cette vie nouvelle et c’est en la découvrant jour après jour que se confortent notre espérance et notre foi.


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