Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Mercredi des Cendres – 1er mars 2017.

La montée vers Pâques :
Nous avons coutume de dire que le temps de carême est le début de la montée vers Pâques, de même que pour Jésus les étapes de sa Passion l’ont conduit à la Résurrection, le sommet de notre foi. Aujourd’hui, le geste symbolique des cendres va nous aider à brûler ce qui pèse dans nos vies pour que notre montée vers Pâques devienne de plus en plus légère. Nous allons entendre ces paroles : « Convertissez-vous et croyez en l’Evangile », afin que le feu de l’amour de Dieu consume nos péchés, notre besoin de nous faire remarquer, notre plaisir d’être félicités, admirés, notre goût de nous mettre au-dessus des autres…

Temps de tristesse ?
L’Evangile de ce jour nous demande d’être joyeux, c’est-à-dire de ne pas laisser apparaître que nous faisons des efforts ou que nous jeûnons. Le pape François, lors d’un rencontre de prêtres à Rome , pour le jour des Cendres, leur avait cependant recommandé de réapprendre à pleurer : en effet, en n’étant plus tournés sur-nous-mêmes et notre  paraître, nous devenons plus sensibles aux souffrances des autres. « Pleurer, cela nous fera du bien », disait le Pape tout en posant la question : «Est-ce que je pleure? Le Pape pleure-t-il? Les cardinaux pleurent-ils? Les évêques pleurent-ils? Les personnes consacrées et les prêtres pleurent-ils ? Les baptisés pleurent-il ? Les pleurs sont-ils présents dans nos prières?». Pour François, en effet, les pleurs révèlent le visage authentique de l’homme, au-delà des gestes hypocrites accomplis pour répondre aux «prescriptions attaquées par la rouille du formalisme». C’est bien ce que dit l’évangile en se référant aux gestes traditionnels de pénitence : l’aumône, la prière, le jeûne, qui au cours du temps avaient fini par se transformer en un signe de supériorité sociale. Cette tentation est toujours actuelle, car « les hypocrites ne savent pas pleurer, ils ont oublié comment on pleure » dit le pape. En revanche, en cette année de la miséricorde, nous avons tous besoin du pardon du Seigneur, qui nous invite à revenir à Lui avec un cœur nouveau, purifié du mal purifié par des larmes qui deviennent alors des larmes de joie, en voyant comment le Seigneur nous réconcilie entre nous et avec lui. Cela fait penser au moment à ce moment où le grand Pascal a décrit sa conversion :  : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants, Dieu de JésusChrist. Ton Dieu sera mon Dieu, Père juste, le monde ne t’a point connu, mais je t’ai connu : Joie, joie, joie, pleurs de joie. Jésus-Christ, que je n’en sois jamais séparé ! » . Retrouvons cette joie en redécouvrant trouvant durant ce Carême le sens du pardon, de l’aumône, de la prière et du jeûne :

Le pardon :
Rien ne peut nous donner plus de joie que de faire l’expérience de la réconciliation ; avec Dieu, avec nous-mêmes, aves nos frères, surtout les plus pauvres. Sachons pendant ce carême trouver le geste qui va rétablir la confiance, en nous remettant en cause nous-mêmes. Commençons aussi par le début : cette réconciliation avec nous-mêmes et avec Dieu qui s’achèvera dans le sacrement qui porte si bien son nom.

L’aumône.
L’aumône :est une des meilleures façons de pratiquer la justice, car elle va plus loin que de donner une petite pièce en passant ; c’est une attitude habituelle qui doit pendre place en nous : celle d’être attentifs à ceux qui souffrent autour de nous, à pleurer de leurs souffrances, avec la volonté de nous engager durablement – et discrètement - à leur égard (un peu comme l’a fait le bon Samaritain). Cette attitude fera que Dieu nous pardonnera facilement nos erreurs car elle manifestera un véritable retournement de notre cœur.

Une prière renouvelée.
Bien entendu, la grande résolution à prendre est aussi de nous remettre vraiment à la prière. Il ne s’agit pas pour autant d’être des fétichistes d’une prière mesurée à la quantité de formules que nous disons. Ayons une prière plus profonde, unie à la prière du Christ rendant gloire à son Père et communiant à sa volonté de sauver tous les hommes. Laissons le Seigneur nous aimer tels que nous sommes et demandons-Lui ce qu’Il attend de nous. Il est important aussi que nous apprenions à prier en disant « nous » et non pas  uniquement « je » : c’est ainsi par exemple que nos participations aux liturgies, à la messe, deviendront pour nous des moments intenses de communion. E soit réduit à une simple hygiène de vie

Un jeûne « souriant » : Le jeûne a souvent perdu son importance pour nous, à moins qu’il ne soit réduit à une simple hygiène de vie. Pourquoi ne pas vivre de vrais moments de jeûne pour expérimenter un peu la vraie faim de ceux qui n’ont rien pour se nourrir ? Nous le savons aussi : il y a bien des manières de nous priver de toutes sortes de superflus qui nous paraissent trop vite indispensables et de tant d’habitudes qui ne sont pas bonnes ni pour ni pour notre entourage… Le carême est donc un moment de libération, à la mesure des pratiques réelles que nous mettons en place, et en dehors de tout formalisme et de tout désir de nous mettre en valeur : c’est d’abord un temps de travail sur nous, en tout domaine et en faisant d’abord confiance au Seigneur qui seul peut nous aider à sortir vraiment de nous-mêmes.


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