Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Le Baptême de Jésus année C - 13 janvier 2019,

Is 40, 1-5. 9-11 ; Tt2, 11-14 ; 3, 4-7 ; Lc 3, 15-16 ; 21-22 

Le Fils bien-aimé
Avec la fête du baptême du Seigneur nous voici à la fin du Temps de Noël. Jésus est devenu adulte et il va commencer sa mission. A ce moment-là, tous les regards étaient tournés vers Jean-Baptiste qui enseignait et baptisait au bord du Jourdain. Beaucoup de gens venaient voir le prophète par curiosité, mais d’autres, touchés par sa parole, désiraient se convertir et se faisaient baptiser. Lorsque Jean-Baptiste voit Jésus s’approcher de lui, il se trouble : il pressent déjà que Jésus est l’envoyé de Dieu et il le connaît assez pour ne voir en lui aucun besoin de conversion. Pourquoi Jésus vient-il demander le baptême de pénitence comme tous ceux qui viennent voir Jean-Baptiste ? Dans un premier temps Jean tente de dissuader Jésus, mais celui-ci insiste. Il n’y a aucune raison pour que Jésus fasse ce geste, sinon de montrer sa solidarité avec les pécheurs.
C’est alors, au moment où Jésus descend dans l’eau, qu’il se produit quelque chose de grandiose : les cieux se déchirent et on entend la voix du Père qui retentit dans le ciel en annonçant : Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie  . Autrement dit, notre Père des cieux approuve pleinement ce geste de solidarité de son Fils qui, en descendant dans le Jourdain, se fait solidaire des pécheurs que nous sommes. Jusqu’à la Croix Jésus va descendre vers le fleuve qui nous entraîne vers la mort, afin de nous en libérer et de nous donner sa vie. N’est-ce pas pour cela que le Père, dans son amour pour nous, a envoyé son Fils revêtir notre humanité ? Dieu a tellement aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique ! La joie de Dieu, c’est bien de voir l’homme debout !

Création renouvelée
A cet instant l’Esprit Saint apparaît sous la forme d’une colombe, qui se tient au-dessus du Fils. Cette image nous fait penser naturellement à celle de la Genèse, où l’Esprit plane au- dessus du tumulte des eaux et du monde : avec Jésus descendant dans le Jourdain, c’est la nouvelle Création qui commence, et déjà l’Esprit est à l’œuvre en Jésus venant pour nous sauver. C‘est bien toute la Trinité qui s‘engage à nous introduire dans la joie de Dieu. Nous aurions envie de dire : qui sommes-nous pour que Dieu s’engage ainsi à notre égard, et pour qu’Il tienne tellement à nous ?
Arrêtons-nous un instant sur ce rôle de l’Esprit Saint, si présent auprès du Peuple de Dieu depuis des siècles et qui par les prophètes avait préparé la venue du Messie («  il a parlé par les prophètes » , disons-nous dans le credo).

La consolation annoncée
C’est l’Esprit encore qui, aujourd’hui, ouvre nos cœurs lorsque nous écoutons la Parole de Dieu et nous la fait comprendre de façon de plus en plus profonde. Ainsi, tout à l’heure, nous avons pu goûter les paroles d’Isaïe annonçant que Dieu venait consoler son peuple et nous invitant à « préparer les chemins du Seigneur  ».

Jésus conduit par l’Esprit
Puis, lorsque nous ouvrons l’Evangile, nous voyons l’Esprit faisant de chacune des actions de Jésus la révélation de la présence du Père en chaque geste de sa vie. L’Esprit conduit Jésus au désert puis en Galilée où il commence sa mission de proclamer le Royaume de Dieu. Un jour, Jésus dira : je dois recevoir un baptême, et comme j’ai hâte qu’il soit accompli   : le baptême dont il parle alors est celui de la croix, dont le baptême dans le Jourdain n’était que le symbole. A ce moment-là Jésus révélera de façon définitive sa solidarité absolue avec ces pauvres pécheurs que nous sommes. Cela à tel point que Saint Paul osera dire : « Dieu l’a pour nous identifié au péché » (2 Cor 5,21). Oui, lors de sa mort, Jésus est descendu au plus profond des eaux du mal pour ressusciter avec nous et nous faire échapper au torrent du péché. La mort et la résurrection de Jésus sont en quelque sorte le chef d’œuvre de l’Esprit Saint ! Nous savons aussi que le baptême de Jésus est le modèle de notre propre baptême. Avec le Christ nous sommes descendus dans les eaux de la mort et nous avons été purifiés de nos péchés. Avec lui nous sommes sortis des eaux et le Père nous a dit comme à Jésus  : «   tu es mon bien-aimé , en toi je trouve ma joie » .

Orientation : Cette fête du baptême de Jésus est donc un vrai jour de fête en nous rappelant notre propre naissance de fils de Dieu par le baptême. Puis, en participant à la célébration de l’Eucharistie, nous allons découvrir encore combien les paroles « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » sont liées au baptême, au sacrifice de Jésus pour nous sauver. Puis « par Lui, avec Lui et en Lui » nous pourrons tous ensemble adresser au Père la prière qu’il nous a transmise, le « Notre Père ». Demandons au Seigneur qu’en recevant l’Eucharistie des « fleuves d’eau vive jaillissent » de notre cœur.



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