Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

4 e dimanche de carême – 26 mars 2017 – La joie de la vue retrouvée

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A toutes les époques de l’histoire les hommes ont traversé des moments difficiles et ont été tentés par le découragement. Cela a été le cas du peuple de Dieu qui en exil n’arrivait plus à croire en son avenir devenu trop sombre ! C’est pourquoi Dieu envoyait des prophètes pour rappeler à Israel qu’Il était là, tout près et qu’Il restait fidèle à la promesse faite à Abraham. C’est ainsi que nous avons entendu le prophète Isaïe dire fortement : « réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez avec elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle soyez dans l’allégresse, vous qui portiez le  deuil ». Ces paroles avaient pour but d’éduquer le peuple à voir les événements sous le regard de Dieu, même si apparemment tout allait mal. Les lectures de l’Ancien Testament que la liturgie nous fait entendre régulièrement nous montrent quelques-unes de ces impasses dans lesquelles le peuple de Dieu s’est trouvé, mais d’où le Seigneur l’a fait sortir de façon inattendue. Aujourd’hui par exemple nous avons évoqué le roi Saül, qui conduisait son peuple à la ruine ; et voici que le petit berger David est appelé à le remplacer. David lui-même trahira plus tard la confiance reçue, mais il changera son cœur et deviendra pour son peuple un modèle de l’espérance messianique.

Réveille-toi, ô toi qui dors !
Dans la seconde lecture, Saint Paul rappelle aux chrétiens d’Ephèse qu’ils doivent être vraiment pleins de joie par la lumière reçue depuis leur baptême : « autrefois vous étiez dans les ténèbres. Maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ». En effet les chrétiens ont avec eux une assurance toute particulière, même au milieu des persécutions, car ils peuvent compter sur la lumière du Christ, s’ils acceptent de ne pas pactiser avec les ténèbres. Et St Paul encourage ses nouveaux convertis d’Ephèse en leur disant : « Réveille-toi ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera  » : ils verront combien ils seront devenus ouverts « à la bonté à la justice et à la vérité ». . Et de plus le chrétien à qui le Christ a donné la lumière aura aussi la joie de voir le visage des autres s’éclairer par le témoignage de sa foi.

Voyons-nous vraiment ?
Faisons bien attention, il peut nous arriver de réagir comme les pharisiens et penser de telle ou telle personne «  sa vie est une vie de péché, en quoi viendrait-elle nous faire la leçon » ? Il arrive en tout cas que des gens dont la vie était d’abord dans l’incohérence et des obscurités de toutes sortes, reçoivent une grâce qui illumine leur vie : et ceux qui ont ainsi retrouvé la vue ont beaucoup de choses à nous dire, si toutefois nous ne les avons pas enfermés définitivement dans nos jugements méprisants. Il y a tellement de gens dans le monde qui croient tout savoir des autres en pensant comme les pharisiens : « nous savons », mais en pensant ainsi on devient soi-même aveugle ! Nous pouvons noter que les parents de l’aveugle n’ont pas voulu se compromettre en reconnaissant qu’il avait été ainsi depuis sa naissance : cette lâcheté est malheureusement un comportement fréquent : défendre quelqu’un devant ceux qui l’accusent ou l’agressent présente toujours un certain risque, par contre la « non-assistance » condamnera toujours notre conscience.
Jésus, lui, n’a jamais refusé de se compromettre auprès des pécheurs en allant dîner chez eux ou en défendant la femme adultère que l’on voulait lapider. A tous, simplement, il vient proposer sa lumière et il ne le fait jamais de façon agressive : c’est une lumière douce bien que très exigeante. Il a laissé l’aveugle suivre un chemin intérieur, lui permettant de retrouver la vue comme si elle venait de lui-même : il a senti que Jésus mettait de la boue sur ses yeux et est allé les laver à la piscine. C’est seulement sur la route du retour qu’il a retrouvé la vue (comme certains miraculés de Lourdes, une fois rentrés chez eux).
En fait cet homme s’est mis en route vers la lumière, en se laissant guider par le Seigneur ; ce qui est beau, c’est qu’il a obéi, sans rien voir encore. Peut-être que le chemin suivi par cet aveugle peut nous guider pendant ce carême : le Seigneur veut nous guérir de nos infirmités et nous donner sa lumière ; laissons-nous guider par Lui, même si nous ne voyons pas tout, tout de suite. En effet, la vraie lumière à recevoir, elle est d’abord dans la confiance et la foi.


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