Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

3e Dimanche de Pâques B. 15 avril 2018. Les disciples d’Emmaüs

Jésus reconnu
Sur les routes de Palestine, Jésus avait posé à ses disciples la question :  qui dites-vous que je suis  ? Pierre, inspiré par l’Esprit, avait alors été le seul à répondre des mots justes. Sur la route d’Emmaüs, les deux disciples se sont trouvés encore bien incapables de reconnaître Celui qui les rejoignait dans leur fuite. Pierre de son côté, n’avait pas su reconnaître le ressuscité dans le signe du tombeau vide : seul Jean, alors, saura accueillir la lumière de l’Esprit. Nous-mêmes, nous pouvons nous trouver désemparés lorsque sur notre chemin l’épreuve et la nuit nous empêchent de « voir » Celui qui pourtant ne cesse de venir vers nous.
Parfois, nous échangeons entre nous, comme les disciples d’Emmaüs, les épreuves de notre foi : nous pouvons nous dire combien nous souffrons de l’absence du visage sensible du Christ, et combien il nous arrive d’avoir du mal à le reconnaître sur le visage de l’Eglise. C’est déjà un grand pas de faire ainsi, car tout partage est déjà un signe d’espérance : « quand deux ou trois sont réunis en mon nom je suis au milieu d’eux  » avait annoncé Jésus. Partager, certes, ne consiste pas uniquement à évoquer les épreuves traversées, c’est garder notre cœur dans une attitude d’écoute confiante : ainsi les disciples, ayant vécu avec Jésus une expérience spirituelle très surprenante, celle-ci restait en quelque sorte intacte au fond d’eux-mêmes malgré leur déception. Nous-mêmes, s’il nous arrive de marcher dans la nuit de la foi, nous gardons au fond de nous une lumière qui ne s’éteint pas. Vient alors le moment où le Seigneur nous rejoint nous rappelant sa présence dans l’Ecriture et notre propre histoire : qui d’entre nous, en méditant ou partageant la Parole de Dieu, en l’écoutant au cours de l’eucharistie, n’a pas éprouvé que son cœur devenait tout brûlant et qu’en elle tout reprenait sens. Il faut cependant faire le geste, comme les disciples d’Emmaüs, d’inviter Jésus à notre table.

La mission
Après avoir accueilli Jésus dans sa parole, les disciples sont entrés avec lui dans l’auberge et ils l’ont pleinement reconnu dans la fraction du pain. Pour nous également, chaque eucharistie nous permet de reconnaître le Seigneur alors même que souvent nous sommes encore dans la nuit. Soyons alors heureux en sachant que le Seigneur nous y a rassemblés autour de la table de l’autel. La surprise alors est toujours grande de découvrir et bientôt d’annoncer par la grâce et la force de l’Esprit que le Christ ressuscité ne nous sauve pas par «  des biens corruptibles, de l’argent et de l’or, mais par son sang »  ; notre désir alors devient grand de porter à d’autres cette bonne nouvelle. C’est ainsi que les deux disciples sont repartis vers Jérusalem pour annoncer sa résurrection aux autres disciples, en attendant de la répandre au monde entier depuis la Galilée.

Comment témoigner ?
Le simple récit des événements qui ont fondé notre foi peut susciter chez nos contemporains l’étonnement, la curiosité, et même l’intérêt. Toutefois, pour annoncer la Résurrection du Christ, il faut le faire avec un cœur encore tout brûlant de la rencontre du Christ, comme les disciples d’Emmaüs. C’est alors que certains ayant le cœur transpercé  pourront être soudain habités par la question que beaucoup poseront à l’heure de la Pentecôte ! :   que nous faut-il donc faire ?. 
Les disciples, de retour d’Emmaüs et plus encore après la Pentecôte, ont transmis une expérience de foi vécue dans leur propre vie ; ils ont pu ainsi trouver les mots dans un langage qui puisse rejoindre le cœur de ceux qui les écoutaient. Annoncer le Christ ressuscité à nos frères, cela suppose que nous soyons d’abord à l’écoute des attentes de leur propre cœur, comme Jésus a su le faire sur la route d’Emmaüs. Autour de nous, des hommes et des femmes attendent, cherchent, espèrent, et doutent : comment peuvent-ils imaginer que la foi qui nous anime peut répondre à leurs questions si nous n’allons pas les rejoindre sur leur propre chemin ? Il ne suffit pas pour cela que nous habitions les mêmes immeubles, que nous fréquentions les mêmes commerces, que nous participions aux mêmes loisirs ou que nous partagions le même travail. C’est à nous de faire discrètement ce premier pas, comme Jésus savait le faire… Que l’Esprit Saint nous y aide !

Orientations : Osons quitter nos repères habituels, nous laissant rejoindre dans nos peurs par le Christ qui vient vers nous comme Il est venu vers les disciples d’Emmaüs : il nous donnera l’audace d’être les témoins débordant de joie de notre rencontre avec Lui.



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