Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

4 e Dimanche C Avent 23 décembre 2018

Mi 5, 1-4a ; H 10, 5-10 ; Lc 1, 39-45

La joie du partage
Nous voici tout proches de Noël ! Les textes de la liturgie orientent désormais tous nos regards sur les événements qui entourent de près la naissance de Jésus. Le texte de la Visitation de Marie à Elisabeth est offert à notre méditation (le deuxième « mystère joyeux » du Rosaire !). Méditons plus spécialement sur l’attitude de Marie dès qu’elle a pris conscience qu’elle portait en elle le Fils de Dieu. Elle ne peut garder sa joie pour elle et part en hâte visiter Elisabeth ; déjà avertie par l’ange, elle constate que, pour elle comme pour sa cousine,  rien n’est impossible à Dieu. En entendant le salut de Marie l’enfant tressaille dans le sein d’Elisabeth : c’est le premier des nombreux moments où Jean-Baptiste a annoncé la présence de Jésus. La joie envahit les deux femmes, répercutant celle qu’éprouvait mystérieusement l’enfant dans le sein d’Elisabeth. Nous-mêmes, dans l’Eucharistie, nous sommes appelés par l’Esprit Saint à recevoir en nous Celui que Marie a porté en elle. Nous serons alors conduits à porter cette Bonne Nouvelle en toute hâte à notre prochain, afin que tous exultent de joie en voyant que le Seigneur est venu habiter en eux.

La joie de la confiance
Elisabeth a bien discerné que Marie, qui vient de traverser la montagne, est dans sa vie la plus intime sur le même chemin qu’Abraham, ce grand pèlerin de la foi : elle est partie toute confiante vers un pays qu’elle ne connaît pas encore : le Royaume que son fils va construire ! La joie de Marie n’a pas été celle d’un enthousiasme facile comme le sont parfois les nôtres. Son bonheur a été le fruit de la confiance, de  l’obéissance de la foi  (pour reprendre une expression de St. Jean Paul II). Un oui, n’est jamais une chose anodine, il ne peut se dire dans la légèreté. Marie, en disant le sien, s’était rendue compte qu’il était plein d’enjeux graves et inattendus. Toute l’histoire d’amour entre Dieu et son peuple avait été loin d’être un long fleuve tranquille. Marie, familière de l’Ecriture, pouvait pressentir que son Fils, envoyé par Dieu, risquerait d’être rejeté comme l’avaient été tous les prophètes. Lorsque plus tard Marie se retrouvera au calvaire, elle découvrira cet aboutissement dramatique de son oui : au pied de la Croix elle se souviendra des promesses de l’Ange. Celui-ci ne lui avait-il pas dit : il sera grand et son règne n’aura pas de fin ? Et pourtant tout semblait s’arrêter, aboutir à un échec. Mais là encore, au pied de la Croix, Marie continuera à dire son oui, et en cela elle deviendra mère de tous les croyants, mère de l’Eglise. Elisabeth a bien discerné jusqu’où pouvait aller le oui de Marie et c’est donc pourquoi elle a dit : bienheureuse toi qui as cru ». Bienheureuse toi qui t’es engagée dans le chemin à la fois heureux et douloureux de la foi. Un jour quelqu’un dira à Jésus, parlant de sa mère, heureux le sein qui t’a porté ; mais Jésus répondra : heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent . Par cette réponse Jésus a voulu souligner, de la même façon qu’Elisabeth, le bonheur propre de Marie. Celui d’avoir engagé le présent aussi bien que l’avenir dans une obéissance, une confiance totale, quoi qu’il en soit : la confiance de la foi ; qui est aussi celle d’une véritable liberté.

Les « oui » que nous avons à dire.
Ce chemin ouvert par le oui de Marie est important pour nous car il est aussi la clef de notre bonheur, ce bonheur que nous nous apprêtons à vivre à Noël. Car au jour de Noël nous allons répondre d’une manière ou d’une autre à une visite ou une invitation de Jésus. Il frappera à notre porte comme bien des fois dans notre vie où nous avons eu à dire oui ou non. Il y a eu jadis le oui de notre baptême, que nous avons d’ailleurs renouvelé aux grandes étapes de notre vie chrétienne. Avons-nous laissé ce oui grandir vraiment ? Peut-être aurons-nous à demander à Marie, en regardant la crèche, de nous apprendre à redire ce oui, même si notre cœur n’est encore qu’une pauvre étable, mal préparée pour l’accueillir. Il y a eu aussi d’autres oui importants comme celui prononcé par beaucoup devant Dieu le jour du mariage. Ce oui était porteur d’une promesse de bonheur dans le don mutuel, dans l’éducation des enfants et l’ouverture aux autres.  Notre oui a pu rencontrer de différentes façons l’épreuve de la Croix. Pouvons-nous dire alors avec Marie : bienheureux sommes-nous d’avoir cru, d’avoir maintenu la confiance. Et plus notre vie avancera, plus nous aurons encore d’autres oui à prononcer, fondamentaux : devant la maladie, la souffrance et au dernier instant, celui de la mort. Nos oui font alors l’expérience de la pauvreté, de l’abandon, car ils sont portés par la grâce de Dieu et l’aide de Marie. Peu à peu notre vie s’ouvrira vers son accomplissement

Orientation : Au jour de Noël, nous aurons déjà la joie d’aller en hâte vers tous ceux que nous aimons, comme Marie allant chez Elisabeth, pour nous dire la joie de voir le Seigneur qui se prépare à naître en nous, dans l’Eglise et dans le monde, dès lors que nous lui aurons dit oui  ! Comme Marie auprès d’Elisabeth soyons à l’approche de Noël les relais de cette joie qui, de proche en proche, va embraser le monde entier.


Page précédente           Accueil site           Sommaire Paroles pour prier