Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

6 e dimanche C - 17 février 2019 - Béatitudes

Jr 17,5- 8 ; 1 Cor 15,12, 16-20 Luc 6, 17. 20-28

Où puiser le bonheur ?
Le prophète Jérémie, comme bien d’autres prophètes, avait pour mission d’appeler ses contemporains à la vigilance : à force de se laisser vivre au gré de l’air du temps et du monde païen environnant ils risquaient de laisser se dessécher toute leur vitalité spirituelle. L’homme qui se détourne ainsi du Seigneur sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur… et il aura bientôt pour demeure une terre inhabitable. Voilà des paroles qui rejoignent bien nos préoccupations actuelles… mais aussi nos engagements pour construire des lendemains meilleurs. Jérémie nous dit en effet aussi les heureux effets des bons choix que nous saurons faire : Quand viendra la chaleur, nous serons comme un arbre planté au bord des eaux, son feuillage reste vert, et même en année de sécheresse il portera du fruit. Comment faire alors pour puiser à la bonne source du bonheur ?
Il est vrai qu’il est plus facile de décrire le malheur que le bonheur. L’expérience de bonheur est comme un grand secret qui parfois se lit seulement sur un visage, et même un visage qui souffre…Ecoutons pour cela comment l’Evangile nous parle du bonheur

De bonheur en bonheur
Toute récemment les disciples ont tout quitté pour répondre à l’appel de Jésus ; de jour en jour ils ont expérimenté bonheur d’entendre ses paroles, de le voir libérer bien gens du malheur et de vivre leur foi en sa présence. Ils auront eu aussi la joie d’être envoyés eux-mêmes pour annoncer la Bonne Nouvelle dans les villages et de la voir transformer les cœurs. Bientôt trois d’entre eux feront une expérience spirituelle profonde en voyant leur maître transfiguré sur la montagne. Et pourtant, peu après, ce sera la crucifixion, l’échec apparent de leurs espoirs de royaume : le malheur ! Et pourtant, du matin de la Résurrection du Christ-Jésus à celui de la Pentecôte un véritable et incomparable bonheur va se saisir définitivement des apôtres au rythme de la croissance du Royaume contre lequel aucune persécution ne pourra plus rien. L’expérience des béatitudes est toujours là, offerte à tous !
Nous aussi, comme les disciples de Jésus nous sommes entrés dans le chemin du bonheur du Royaume, qui pour nous se résume en « un mot » : suivre le Christ. Nous apprenons à être pauvres de lui, à avoir faim de sa parole et de son pain, à pleurer de compassion pour nos frères souffrants, à ne pas rougir de notre foi…et en cela à nous laisser aimer par le Seigneur et apprendre de Lui à aimer avec Lui. Cet amour est la source de notre bonheur. Non, ce n’est pas un bonheur triste !

Au jour le jour
Vivre avec le Christ, c’est vivre de son bonheur : de sa joie de rencontrer les petits, de voir des visages délivrés s’éclairer soudain, la joie de la délivrance éclairer les visages, de voir grandir des communautés plus humaines et plus libres. Vivre avec le Christ c’est aussi d’avoir le bonheur de prier le Père avec Lui, de Lui dire : Père, je te rends grâces d’avoir révélé ces choses aux petits. C’est aussi partager sa tristesse devant la fermeture des cœurs et du nôtre aussi. Cette tristesse est celle de ceux qui aiment, qui voient combien il est facile de passer à côté du bonheur de voir que des gens passent à côté de leur bonheur, mais elle n’est pas désespoir car habitée par l’espérance dont l’Esprit avive en nous la flamme...
Les chrétiens sont plus heureux que ceux qui les persécutent. La vie des persécuteurs et leurs régimes arrogants se sont effondrés dans une grande tristesse et un grand malheur : à ce moment-là les paroles des béatitudes prenaient un sens très particulier : Heureux vous les pauvres, car le royaume des cieux est à vous.

Orientation : Gardons en notre cœur les paroles de Jérémie et du Deutéronome : « à vous de choisir » ! A nous de choisir entre les sources illusoires du bonheur et la source qui a commencé à jaillir en nous au jour du baptême. L’argent, le pouvoir et même la santé sont fragiles et bien souvent sources d’inquiétude. Plongeons nos racines dans ce qui est source de la Vie, afin de porter du fruit même en plein désert : des fruits ayant le goût et le rayonnement de la bonté, de la compassion, et tout simplement du cœur.



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