Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

3e dimanche de l’avent C – 16 décembre 2018 : un autre baptême

So.3, 14- 18a ; Ph 4, 4-7 ; L3, 109-18
Le Seigneur est proche !
La Parole de Dieu aujourd’hui nous introduit déjà dans la joie de Noël, avec une attente presque impatiente. Le prophète Sophonie nous encourage de la même façon qu’il le faisait jadis pour Israël : Pousse des cris de joie, bondis de joie, ne laisse plus tes mains défaillir, tu n’as plus à craindre le malheur, et cela pourquoi ?   parce que le Seigneur ton Dieu est en toi. La grande raison de notre joie est que le Seigneur est descendu jusqu’à nous, il vient en quelque sorte camper parmi nous. En effet, au jour de l’Annonciation, Dieu a revêtu notre condition humaine dans l’Enfant que Marie porte en elle. 
Cette façon d’évoquer la joie nous invite à comprendre pourquoi le pape François avait écrit son exhortation apostolique «  la joie de l’Evangile ». Notre joie n’est pas la même que la satisfaction, la richesse, le succès, en quoi nous faisons habituellement consister le bonheur. Le vrai bonheur se trouve paradoxalement chez les pauvres, les pacifiques et même les persécutés, quand ils redécouvrent comme les disciples et les premiers chrétiens  la joie de connaître et de suivre le Christ, qui s’est fait pauvre parmi nous.

Que devons-nous faire ?
>Dans ce contexte, nous retrouvons Jean-Baptiste qui nous invite à entrer vraiment dans le mystère et la joie de la venue de notre Sauveur, une joie qui sera d’autant plus grande qu’elle a été attendue : quand on a tout, tout de suite, on est rarement satisfait, car le coeur n’a pas le temps de se préparer. « Que devons-nous faire ? » disaient les gens à Jean-Baptiste. La réponse était très simple, elle portait sur des comportements de tous les jours :

Partager :
Tout d’abord, les auditeurs de Jean-Baptiste étaient invités au partage : Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas !  (beaucoup d’entre nous ont plus que deux vêtements dans leur armoire !) Cela peut se traduire aussi : quand vous remplissez votre cadie, n’oubliez pas la banque alimentaire. Cherchons en fait à ne garder - ou acheter - que ce dont nous avons immédiatement besoin. Il est vrai qu’il n’est pas facile de distinguer entre le nécessaire, l’utile et le superflu. Il est vrai que plus nous possédons, plus nous avons peur de manquer ! Concrètement, dans tout geste de partage, il y a le sacrifice de quelque chose qui nous paraît important.

Etre honnête :
Mais Jean-Baptiste passe aussi sur un autre registre, celui de l’honnêteté : il ne fait pas de grandes théories sur la justice, mais il s’adresse aux gens qui sont devant lui : des publicains et des soldats par exemple. Il demande aux publicains de ne pas se servir au passage et de ne pas en rajouter : les gens ont déjà assez de soucis pour payer leurs impôts  et il demande aux soldats de se contenter de leur solde : il est si facile de rançonner les gens que l’on est censé protéger...
Aujourd’hui comme hier, il y a différentes manières d’arrondir les fins de mois, ou de tricher aux dépens des autres. Cela peut commencer par le fait de voyager sans billet, et le système D est un sport connu, même si bien souvent il se pratique sur le dos des autres. Aujourd’hui Jean-Baptiste aurait pu tout aussi bien demander à un écolier de ne pas tricher, à un commerçant de bien regarder avant d’augmenter les prix, à un chef d’entreprise de penser à la fois à l’avenir de son entreprise et aux conditions de vie réelles de ses employés ; et à un contribuable de ne pas faire trop de subtiles soustractions. Il faut dire que l’injustice qui est présente dans le monde à bien des niveaux, est d’abord la somme des égoïsme privés dont nous sommes acteurs ou complices.

Respecter les personnes :
Enfin Jean-Baptiste ouvre un troisième registre, celui du respect des personnes : ne molestez personne dit-il au soldat ou au policier. En réalité, dans la vie quotidienne, il est très difficile de ne pas être violent. Il y a les violences physiques, inadmissibles, et que la loi d’ailleurs punit. Mais il y a d’autres formes de violences que nous faisons aux autres et dont souvent nous ne nous rendons même pas compte : celle des paroles trop vite dites, sans réfléchir, et qui peuvent blesser pour longtemps… celle des silences qui en disent long, ou des sourires pleins de sous-entendus. Il y aurait donc bien des façons de décliner la recommandation de Jean-Baptiste : ne faites violence à personne.

En sommes-nous capables ?
En écoutant les paroles de Jean-Baptiste nous nous demandons si nous sommes capables d’une conversion dépassant quelques gestes symboliques. Faut-il pour autant être découragés en constatant notre vraie pauvreté, celle de notre cœur ? En fait, avec Noël, c’est le Seigneur qui vient nous donner sa lumière et sa force. C’est lui qui va nous suggérer ce qu’il faut faire, si nous écoutons sa parole ; et son Esprit va nous donner la force nécessaire pour le réaliser : je suis fort en Celui qui me rend fort  disait St Paul.

Orientation : Si nous nous présentons au Seigneur comme les pauvres que nous sommes, Il va faire grandir en nous son amour et sa propre vie. Jour après jour le Seigneur Jésus va donner une couleur évangélique à notre façon de vivre… et en même temps nous ferons advenir un peu plus son royaume. C’est pour cela qu’aujourd’hui, en ce 3e dimanche de l’Avent, nous avons vraiment envie de dire : Viens Seigneur Jésus, nous t’attendons.  


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