Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

4e dimanche de Pâques B – 22 avril 2018. Le Bon Pasteur.

La porte de l’enclos
Le cadre de cet évangile est facile à imaginer : un enclos, des brebis, un berger… Au temps de Jésus le parc à brebis était souvent un carré dessiné par des murets de pierres ou une protection de ronces et avec, bien sûr, une porte unique…
À partir de ces quelques éléments tout simples, presque banals, Jésus nous propose un enseignement vigoureux sur la relation de confiance qui est au cœur de la foi ; c’est la parabole du « bon pasteur ».
Il n'est pas question tout d'abord du berger, mais de la porte : une porte ordinaire ne suffit pas pour protéger les brebis. Celui qui a le droit de franchir la porte peut entrer mais s’il n’est intéressé que par son salaire, il sentira tout de suite que les brebis, instinctivement, n’ont pas confiance : elles ne vont pas vers celui qui ne cherche pas vraiment à les connaître et prendre soin d’elles. De plus, il fuira face au danger, laissant les brebis sans défense.
Seul un vrai berger sait appeler chaque brebis par son nom, celui qu'il lui a donné ; il les soigne puis les fera sortir, en marchant à leur tête, pour les conduire en les protégeant vers les meilleurs pâturages, là où il sait trouver l’herbe tendre.

Une image « pastorale »
Jésus aimait souvent, dans son enseignement, employer l’image bien connue des brebis, dans leur relation avec le pasteur ; et nous parlons toujours de « pastorale » quand il s’agit de guider les fidèles dans la foi. Rappelons-nous la parabole si parlante de la brebis égarée et retrouvée . Au moment du dernier repas avec ses disciples, le Jeudi Saint, le Maître leur a révélé :  Je suis le chemin, la vérité, la vie ; nul ne va au Père que par moi ; les disciples ont commencé alors à comprendre tout le sens de la parabole qu’il leur avait enseignée peu avant la Cène et où il leur avait dit :   je suis le bon pasteur  . Jésus s’apprêtait alors à passer cette « heure » où il allait donner sa vie pour ses brebis, pour nous ! En quittant la Cène, sur le chemin de Gethsémani, Jésus reprendra la même image : en citant le prophète Zacharie (13,7), il dira à ses disciples Tous, vous allez tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées. Mais, une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée . Il faudra attendre la Pentecôte pour que les disciples comprennent pleinement le sens de ces paroles et s’engagent eux-mêmes à devenir de vrais bergers, à la suite du Christ.
Face au danger, Jésus n’a pas fui comme un mercenaire. Il est mort en accomplissant sa mission de Pasteur ; mais sa mort aura été une victoire : il rassemblera désormais ses brebis, un instant dispersées par le chagrin et le doute.

Etre « pasteurs » aujourd’hui
Le prêtre, qui a pour mission d’accompagner et de conduire la communauté des fidèles, est appelé à juste titre leur « pasteur », mais il cherche à s’effacer devant le Christ, le seul vrai Pasteur : c’est cela qui peut le mettre en confiance, plus que son statut de berger. Tous d’ailleurs, prêtres, laïcs, parents, éducateurs ont un rôle élargi de « pasteurs », au sens évangélique car des « brebis » leur sont confiées. Quoi qu’il en soit de leurs statuts ils attirent vers la foi s’ils sont eux-mêmes à la fois des passionnés du Christ et des bergers attentifs à la façon dont l’Esprit travaille dans le cœur de chacun. Aussi chacun doit-il se demander : est-ce que je cherche à tourner ceux qui me sont confiés vers le Christ plus que vers moi-même ? C’est une question apparemment simple, mais il est si facile de ne pas se la poser ! Comment aussi éviter d’être un mercenaire qui se dérobe par peur, face aux questions sur la foi ou les critiques contre l’Eglise !

Etre des « brebis » aujourd’hui
Comme nous sommes tous aussi des brebis, la première question à nous poser est de nous demander : quelles voix j’entends de préférence ?  ;  comment entendre au fond de moi la voix du Berger qui m’appelle à « sortir » par la bonne porte… ?. Celui qui m’appelle n’a pas la voix des gens blasés et tristes qui disent si facilement « il est trop tard pour tout ». Jésus, sur la croix, aurait pu se dire :  maintenant il est devenu trop tard pour bâtir mon royaume  et pourtant c’était l’heure où le royaume prenait à travers lui tout son élan !

Orientations : C’est à une nouvelle liberté de relation avec Lui que le Christ Pasteur m’invite aujourd’hui. Il nous invite tous ensemble pendant cette eucharistie à sortir avec lui pour l'aventure de la foi et de l'espérance, et pour le risque du témoignage avec  « la douce joie d’évangélise ».



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