Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

L'Assomption de Marie 15 août 2018 : Magnificat !

Pâque de l’été 
Jésus ressuscité a pris dans ses bras sa maman dès l’instant où elle s’endormait dans la mort : c’est une conviction que nous ont transmis les premiers chrétiens. Cette fête de Marie nous rappelle ainsi que notre corps est appelé à participer à la vie éternelle, même si nous ne sommes pas comme elle sans péché ; c’est donc une grande joie pour nous de savoir que le corps de l’homme n’est pas un obstacle à sa rencontre avec Dieu. Nous restons donc avec Marie dans la lumière de Pâques : depuis la résurrection de Jésus nos corps sont associés à sa propre résurrection.

La chair et le corps
Saint Paul nous dit aujourd’hui que ce qui nous détourne de Dieu, ce n’est pas le corps mais plutôt ce qu’il appelle la  « chair » : la chair c’est toute notre personne défaillante, qui n’a pas su trouver son unité, qui a méprisé et abandonné son corps, se refusant à élever ses désirs.
Marie, par contre, a toujours vécu la belle unité du corps et de l’âme, car du plus profond d’elle-même elle est « la femme qui a dit oui ». Au moment de l’Annonciation, le « oui » de Marie » a permis au corps de Marie de devenir le temple du Sauveur ; au pied de la Croix, la mère de Jésus a souffert intensément, corps et âme ensemble, car elle a continué à dire oui, mais elle est devenue alors mère de l’Eglise, « corps mystique du Christ » : elle a été la première à devenir avec nous membre de son Corps.

Le combat de l’apocalypse <
Le grand combat de la vie n’est pas celui du corps qui s’opposerait à nous, mais bien celui de l’esprit du mal, nous invitant au repli sur nous-mêmes, au refus de l’amour de Dieu. L’esprit du mal s’est toujours acharné contre tous ceux qui disaient oui à Dieu : contre Jésus bien sûr dès sa naissance, contre Marie, qui est la mère et le symbole de l’Eglise, contre chacun d’entre nous. Cet esprit du Mal a cherché à détruire l’Eglise dès sa naissance et en ce sens le texte de l’Apocalypse de ce jour était très parlant pour les premiers chrétiens qui reconnaissaient facilement l’empire romain qui s’acharnait contre eux ! Parfois, le Mal agit frontalement dans de grandes persécutions ; ou bien il agit sournoisement par personnes interposées, ou en cherchant à mettre notre corps de son côté ou à égarer notre esprit ou notre cœur. L’apocalypse le compare à un dragon : un de ces animaux imaginaires d’autrefois, qui n’avaient pas encore été domestiqués dans les jeux vidéos (à moins qu’ils n’y deviennent plus dangereux encore). Nous savons que ce dragon est toujours là à nous menacer.
Le Père Hamel, au moment de son assassinat, avait reconnu son visage, non pas dans celui du terroriste qui était en train de le tuer, mais dans celui qui avait armé sa main ; et il l’a nommé : Satan !

Le Magnificat
Le Magnificat de Marie est le plus beau chant de victoire et d’allégresse qui a jamais été composé : Grâce à son Fils les riches et les puissants que nous sommes se refont un cœur de pauvres. Ce chant du Magnificat avait été interdit dans un pays d’Amérique latine : en effet, chantant la libération des pauvres, il était apparu comme trop subversif. En réalité, si le Seigneur renverse les puissants de leur suffisance, ce n’est pas pour les écraser mais pour les sortir d’une détresse que souvent ils n’osaient pas s’avouer, celle de ne plus croire que l’amour et le don soient possibles.

Orientations. Marie nous invite à vivre cette Bonne Nouvelle comme elle l’a vécue : dans une vie toute simple, parce que prête à tout instant à dire oui à Dieu « corps et âme ». Et elle nous dit aujourd’hui : « faites tout ce qu’il vous dira », vous le rejoindrez dès maintenant avec moi dans le Royaume.



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