Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

3 juin 2018 – Saint Sacrement : Alliance à l’autre

La première lecture de cette messe du Saint Sacrement nous rappelle l’Alliance qui avait été signée entre Dieu et le Peuple d’Israel au cours de l’Exode : une nouveauté absolue était instaurée dans la façon de voir les rapports entre Dieu et les hommes ; désormais Dieu ne pouvait être perçu comme indifférent ou lointain et Il devenait l’interlocuteur direct de l’homme, plein de sollicitude pour lui. Les termes de l’Alliance montrent que si Dieu se rapproche des hommes pour leur parler et les écouter, il n’y a pas pour autant de nivellement : chacun reste ce qu’il est dans la bonne distance qui va garantir la richesse des échanges. Le rituel évoqué par le texte, en étant souvent répété, sera un moyen de transmettre l’Alliance de générations en générations et de ne pas l’oublier. Dans l’Ecriture nous voyons que le Peuple de Dieu a souvent négligé ou trahi ce lien unique que Dieu avait établi avec lui, les prophètes lui rappelant souvent combien il perdait en cela !
Il a fallu toute la tendresse et la miséricorde de Dieu pour que sa Parole ne soit plus seulement traduite dans un texte mais en son propre Fils revêtant notre humanité : nous nous trouverons alors dans la Nouvelle Alliance, qui sera scellée par le sacrifice, le don d’amour incroyable de la Croix. L’Eucharistie, rendant présent ce geste sauveur est nommée, à juste titre au moment de la consécration, le signe de l’Alliance éternelle. Le texte de la lettre aux Hébreux nous montre bien comment le Christ, sur la croix, est le grand prêtre qui désormais accomplit à la fois le rite et l’offrande : Il est lui-même le lien entre Dieu et l’humanité. Quelle libération pour nous, dans le combat que nous menons contre nos infidélités, de savoir que nous avons un parfait médiateur auprès du Père !

Une alliance universelle
En instituant l’Eucharistie Jésus a dit à ses disciples que son sang était librement donné pour la multitude, c’est-à-dire pour tous les hommes, ceux qui se disent ses amis comme ceux qui croient être ses ennemis, et cela jusqu’à la fin du monde ; ce jour-là, dit-il, « je le boirai avec vous dans le royaume de Dieu. En ce sens le repas eucharistique préfigure déjà le repas messianique : dans ce festin, qui sera une grande action de grâces, sera célébrée la libération définitive du monde et de sa fragilité. Jésus a tenu parole : Il est la Parole vivante et active qui, à travers l’Eglise, conduit vers le Père tous les membres de son Corps mystique en le rendant toujours plus vivant et saint. Pour cela le Christ est particulièrement présent dans le sacrement de son corps et de son sang et en célébrant cette fête nous prenons tout particulièrement conscience de tout ce dont nous comble l’Eucharistie : tout d’abord nous voyons à chaque messe que le Verbe de Dieu continue à s’incarner et à venir pour rester au milieu de nous ; ensuite, ce sacrement est une vraie nourriture qui augmente en nous la vraie vie, celle de 1a vie éternelle ; enfin, il nous donne à voir dans le pain et le vin consacrés celui-là même que les apôtres ont vu vivre auprès d’eux et revenir ressuscité. Si nous sommes croyants, c’est-à-dire saisis par l’amour de Dieu, ce sacrement est le plus grand des signes car il nous met en communion avec Jésus lui-même, tout en resserrant la communion entre les membres de son Corps mystique représenté par la communauté qui célèbre. Nous avons donc à rendre grâce pour ce don par lequel grandissent en nous toutes les grâces de notre baptême : notre corps de fils de Dieu va passer de l’enfance à sa maturité dans la foi.

Par Lui, avec Lui et en Lui !
Comme elle est grande cette proximité qui nous introduit dans la vie de Dieu lui-même et nous permet de rendre gloire en toute simplicité et confiance au Père  par le Christ, avec Lui, et en Lui, et dans l’unité du Saint Esprit . Quelle religion oserait dire ces mots  qui expriment notre liberté d’enfants de Dieu ? Et dans le même temps, nous nous rapprochons les uns des autres, car nous devenons ensemble le Corps du Christ.

Réflexion
 : L’Eucharistie est un élément indispensable et toujours nouveau de notre relation avec le Seigneur, et c’est pourquoi il est normal que nous en ayons faim et qu’elle soit toujours pour nous une fête. Elle est aussi la fête du Saint Sacrement, la « fête Dieu », car elle nous permet de manifester au Seigneur toute notre adoration pour ce qu’Il est en Lui et pour nous ; c’est la fête de sa grandeur, de son amour et de sa proximité. C’est notre fête aussi bien que la sienne.



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