Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

4 e dimanche ordinaire C - 3 février 2019 - se laisser déranger

Jr 1, 4-5. 17-19 ;1 COR 12,31-13,13 ; Lc 4, 21-30

Scandale à Nazareth
Jésus, à Nazareth, venait d’annoncer qu’en lui s’accomplissait la prophétie d’Isaïe : les signes qu’il faisait étaient bien ceux qui devaient marquer la venue du Messie. Aujourd’hui nous voyons que les auditeurs de Jésus se sont alors scandalisés : un enfant du village pouvait-il se dire l’élu de Dieu pour sauver le peuple ? Que lui est-il arrivé pour dire des choses pareilles ? Il n’est que le fils de Joseph, il a donc perdu la tête, ou bien c’est un imposteur ! Et pourquoi d’ailleurs a-t-il commencé à faire ailleurs, chez les païens et non pas ici, les signes étonnants dont on parle ? C’est ainsi qu’après avoir acclamé Jésus ses concitoyens le menacent.
La petite communauté de Nazareth symbolise toutes nos communautés humaines, même « bien pensantes » comme on dit. On se méfie toujours de ceux qui veulent prendre la parole sans avoir un label officiel. Comment le fils de Joseph, artisan du bâtiment, pourrait-il rivaliser avec des docteurs diplômés ? Et pourtant cela a été l’humble choix de Dieu : se faire fils d’un charpentier pour nous parler.

Le message des petits
Il y a autour de nous beaucoup de personnes dont nous croyons un peu vite avoir « fait le tour » : savons-nous les regarder, les écouter ; et si le Seigneur voulait nous parler aussi par eux ? Parfois des gens très simples nous confient au détour d’une rencontre ou d’un événement inattendu, nous font entrevoir en eux une présence divine qui nous questionne. Comme  ce SDF de Marseille avouant simplement que chaque soir avant de s’endormir dans la rue, il regarde vers Notre Dame de la Garde et lui fait une prière ; (mais lui il est vrai, personne ne le regarde) . Ou cette adolescente d’Haïti que l’on avait retirée des décombres quinze jours après le séisme. On lui a demandé : que faisais-tu quand cela est arrivé ? Elle a répondu simplement : j’étais en train de prier dans ma chambre». Souvent nous réduisons un malade à sa maladie, un vieillard à son grand âge, un jeune à son jeune âge, un riche ou un pauvre à sa condition sociale, un pécheur à son péché… et un voisin de quartier n’est souvent pour nous qu’un voisin de quartier !
Les gens de Nazareth étaient sans doute fermés à toute forme d’inattendu : fermés à ce que leur voisin Jésus puisse leur offrir un message inattendu : dans un village chacun doit rester à sa place !

Savoir écouter
Jésus savait très bien que les gens de Nazareth ne pouvaient pas comprendre tout de suite tout le mystère de sa personne, mais il leur reprochait de ne même pas s’interroger un peu sur ce mystère et le message qu’il apportait ; il leur a fait ainsi simplement remarquer qu’ils reproduisaient à son égard, l’attitude de leurs pères vis-à-vis de tous les prophètes du passé.
En réalité ceux qui vont comme Jésus vers les païens et les pauvres sont toujours dérangeants. Il n’y a rien qui bouscule la vie autant que d’avoir à s’intéresser aux autres, aux plus petits comme à ceux qui ne pensent pas comme nous !
Jésus compte sur nous pour continuer son action et cela peut nous déranger ; où cela va-t-il nous mener ? et combien de temps cela va-t-il durer ?

Orientation : Saint Paul, dans la 2e lecture développe avec passion  son fameux « hymne à l’amour ». Il le dit à la première personne, car il s’engage dans ses paroles : « j’aurais beau avoir tous les dons… si je n’ai pas la charité, cela ne servirait à rien» . Saint Paul savait que r la foi est une conversion permanente à l’amour, au changement du regard sur l’autre. D’où la surprise des païens quand ils constateront le comportement inhabituel des chrétiens : « voyez comme ils s’aiment ». Peut-être est-ce cela que le monde attend de nous en priorité ?



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