Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas


5 e dimanche de carême : 2 avril 2017 ! La Résurrection de Lazare

Le « signe » de Lazare.
La résurrection de Lazare et un signe que Jésus a voulu poser pour Lazare et ses amies de Béthanie ; mais c’est aussi un signe qu’il a posé pour annoncer sa propre mort et sa résurrection, et la nôtre, commencée dès le baptême.
Le récit de la résurrection de Lazare est celui d’un face-à- face dramatique entre le Seigneur de la Vie, l’Envoyé du Père, Jésus-Christ, et le prince de la mort ; entre la Vie et la mort ; un face-à- face qui se déroule au moment où le complot décisif se prépare pour que Jésus soit mis à mort sur la Croix. La source véritable du conflit est que les pharisiens ne veulent pas reconnaître en Jésus l’action de Dieu et ils restent totalement imperméables à son message.
A cause des menaces qui pèsent sur Jésus, les disciples veulent le dissuader d’aller en Judée ; mais Jésus dit : «  Lazare est mort, allons auprès de lui »…  Il sait l’immense risque qu’il prend par son amitié pour ses amis de Béthanie, et nous le savons, par son amour pour nous. (Toute vraie amitié comporte des risques, surtout dans les moments difficiles !) Jésus accepte librement, avec courage, la perspective de sa propre mort, mais il reste maître de tout ce qui pourra lui arriver : «  ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne  ! » dira-t-il.
Les disciples sont gagnés par le courage de Jésus, ils acceptent de partir avec le maître «  Allons et mourons avec lui »  (et pourtant, dans quelques jours, lors de son arrestation, paralysés par leur peur, ils vont le laisser seul ). Ainsi vont nos enthousiasmes passagers : «  l’esprit est prompt mais la chair est faible  ». Jésus, lui, sait qu’il ne triomphera de la mort qu’en y descendant avec nous, et sa volonté est de ne jamais laisser aucun homme seul devant la souffrance et la mort. Pour Jésus, Le vrai danger n’est pas celui qu’envisagent les disciples  : il est celui de ne pas reconnaître la lumière apportée par Jésus pendant cette «  journée de travail  » où il était avec nous.

Le désarroi et la foi de Marthe.
Jésus arrivant à Béthanie, Marie vient vers lui telle qu’elle est : face à l’angoisse, elle a besoin de bouger, d’exprimer son désarroi, et même sa désillusion (et celle des amis de Jésus) ; mais elle compte sur lui, sur sa présence et sa prière …" Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu Il te le donnera » dit-elle . La tension intérieure entre la raison et la foi, qui s'accroche à l'idée que " rien n'est impossible à Dieu  ». Nous vivons aussi dans le parcours de notre foi, des tensions et des contradictions. J ésus ouvre à Marthe une porte inattendue : elle est plus qu’une simple "consolation" ; c’est un  enseignement, une révélation fondamentale. Jésus élève Marthe à un niveau supérieur de foi. Certes les juifs croyaient en la résurrection, mais Jésus va plus loin : « celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. ; et tout homme qui croit en moi ne mourra jamais » . St Paul redira cela plus tard de bien des façons : sur nous la mort n’a plus aucun pouvoir. Vivre avec le christ : c'est entrer en contact dès maintenant avec la Vie éternelle. La résurrection des corps au dernier jour ne fera que consommer le don de la vie éternelle accordée dès aujourd'hui, par le baptême, au croyant. Et Marthe, saisie par la grâce, éclairée par l’Esprit, dit «  je crois  » et non plus seulement : « je sais  ». Au moment de la résurrection de Lazare, Marie accueillera avec ses larmes cette promesse de la foi : elle va être amenée à faire la même découverte de la foi en Jésus que Marthe. Pour elle comme pour Marthe, le miracle du retour à la vie de Lazare sera donc avant tout le « signe » de la résurrection plus profonde dont Jésus a « parlé » à Marthe.
Jésus, en arrivant au tombeau, a pleuré et prié : Jésus pleure face à toute mort, celle de Lazare, la sienne, la nôtre… Les assistants ont dit comme il l’aimait »... Mais il y avait aussi ceux qui se moquaient, comme ils le feront bientôt au pied de la Croix en pensant sans doute en eux-mêmes : «  celui qui a ouvert les yeux à un aveugle n’a pas été capable d‘empêcher son ami de mourir  ». Ne nous laissons pas troubler pour autant par ceux qui ne comprennent pas Voyons plutôt l’importance de la prière de Jésus au moment de la mort de Lazare, de toute mort : Jésus élève alors les yeux avec nous vers le Père. " Des profondeurs j'ai crié vers toi Seigneur ". Une prière qui n’a rien de désespéré mais qui est avant tout action de grâces : « Père je savais bien que tu m’exauces toujours ».

Viens dehors :
La pierre qui scelle tout tombeau, comme celui de Lazare ou bientôt celui de Jésus, semble être l’obstacle définitif : mais le Christ est là, et pour tout homme en son tombeau il va dire au jour voulu : « enlevez la pierre  ». Plus encore, Jésus dit à son ami : «  Lazare, viens dehors, sors !" . Nous pouvons penser à ces paroles annoncées par le prophète Ezéchiel : «  je vais ouvrir vos tombeaux  ». Ces paroles, le Christ nous les dit au moment de notre mort, et même dès celui de notre baptême : nous sommes bien loin de la réincarnation ! Pendant ce temps de carême, laissons le Seigneur nous appeler à «  venir dehors ». Pensons aussi que tous nos êtres chers qui sont morts, sont seulement - pour reprendre une expression chers aux premiers chrétiens - des « endormis » : tous attendent la parole du Seigneur leur disant avec St Paul : «  réveille-toi, oh toi qui dors »  : des profondeurs je crie vers toi Seigneur. Augmente ma foi.


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