Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

5 e dimanche ordinaire. 10 février

Is 6,1-2a.3-8 ; 1 Co 15, 1-11 ; Lc 5, 1-11

Trois appels
Les 3 lectures de ce jour nous montrent comment 3 de nos ancêtres dans la foi ont vécu les débuts de leur vocation et de leur mission. Il s’agit du prophète Isaïe, de Saint Paul, et de Saint Pierre. Ils ont tous été saisis par Dieu dans leur vie quotidienne… Isaïe était en prière dans le temple ; Saint Paul était en route vers Damas… Pierre enfin exerçait son métier difficile de pêcheur. Dieu vient souvent surprendre à l’improviste ; ce
« moment de Dieu » peut nous arriver au cœur de notre prière, de nos projets, de notre métier : tout est entre ses mains ! Quelle que soit l’occasion où Dieu nous rencontre et nous appelle, les étapes se ressemblent.

Présence de Dieu
Il y a tout d’abord la surprise d’une présence de Dieu dans notre vie : c’est lui qui prend l’initiative de se rapprocher de nous, comme Jésus venant sur le bord du lac où Pierre s’affaire dans sa barque ; ou bien comme Paul, surpris par le Christ ressuscité au moment où il est en route pour persécuter les chrétiens. La conversion ou l’appel ne viennent pas de raisonnements abstraits, d’un choc émotif préalable, ni même habituellement d’un événement extraordinaire ; elle est le fruit d’un chemin où la grâce a rejoint notre disponibilité, même sans nous en rendre compte et même malgré nos premières résistances .

Le don de « crainte  »
Il y a aussi la prise de conscience de notre petitesse, du pécheur que nous sommes mais aussi de l’enfant qui dort en nous ; ainsi Isaïe disant : Malheur à moi car je suis un homme aux lèvres impures . Pierre, dans la barque dit : Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur , et Paul : Je ne suis pas digne Seigneur d'être appelé apôtre, puisque j'ai persécuté l'Eglise de Dieu. Ces moments sont une expérience d’accueil du don de la « crainte de Dieu » : cette grâce nous fait entrer dans un immense respect de la grandeur de Dieu et du mystère de la foi, avec la prise de conscience de notre incapacité radicale d'être à sa hauteur. Accueillir ce don de crainte n’a rien à voir avec le sentiment de culpabilité, celui d’avoir perdu à la suite de quelque erreur la belle image que nous avions de nous-mêmes. Disons que ce don de crainte est plutôt une découverte du vrai sens du péché : celui-ci est révélation de l’amour que Dieu a pour nous, éveil du désir d’éviter tout ce qui ternirait cet amour.

Confiance
Parce que Isaïe, Pierre et Paul, ont pris conscience devant Dieu de leur pauvreté et de leur condition de pécheurs, le Seigneur a pu leur confier une grande mission. Pour cette mission, ils ne se sont pas appuyés sur leurs seules forces, mais ils ont tout misé sur Dieu. Saint Paul dira : Je peux tout en Celui qui me rend fort. L’amour qui vient de Dieu libère et donne une force insoupçonnée : nous voyons cela en lisant la vie des saints : ce ne sont pas des surhommes, mais ils ont marché en confiance devant Dieu.

La pêche miraculeuse
Tout cela, nous pouvons le découvrir dans le récit de la pêche miraculeuse et de l’appel de Pierre au bord du lac de Génésareth. Jésus commence par demander à Pierre de mettre sa barque à sa disposition pour qu’il puisse avoir le recul suffisant pour parler aux foules et les enseigner. Pierre accepte de  
s’écarter un peu du rivage   : en cela, il accepte de prendre déjà le recul dont il aura besoin bientôt pour répondre à un autre appel. Le Seigneur, de même, procède par étapes pour nous appeler à le suivre : il prépare ainsi notre coeur. Jésus demande alors de jeter les filets, malgré l’échec de la pêche lors de la nuit précédente : c’est ici qu’intervient l’accueil de cette grâce de confiance qui va marquer toute la vocation de Pierre, malgré ses erreurs. Pierre dit à Jésus : sur ta parole, je vais jeter les filets . Seul le Christ, aujourd’hui encore, peut nous donner – dans la force de l’Esprit – d’oser notre vie à sa suite et d’oser la mission, quels que soient nos échecs.
Quand Pierre, constatant la pêche miraculeuse, prend conscience du geste de Jésus envers lui et envers ses compagnons, il tombe à genoux, saisi de crainte : il en est ainsi dans toute la bible dès lors que Dieu manifeste sa présence. Rappelons-nous la crainte de Moïse qui se trouve devant Dieu…

Orientation :
Quand Dieu se manifeste, Il ajoute toujours  « ne crains pas »  et nous manifeste à la fois sa tendresse et sa confiance : Jésus va associer Pierre à sa Mission ; et il le fait aussi pour nous. Pierre, avec ses compagnons qui suivent aussitôt Jésus avec lui, vont entrer dans un chemin de grande proximité avec Jésus et donc avec Dieu : quel itinéraire de vie pour tous ceux qui se laissent rencontrer par le Christ et osent leur vie à sa suite !



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