Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Homélie 33 e dimanche B – 18 novembre 2018 – La fin des temps

Un printemps inattendu
La hantise de la fin du monde revient régulièrement comme un sujet à la mode, débordant la sphère de la foi. Depuis longtemps déjà par exemple, le cinéma américain a lancé les films d’apocalypse, très appréciés pour leur mélange de western et de cinéma d’horreur. Par ailleurs il y a toujours eu, surtout en temps de crise, la tentation de se faire peur en proposant régulièrement les dates d’une fin du monde imminente. Et quand ces dates sont dépassées, tout le monde se met à respirer… Les chrétiens voudraient dire à tous : « de quoi aurions-nous peur ? ». L’évangile d’aujourd’hui en effet parle de la fin de l’histoire comme d’une naissance ou un printemps qui nous surprendraient en plein hiver, comme les  branches des figuiers qui deviennent tendres et que sortent les feuilles  annonciatrices de l’été. La fin des temps est donc un moment qu’il nous faut à la fois attendre, espérer, préparer, même si ce moment arrive lorsque tout semble s’obscurcir ou même mourir autour de nous. Ce sera surtout, malgré les ultimes épreuves, l’heure d’une grande joie pour toute l’humanité fêtant sa délivrance : en effet le Christ nous apparaîtra alors dans toute sa gloire, en envoyant ses anges nous rassembler des quatre points du monde.

Les épreuves de l’histoire
Avant le moment décisif de la fin de l’histoire, l’humanité et l’Eglise au milieu d’elle, a traversé régulièrement des périodes très dures, avec des guerres, des tremblements de terre, des faux messies et des persécutions. Parfois même il y avait de quoi se demander si une humanité viable arriverait à naître, comme la vie d’un enfant menacée dans le sein de sa mère. Plus encore, évoquant l’avenir de la foi, Jésus lui-même s’était posé une question, sous forme de mise en garde :  quand le fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il encore la foi sur terre  ?  Mais face à cette question le Seigneur nous invite surtout à l’espérance, en nous demandant de savoir discerner les « signes des temps nouveaux ou de la « Vie » qui est déjà là… malgré toutes les menaces de l’hiver.
Au cœur des persécutions comme lors de la chute de Jérusalem ou plus tard avec l’écroulement de l’empire romain, les chrétiens ont toujours été les témoins d’une espérance qui dépassait les réalités humaines. Notre époque a vécu et vit encore de ces jours exceptionnels de douleurs ou de détresse, où la vie de notre humanité semble définitivement compromise. Il y a eu les grandes guerres mondiales avec leurs millions de morts, les camps de concentration et les goulags… et ces terribles réalités qui ont jeté sur les routes de l’exil ou livré aux périls de la mer des millions de migrants…Un dirigeant soviétique, après la chute de son régime, avait fait un diagnostic qui reste valable : nous avions pensé à tout mais nous avions oublié l’homme .
Faut-il pour autant voir les signes annonciateurs d’une fin du monde imminente à chaque bouleversement qui nous atteint ? Aujourd’hui beaucoup de gens évoquent plus volontiers la fin d’un monde, le nôtre, tel que nous l’avons bâti, que la fin du monde, dont il ne nous appartient pas de fixer la date. La fin de notre monde, de notre manière de vivre semble plus facile à discerner et apparaît inéluctable et prévisible à court terme en bien des domaines. Toutefois la parabole du figuier qui renaît au printemps, est valable aussi pour le temps qui est le nôtre : ainsi, il y a beaucoup d’autres façons de vivre ensemble et de gérer la planète qui s’inventent un peu partout ; en même temps, dans la foi, nous constatons que la semence évangélique continue de soulever de façon étonnante la terre aride de notre l’humanité et la vie de l’Eglise du Christ : en cela nous pouvons devenir des acteurs !

Faire advenir le Royaume
La fin du monde aura lieu, nous dit Jésus, après une détresse pareille à celles que nous avons déjà traversées et même comme telle qu’il n’y en jamais eu depuis que les nations existent nous disait le prophète Daniel. Certains peuvent se demander si ce n’est pas l’homme lui-même qui aura provoqué la fin de la planète par ses erreurs ; mais cette heure appartient surtout à Dieu : ce sera en tout cas l’heure de la naissance de l’humanité arrivée à terme dans le Christ et rendant gloire à Dieu. Cherchons à laisser se « dévoiler » ce qui est déjà là du royaume de Dieu et à faire advenir ce royaume. Où peut-on en trouver des signes sensibles ? A chaque fois que des gestes, même les plus simples, accueillent le Christ dans les pauvres ; Il vient vers nous en eux. Jésus nous a dit : ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites . Chaque initiative de solidarité, de respect, d’amour, aide à faire disparaître le monde ancien, malade de tant d’injustices et de mépris ; et à faire éclore les signes du monde que nous attendons.

Orientations : Dans la prière, faisons nôtre le regard de Dieu en disant avec Lui : j’ai vu la misère de mon peuple». Mieux que d’être seulement spectateurs de cette misère à la télévision, efforçons-nous de devenir des « veilleurs » actifs : sachons informer les personnes et associations compétentes des détresses que nous discernons autour de nous. Nous engager aussi nous-mêmes en ayant de vraies initiatives ; sachons aussi discerner les signes du monde nouveau qui naît comme les bourgeons du printemps ; un jour ce temps apparaîtra dans toute sa clarté : nous verrons de nos yeux renouvelé , dans la gloire du Christ, ce qu’est la réussite du plan de Dieu.



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