Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Epiphanie - 7 janvier 2018.
Un « rendez-vous »


Pendant la nuit de Noël, Saint Luc nous avait fait arriver à la crèche avec les bergers ; Saint Matthieu aujourd’hui nous fait venir adorer l’enfant avec les mages. Ces savants du monde païen, habitués à consulter les astres, étaient sans le savoir, de vrais chercheurs de Dieu ; venus de loin, ils avaient pris la route un peu comme Abraham, en faisant confiance à un appel, un « rendez-vous », qui finalement venait du plus profond d’eux-mêmes. En quittant leurs pays et leurs habitudes, et dans le silence de leur cœur, les mages s’étaient rendus libres pour trouver Dieu, ou plutôt pour se laisser trouver par Lui…On pourrait presque leur appliquer la phrase de Saint Augustin  entendant le Seigneur lui dire : tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé.

Le trésor trouvé
Ces mages païens, au moment où l’étoile n’était plus là pour éclairer leur chemin, se sont adressés à ceux qui leur paraissaient les plus aptes à les aider. Bien des païens en recherche s’adressent encore à nous avec la même confiance pour trouver le Christ. Savons-nous toujours les aider ? Les théologiens de Jérusalem ont pressenti que ce roi des juifs, dont leurs visiteurs parlaient, était peut-être l’étoile de Jacob, le Messie attendu par tous, et si c’est le Messie, ont-ils dit sans hésiter, il doit naître à Bethléem. Ces savants avaient la réponse ; malheureusement, ils ne l’ont pas laissée descendre jusque dans leur propre cœur. Ce seront donc des mages païens qui seront guidés jusqu’à Bethléem par la lumière de l’Ecriture… Dès le début de son Evangile, Saint Matthieu nous fait ainsi partager une réalité qui va parcourir tout l’évangile : tout d’abord une nouvelle joyeuse adressée à tous les hommes : il n’y a pas désormais de frontières pour la foi et tous les païens pourront avoir accès au salut. La nouvelle plus triste, c’est que des croyants, des responsables de la foi en particulier, endormis dans leurs certitudes, n’auront pas vu les signes de la venue du Seigneur dans leur temps ; souhaitons que ce ne soit pas notre cas ! Le Seigneur en effet est en train de naître aussi dans notre monde d’aujourd’hui.

Les mages sont donc repartis seuls, mais l’évangile nous dit qu’ils ont repris leur marche  avec une très grande joie : cette joie, la « joie de l’évangile » qu’ils découvrent, nous fait penser à la parabole de Jésus : celle de l’homme qui a trouvé dans son champ le trésor du royaume des cieux, ou à celle des femmes apprenant de l’Ange la Résurrection de Jésus. La paix et la joie sont toujours le grand critère de l’authenticité de notre foi. Chers amis, nous participons tous à ce savoir, à cette joie de la foi, même quand  des nuages semblent faire disparaître l’étoile.

Nous pouvons noter en passant que les Mages (dont la tradition a fait des rois) ont fait ensemble la route de l’aventure de la foi. Entre eux la méfiance ne semble pas de règle : ce n’est pas la cour d’Hérode ! La tradition nous décrit ces hommes venant de peuples différents, chacun ayant la couleur et la sensibilité de sa culture. En cela les mages représentent tous ceux qui à travers le monde, avec la richesse de leurs différences, seront bientôt appelés à se rassembler dans le Christ et dans son Eglise. C’est ainsi que l’arrivée joyeuse des mages à Bethleem sera considérée comme la première fête missionnaire ; le Sauveur se manifestant déjà à tous : l’Epiphanie.

Adoration
Le récit évangélique poursuit : ils virent l’enfant avec Marie sa mère . Quelle surprise de se trouver dans une grotte, devant un enfant qui n’avait apparemment rien d’un roi. Et pourtant  se prosternant, ils lui rendirent hommage. Heureux bouleversement de toute foi, faisant entrer dans un monde totalement nouveau et pourtant plus réel que le réel ! Les mages ont compris tout de suite : ils ont trouvé Celui qu’ils cherchaient au plus profond d’eux-mêmes, sans le savoir. Des convertis nous le disent encore aujourd’hui : un jour ils ont reconnu le Christ, presque sans étonnement, comme s’ils l’attendaient depuis toujours. Les cadeaux des mages à la crèche symbolisent les trésors apportés depuis l’au-delà des mers, et dont parlait le prophète Isaïe. Les Pères de l’Eglise trouveront un sens à chaque don offert : par l’encens, les mages honorent Dieu présent en Jésus ; par l’or, ils honorent le roi ; et par la myrrhe, ils honorent déjà sa mort future. Mais on peut surtout penser à cet apport des différentes cultures qui va faire bientôt la beauté de l’Eglise : quelle richesse ! En même temps, arrivant devant la crèche, ces rois se sont surtout découverts pauvres… Ici, l’émerveillement devient adoration. L’adoration est le premier cadeau fait au Seigneur  disait Jean Paul II aux jeunes des JMJ… Puis les mages sont rentrés par un autre chemin par peur d’Hérode. Lorsqu’il nous arrive aussi de rencontrer vraiment le Christ, il est difficile de ne pas chercher à prendre d’autres chemins dans notre vie.

Orientations :
En ce jour de l’Epiphanie, Seigneur, aide-nous à repartir avec les mages vers notre vie quotidienne, le cœur plein de joie ; aide-nous à redonner espérance autour de nous à ceux qui ne voient comment sortir de leur nuit et où trouver « l’étoile » qui les attend.


Page précédente           Accueil site           Sommaire Paroles pour prier