Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

3e dimanche B. 21 janvier 2018
les temps sont accomplis


Bonne Nouvelle
Saint Marc vient de nous faire partager les premiers mots de Jésus inaugurant sa mission : les temps sont accomplis, le Royaume de Dieu est tout proche  et   convertissez-vous, croyez à la Bonne Nouvelle . Tout événement longtemps espéré est une bonne nouvelle quand il arrive. Ici, la surprise est de taille, car il s’agit du royaume attendu avec impatience par les prophètes ; et l’avènement de ce royaume va orienter toute l’histoire de notre humanité. Aujourd’hui, les paroles de Jésus restent au cœur de notre actualité, elles restent le message le plus « inattendu », le plus espéré, le plus libérateur qui soit :  croyez en la Bonne nouvelle : le Royaume de Dieu est au milieu de vous !
Il y a eu au cours de l’histoire (avant et après Jésus) beaucoup de fausses bonnes nouvelles, des espérances trompeuses, des séductions passagères qui ont même conduit des peuples entiers à la guerre et au désespoir. Nous pouvons témoigner de ceci aujourd’hui : à chaque fois que les disciples de Jésus ont vraiment accueilli le Royaume de Dieu, le monde a commencé à changer et à inventer des chemins vers la paix. Si hélas le contraire s’est souvent produit, c’est parce que notre manque de conversion est devenu mauvaise nouvelle pour tous. Oui, vraiment, dès lors que nous l’accueillons un tant soit peu, le royaume de Dieu se manifeste au milieu de nous avec une force extraordinaire ; c’est d’ailleurs ce qui fait peur à certains et les rend si violents envers les témoins de la foi.

Une affaire privée ?
Le Royaume est d’abord intérieur, mais il n’est pas uniquement « affaire privée » : sa mise en place instaure aussi une nouvelle façon de vivre entre les hommes (le pape Jean-Paul II parlait même à ce propos de l’avènement d’une civilisation de l’amour  et le pape François d’une  révolution de la tendresse ). Le royaume lève au milieu de nous comme le levain dans la pâte. Autrement dit, par la force du Royaume, personne ne pourra jamais s’installer dans le confort d’une solution politique ou autre. L’Eglise elle-même est bousculée en permanence par ce levain : c’est la condition pour qu’elle devienne vraiment « signe » du Royaume. Puisse le Seigneur dire déjà à chacun de nous, ce qu’il confiait à un homme cherchant vraiment à accorder sa vie avec sa foi : tu n'es pas loin du Royaume . Le Royaume n’est pas l’expression d’un « programme » économique, politique, ni même moral ; il nous conduit à une conversion permanente des hommes et de leurs programmes. Le royaume est ouvert à ceux qui suivent le Christ, se laissent « séduire » par lui.

Venez derrière moi
C’est ainsi que Jésus dit à ses disciples, rencontrés sur le lieu même de leur travail : venez derrière moi  . Pour eux d’ailleurs la suite de Jésus va devenir dans un même élan un engagement à participer à sa mission : je ferai de vous des pécheurs d’hommes  . C’est vrai pour nous également, qui sommes appelés à la mission depuis notre baptême.  Depuis lors chacun peut se dire : je suis une mission , nous avait rappelé le pape François.
Jésus savait que plus ses disciples le découvriraient et plus ils auraient envie de le suivre dans sa Mission. Ce que nous avons vu et entendu nous l’annonçons dira plus tard saint Jean. Les disciples ont découvert la bonne nouvelle du Royaume en Jésus lui-même. Le pape François nous dit encore :   la meilleure motivation pour se décider à communiquer l’Evangile est de le contempler avec amour, de s’attarder en ses pages, et de le lire avec le cœur. Si nous l’abordons de cette manière, sa beauté nous surprend et nous séduit chaque fois . Par le fait même en effet que nous rencontrons le Christ dans l’Evangile et cheminons avec lui,   nous découvrons que l’Evangile répond aux nécessités les plus profondes des personnes, parce que nous avons tous été créés pour ce que l’Evangile nous propose : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel .

Une communauté de disciples
Soyons d’abord attentifs au fait que Jésus a appelé immédiatement plusieurs personnes à le suivre : une « communauté » se constitue dès l’origine; elle sera bientôt enracinée dans le Corps du Christ ressuscité et, devenant Eglise, « peuple en mission » aux multiples visages. Lorsque nous prions, durant la messe par exemple, tout s’exprime en disant « nous ». C’est ensemble que nous accueillons le Christ et prions le Père en son nom. Au sommet de l’Eucharistie, après la consécration, le prêtre nous fait entrer dans l’intimité du « nous » trinitaire en rendant gloire au Père par le Christ, avec Lui et en Lui, dans l’unité du Saint-Esprit. A ce moment nous pouvons vraiment dire que les temps sont accomplis , car le Royaume est « déjà là » sur l’autel. Vient alors le « Notre Père », la prière du Royaume, que nous osons dire   en raison même de notre union avec le Christ.

Orientations
A la fin de l’Eucharistie c’est la communauté, dont nous sommes membres, qui est envoyée en mission pour hâter la venue définitive du Royaume : « allez dans la paix du Christ ». Avons-nous conscience d’être des acteurs humblement mais réellement au service de « l’accomplissement » dans la foi de l’humanité de notre temps ?


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