Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Immaculée Conception : 8 décembre 2017.

Celle qui a dit « oui »

Ce qui compte pour nous en la fête de l’Immaculée Conception de Marie, c’est qu’il y a eu dans l’histoire une représentante de notre humanité totalement disponible pour Dieu, vierge de toute complaisance avec le mal, le péché ; une femme qui au moment voulu a sur dire « oui », avec toute sa liberté. Marie a mis toute sa confiance en son créateur et libérateur, acceptant dans un abandon aimant une vocation à la fois extraordinaire et douloureuse : merci Marie de nous avoir ouvert ce chemin.

C’est un fait que toute notre existence est marquée par une contradiction fondamentale : nous sentons monter du plus profond de nous-mêmes le désir de rencontrer Dieu et de dire oui à ses appels et à son amour ; et dans un même temps, nous découvrons en nous comme un instinct de refus, nous complaisant dans ce refus aux multiples formes : c’est le mystère du péché originel.

Le bouleversant en même temps, c’est que Dieu, de son côté, n’a jamais cessé de faire pleinement confiance à notre humanité ; jusqu’à s’en remettre entre les mains des hommes, tout d’abord dans le ventre d’une femme, dépendant d’elle pour sa survie... Un poète disait : «  Dieu n’a pas eu de mère, il a voulu avoir une mère en Marie ; et en cela il a été pleinement humain ». Plus tard Jésus sera livré à nous sur la croix, afin de nous faire naître à la vie. En Jésus le Fils de Dieu n’a pas craint de « s’anéantir lui-même », comme le dit St Paul pour nous redonner la capacité et l’envie d’aimer.

La première en chemin

Merci Marie de nous avoir donné un Dieu pleinement humain et d’avoir été la première d’entre nous à être à la fois du côté de la terre et du côté du ciel ; si tu n’avais pas accepté, sans très bien comprendre, le dessein de Dieu sur toi, comment imaginer notre salut autrement ? Un salut prévu de toute éternité certes, mais qui dépendait de ton acte libre, avec toutes les conséquences de ce oui.

Devant ce mystère, nous avons à remercier Dieu, à le louer de nous avoir faits et recréés dans le Christ à son image, grâce à Marie ; car Il nous a choisis nous aussi dès avant la création du monde, pour que nous soyons saints dans l’amour sous son regard, comme Marie, pour devenir des fils en Jésus-Christ.

Ceux qui ont chanté Marie 

Avec Claudel, nous pourrions dire : Je n’ai rien à offrir, je n’ai rien à demander. Je viens seulement, Mère, pour vous regarder. Avec Péguy, nous pourrions dire notre louange  à celle qui est infiniment jeune, parce qu’aussi elle est infiniment mère ; à celle qui est Marie parce qu’elle est pleine de grâce  parce qu’elle est avec nous, et qui est avec nous parce que le Seigneur est avec elle ; Avec Francis Jammes ou même  avec Georges Brassens , nous aimerions dire : Par tous les horizons qui crucifient le monde, en Syrie ou en Irak ; par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe, je vous salue Marie . Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains ; par le malade que l´on opère et qui geint et par le juste mis au rang des assassins, je vous salue, Marie. Par la mère apprenant que son fils est guéri ; par le pardon reçu et l´amour redonné ; par le mendiant retrouvant sa monnaie : je vous salue, Marie.

Il vient vers nous

En cette fête, à quelques jours de Noël, rappelons-nous que ce n’est pas nous qui en premier avons cherché Dieu : souvent devant Dieu, l’homme est paralysé de peur et de honte ; Il a la nostalgie de Dieu, mais il est comme incapable par lui-même de revenir. C’est Dieu qui vient vers nous. On le voit dans la parabole de l’enfant prodigue. Le Père se précipite vers l’enfant. On le voit avec le fils aîné de cette même parabole. Le Père sort de la maison pour venir chercher le fils. C’est encore le Père qui nous envoie son Fils et donne à Marie la grâce de dire oui, ce oui d’où naîtra Jésus, notre Sauveur.

Orientation : Marie, par son humilité, a su accueillir sans réserve le don de Dieu et accepter la gratuité de son amour. L’humilité n’est pas de se sentir médiocre ou de se croire inférieur aux autres. L’humilité, c’est se laisser aimer, se réjouir du don de Dieu. Il a penché son regard sur son humble servante : Marie, fais-nous entrer dans le chemin de ton oui.




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