Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

5e dimanche de Pâques - 29 avril 2018 : je suis la vigne


Sans moi, vous ne pouvez rien faire 
Des incroyants pourraient nous dire que sans adhérer au Christ beaucoup de gens font du bien  et  portent du frui… parfois même plus que des chrétiens ! Effectivement, l’Ancien testament voyait déjà la Sagesse divine à l’œuvre en tout homme de bonne volonté : dans ses relatons humaines comme dans sa façon de collaborer à la Création par son travail…
Toutefois, il est vrai que sans l’aide de la grâce de Dieu l’humanité a bien du mal à user durablement de sa liberté et elle détruit facilement l’œuvre de Dieu en chacun aussi bien que dans la création. Il y a entre nous une sorte de solidarité dans le mal : nos refus d’aimer, qui se manifestent de multiples façons, agissent comme un virus qui se propage petit à petit dans une vigne. Jadis, lorsque les vignes du midi ont été contaminées, la seule solution a été d’avoir des souches saines et résistantes qui ont régénéré les sarments  : cette image peut nous aider à comprendre comment Dieu a envoyé son Fils pour guérir notre humanité à sa racine et même pour l’irriguer de sa propre vie. En prenant sur lui le virus mortel de nos péchés il nous en a guéris, à condition bien sûr que notre liberté l’accepte : d’où l’expression « sans moi vous ne pouvez rien faire ».

Demeurer dans le Christ
Nous pouvons tous poser individuellement des gestes bons ou avoir entre nous de belles initiatives de solidarité, mais seul le Christ peut guérir en profondeur notre humanité. Nous savons qu’il l’a fait en mourant pour nous sur la croix, en étant porteur d’un amour tellement grand infini qu’il ne pouvait provenir que de sa source divine. Un jour tous les hommes pourront dire au Christ en le découvrant face à face, cette phrase de St Augustin : tu étais là, et je ne te connaissais pas. Nous découvrirons combien le Christ nous connaissait chacun depuis toujours et veillait sur nous depuis le plus intime de nous-mêmes. Découvrir qu’il est ainsi aimé et accompagné est la plus grande joie et la plus grande force qui puisse être donnée à un homme, s’il l’accepte.
La parabole de la vigne est en cela très saisissante : elle nous montre que si nous « demeurons » dans le Christ, source de toute vie, nous porterons beaucoup de fruits. A l’inverse, nous pouvons, en nous coupant de la sève de la parole vivante du Christ, végéter ou ressembler à des feuilles desséchées vite emportées par le vent.
La foi, irriguée par la grâce, nous fait accéder à la liberté la plus haute qui soit : car l’Esprit Saint agissant en nous, nous aide à dire « oui » à Dieu et « non » au mal qui nous détruit. Par la foi nous sortons de la nuit pour nous diriger en pleine lumière. Nous qui parfois sommes inquiets et même paralysés par le poids de nos fautes au point d’avoir peur de Dieu, nous découvrons que la justice propre à Dieu est sa miséricorde : sans cesse Il nous propose de nous rendre à notre liberté.

Dieu, plus grand que notre coeur
C’est dans ce contexte que nous sommes invités à méditer aujourd’hui le beau texte de la lettre de St Jean : il nous aide à comprendre que s’il nous arrive par notre faute et nos inconsciences d’avoir un cœur qui se rétrécit et se replie sur lui-même, nous pouvons garder notre confiance et nous relever. St Jean nous dit : notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. Cela veut dire que Dieu connaît le cœur humain, avec sa fragilité mais aussi sa possibilité, grâce à l’amour de Dieu de laisser transformer son cœur de pierre en un cœur de chair.
Saint Jean, dans tous ses écrits, nous propose un beau test pour savoir si nous sommes toujours un sarment plein de vie, et si nous « demeurons » vraiment dans le Christ : c’est de vérifier si nous restons capables de nous aimer les uns les autres : Voici en effet son commandement : avoir foi en Lui , et nous aimer les uns et les autres comme il nous l’a commandé. Pour cela, le Christ nous a donné son Esprit d’amour que nous nous préparons à accueillir à nouveau à la Pentecôte.

Orientations. Pendant toute cette période pascale nous avons entendu des récits des Actes des Apôtres, où nous avons admiré combien les chrétiens de l’Eglise naissante avaient leur vie transformée par la vie et l’amour reçus de l’Esprit Saint. Nous avons aussi entendu aujourd’hui comment St Paul était passé de la haine envers le Christ à la construction d’une Eglise devenant un signe de paix partout où elle se multipliait .


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