Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

7e dimanche de Pâques – 13 mai 2018

– Garde-les du Mauvais
Rien ne va plus ?

Il nous est peut-être arrivé de penser : n otre monde est trop dur ; il ne sait plus où il va  ; Nous disons cela quand nous constatons certaines folies inexplicables, telles que la mort d’enfants dans un attentat, ou des violences, des règlements de comptes qui se passent presque sous nos yeux. Nous nous demandons aussi jusqu’où la science va nous permettre de manipuler la vie humaine : elle permet de sauver un embryon, elle peut aussi lui ôter sa chance de vivre. C’est extraordinaire de voir tout ce que l’homme découvre : le Seigneur lui a donné une intelligence pour cela, mais arriverons-nous à nous contrôler et même à sauver notre planète ? J’aime voir Jésus, au milieu de ses disciples pendant la Cène, et levant les yeux vers le ciel, demandant à son Père de nous protéger de toutes nos dérives. Jésus ne demande pas pour nous une assistance nous laissant passifs : il veut que nous recevions la grâce de devenir des témoins ; aussi, il dit à son Père  : je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les garder du Mauvais ; sanctifie-les . Le « Mauvais », c’est aussi tout ce qui dans le cœur des hommes les empêche de construire le monde que Dieu leur a donné mission d’achever.
Ce monde que Dieu aime est travaillé comme toujours par des forces de refus, d’inconscience, de manque de maîtrise de soi et surtout d’amour : ces forces négatives ont d’abord leur source dans notre cœur ; elles sont entretenues mystérieusement et habilement par l’esprit du mal : C’est donc pour en triompher que le Père peut nous garder et nous sanctifier.

La thérapie de Dieu.

Le Père nous garde, non pas en nous rendant étrangers à notre monde, mais en nous fortifiant intérieurement, par son Esprit. Le Christ veut arracher ses disciples à la contagion des maladies de l’âme ou des manques d’amour de ce monde : non pas pour partir en guerre contre le monde, ce qui serait redoubler le mal, mais pour le sauver par la « thérapie » de sa Parole vécue, par l’annonce de son Evangile. On parle beaucoup aujourd’hui de méthodes de thérapie : parfois, elles soignent assez bien les effets de nos maladies ou leurs causes immédiates. L’Evangile va plus au cœur : il guérit notre être au plus profond de lui-même.
Le Seigneur nous guérit en nous sanctifiant, en nous «  consacrant » dans la Vérité  : c'est-à-dire qu'Il nous met à part en nous rendant proches de Lui, source de la vie ; il nous donne d’être en même temps, en son nom, au service de la guérison de ce monde. Dieu, en vrai Père, nous a donc offert  le  chemin, le remède, c’est Jésus lui-même. Lui qui jadis guérissait tous ceux qui venaient à lui continue de nous sauver sans cesse de la mort. Un petit livre publié récemment, s’intitulait « Jésus médecin des corps et médecin des âmes » ; Il nous offre de participer à son œuvre ; Il nous envoie nous-mêmes dans le monde pour la continuer. Jésus, dans sa prière, dit à son Père : «  de même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde  ». Et il ajoute : Je leur ai fait don de ta Parole . En sachant que les résistances du monde à la Parole du Christ deviendront antagonismes envers ses disciples. Jésus a annoncé à ses disciples qu’il les envoyait aussi au milieu des loups.

Non à l’esprit mondain

Mais avant de montrer les autres du doigt, et de désigner les loups, demandons-nous si les chrétiens, nous-mêmes, nous ne sommes pas tentés de devenir complices du mal ou d’un monde qui s’éloigne de Dieu : nous avons bien souvent des comportements peu conformes à l’Evangile. Il n’est pas facile en effet, comme dit souvent le pape François, d’éviter d’avoir un esprit mondain, c’est-à-dire aligné sur ce que tout le monde pense.
Au-delà de toutes les recherches de fausses tranquillités, de nos amours-propres, de tous les cloisonnements égoïstes, il s'agit de retrouver le dynamisme de notre baptême : replaçons notre existence dans la vérité de Dieu ; remettons-nous en chemin avec la hâte des voyageurs, avec la joie de ceux qui ont trouvé le trésor et la perle.

Des signes qui ne trompent pas

Le premier signe que nous donnerons à Dieu de notre harmonie avec Lui sera notre union fraternelle, notre volonté d’être en son nom des acteurs d’unité et de réconciliation en tous domaines. Tout désir d'influence personnelle ou de groupe cédera pour nous le pas devant l'objectif fixé par Jésus lui-même: parvenir à l'unité parfaite et la « communion ». Consacrés par le baptême, nous sommes appelés à être un comme sont un le Père et le Fils.
Le second signe sera que nous deviendrons ainsi, petit à petit, porteurs d’une vraie « parole » pour le monde : ainsi, dit Jésus dans sa prière à son Père , le monde croira que tu m'as envoyé . Oui, le monde, à ses heures d'angoisse ou de désespoir, sera invité par nos attitudes concrètes et nos humbles témoignages à constater que le salut lui est offert. Il commencera à deviner que Dieu nous a tous aimés d'un amour inimaginable, et qu'il nous aime encore comme il a aimé son propre Fils.


Orientations : Ne fuyons pas notre monde, car le monde ici c’est tout homme en soif d’amour et de vérité. Prions pour ce monde, engageon- nous en son cœur en nous gardant du mal et en y étant d’humbles témoins de la présence du Christ ressuscité : Il est venu rassembler ses enfants dispersés.


Page précédente           Accueil site           Sommaire Paroles pour prier