Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Dimanche 24 Novembre 2019 - année C - Le Christ, Roi de l’Univers

2 S 5, 1-3 ; Col 1, 12-20 ; Lc 23, 35-43

Le berger attendu
Depuis toujours le Seigneur a voulu rassembler autour de Lui ses enfants dispersés. Pour faciliter l’unité de tous et accompagner chacun à son rythme, Il s’est choisi des bergers qui soient de vrais veilleurs et des accompagnateurs attentifs. L’histoire a d’Israel a montré que la catastrophe de l’Exil était due en grande partie au manque de vigilance des pasteurs qui avaient eu davantage le soin d’eux-mêmes que des brebis. C’est ainsi que le prophète Ezéchiel, devant le constat de la faiblesse récurrente des responsables, annonce que désormais Dieu allait lui-même conduire le troupeau et guider ses pas, en ayant une attention particulière envers les plus fragiles. Dieu, devenu le berger idéal, prendra les traits de Jésus ; chaque brebis pourra s’identifier à Lui et pourra chanter avec le psaume 22 :  le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien.

En Lui nous recevons la vie
Le berger annoncé par Ezéchiel est mieux que le meilleur des pasteurs possibles : Il est  l’unique vrai pasteur, car dans sa propre mort, nous dit Saint Paul, il a surmonté notre propre mort et le péché qui nous entrainait vers la dispersion et la dissolution. Le peuple se rassemble dans ce Royaume nouveau qui est le sien et dont Il est le roi et où Il nous fait bénéficier de sa vie divine : nous sommes ainsi en marche vers ce royaume qui sera achevé lorsque la mort aura été définitivement terrassée : Dieu sera alors tout en tous conclue Saint Paul.

Le jour du jugement
En écoutant l’évangile d’aujourd’hui nous avons peut-être pensé que cette lecture était difficile à relier avec les paroles de miséricorde que nous sommes habitués à entendre dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. En réalité nous savons que Jésus n’est pas venu pour nous faire peur mais pour nous sauver de nous-mêmes : Il nous rappelle simplement que chaque acte de notre vie nous oriente vers Lui ou nous en détourne… un peu ou beaucoup ! En nous, il y a à la fois le bon grain et l’ivraie, la brebis et le bouc, il y a de la terre bien travaillée ou laissée à l’abandon, il y a le juste et le candidat au malheur. En un mot, le bien et le mal se partagent la place en nous. Nous avons de bons anges gardiens, mais il y a toujours autour quelques malins démons qui cherchent à squatter notre belle maison, de telle sorte qu’il pourrait même nous arriver de ne plus pouvoir rentrer chez nous ! (il y a une belle parabole de Jésus à ce sujet Mt. 12, 43-45). Devant le constat de nos fragilités faut-il se décourager ? Les paroles de Jésus nous ouvrent en fait un chemin d’espérance facile et enthousiasmant : il suffit d’apprendre à aimer comme Lui nous a aimés et continue de le faire.

Seul l’amour est vrai
Avec le Notre Père, le Seigneur nous a appris à dire que ton règne vienne. En cela Il nous a invités à espérer le Royaume de tout notre être et à en devenir les acteurs. Le signe qui domine dans ce royaume est celui de la Croix ; celle-ci cependant n’a rien à voir avec les souffrances que font souvent subir les puissants à leurs sujets, sans consentement de leur part. Le règne de Dieu ne s’impose pas d’en haut, car le Christ sur la Croix s’identifie par amour aux plus pauvres auxquels il veut tout donner. Accueillant cet amour nous découvrirons combien le Seigneur nous comble, jour après jour. Nous pourrons alors chanter avec lui, je ne manque de rien… si je traverse les ravins de la morts, je ne crains aucun mal » sachant aussi que notre plus grande espérance est d’ habiter la maison du Seigneur pour la durée de nos jours , donc dès maintenant.
L’évangile de ce jour ne cherche pas à mettre le doigt sur nos lâchetés et nos misères mais plutôt à mettre en lumière tous les actes d’amour qui nous font vivre et vont nous permettre de nous identifier au Seigneur. Nous faisons partie d’un peuple de pauvres et le Royaume est offert à ceux qui viennent les uns vers les autres en frères, quelle que soit leur condition sociale, leur origine et même leur religion : c’est ainsi qu’un jour des hommes venant de toutes les nations, seront étonnés d’être reconnus par le Christ, comme s’ils l’avaient connu depuis toujours.
Ainsi, en travaillant là où nous sommes pour qu’il y ait plus de fraternité dans les gestes les plus anodins et les moins visibles de notre vie, nous rendons présente la tendresse de Dieu envers les plus petits qui sont nos frères : et même si cela par moment peut nous en coûter, ce sera la plus grande source de notre bonheur.

Orientations :
La seule façon de devenir de vrais acteurs du Royaume est de reconnaître le Christ lui-même en tout homme qu’il met sur notre chemin. En sachant toutefois que les malades, les prisonniers, les exclus sont souvent moins à la portée immédiate de notre vue. Peut-être même avons-nous à découvrir, dans notre monde où tout devient « virtuel » que le moindre de nos gestes peut avoir une répercussion de l’autre côté de la planète : répercussion de souffrances s’il participe à notre égoïsme, semence de bonheur s’il est vécu en frère.


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