Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

(12 DIM B) - 24 juin 2018 – Nativité de Saint Jean-Baptiste 

Une naissance surprenante
La naissance de Jean Baptiste a été célébrée dans son village comme une très heureuse surprise : une vieille femme jusque-là stérile venait d’avoir un bébé magnifique ! Aussi , dans la maison d'Élisabeth tout le monde est venu rendre grâces pour cet événement extraordinaire : imaginons une vraie fête de la musique, de façon bien orientale ! Chacun voulait voir l'enfant, féliciter le vieux couple ; et les plus clairvoyants, se souvenant des Écritures, se disaient : vraiment, rien n'arrête le Seigneur, que ce soit la vieillesse ou la stérilité. Il y avait cependant une ombre au tableau : le papa, était muré depuis un peu plus de 9 mois dans son silence ! Nous en connaissons les raisons : Zacharie avait douté de la puissance de Dieu quand l’ange lui avait annoncé la naissance surprenante d’un enfant qui de plus aurait un avenir encore plus inattendu ! Zacharie, perplexe, avait demandé un « signe », mais avait été tout aussi inattendu : c’était le silence : punition peut-être, mais surtout grâce lui permettant de prendre le temps de passer du doute à la foi ! Aussi, Zacharie, au moment de la naissance de Jean et à la surprise de tous, a-t-il pu annoncer que l’enfant ne s’appellerait pas Zacharie comme lui, mais Jean, c’est-à-dire « Dieu a fait grâce ». Tout le monde est alors reparti chez soi avec le cœur illuminé de cette bonne nouvelle : Dieu s’apprêtait à venir visiter son peuple, comme les prophètes l’avaient annoncé.

Bonne nouvelle pour aujourd’hui
Le silence de Zacharie pourrait nous renvoyer à une expérience de l’Eglise d’aujourd’hui : beaucoup de chrétiens étaient devenus silencieux pour exprimer leur foi ; comme Zacharie, comme les contemporains de Jésus, comme Thomas, ils cherchaient des signes pour sortir de leurs doutes. Mais voici qu’aujourd’hui, après un long moment de silence beaucoup éprouvent le besoin d’être de vrais témoins de leur foi et de l’annoncer : ne serait-ce pas qu’ils ont retrouvé dans un autre silence, celui de la prière, la lumière qu’ils cherchaient à tâtons : la foi en effet, ainsi que le courage d’en être témoin, est d’abord un don de Dieu. Mais lorsque la foi renaît dans notre vie quelle joie est la nôtre de partager cette bonne nouvelle : le Christ, le Seigneur venu parmi nous est le seul nom auquel les hommes peuvent s’appuyer pour être sauvés
Aimer à nouveau, partager sa foi ce n’est pas faire du prosélytisme : c’est un besoin qui jaillit du cœur, d’une longue intériorisation et non des mots que l’on se contenterait de répéter : c’est, comme Zacharie, comprendre enfin la beauté de la Bonne Nouvelle qui nous a été confiée.

Donner un nom
Dans l’Ecriture, le nom donné par Dieu à une personne est toujours important : il correspond le plus souvent à une mission reçue. Ainsi Jésus a donné à Simon le nom de Pierre, car il allait avoir pour mission d’être la pierre sur laquelle le Seigneur allait bâtir son Eglise. Dans nos familles, autrefois, donner un nom à un enfant c’était aussi une façon de dire ce que l’on souhaitait pour lui, par exemple, qu’il imite la vie du saint dont on lui donnait le nom, ou en tout cas être protégé par lui. Rappelons nous aussi, que quel que soit le prénom d’état civil, notre vrai nom est inscrit dans la main de Dieu,  tout spécialement depuis le moment de notre baptême. Nous découvrirons un jour notre nom dans l’admiration et l’action de grâces, et notre langue se déliera pour chanter la louange de Dieu, avec la façon unique qui nous est propre et qui réjouira le cour de Dieu.

La vie vient de Dieu
Pour revenir à la naissance de Jean-Baptiste nous constatons qu’elle vient à la suite de toute une suite de naissances impossibles de l’Ancienne Alliance : la naissance de Samson, celle d’Isaac, de Samuel. Et bien sûr nous pensons à la naissance de Jésus, « né de Dieu » dans le sein de Marie. Toutes ces fécondités gratuites de l’Ancien Testament ont annoncé et préfiguré cette naissance. Finalement, toutes ces naissances, et donc la nôtre aussi, nous rappellent que toute vie vient d’abord de Dieu. Nous pourrions l’oublier aujourd’hui alors que l’homme se croit totalement maître de la vie. Prenons conscience aussi de ce que à tout moment Dieu peut nous faire partager de façon purement gratuite et par amour des aspects nouveaux de sa propre Vie : porter le nom de chrétiens, ne l’oublions pas c’est « renaître » dans le Christ et être appelés par Lui à participer à sa propre mission pour le salut de tous : notre vie en cela acquiert une fécondité imprévisible. Essayons en cela de suivre Jean-Baptiste : il a été un homme selon le cœur de Dieu ; un homme juste et saint que l’on venait volontiers écouter, un homme à la parole libre qui n’a pas hésité à donner sa vie jusqu’au bout pour le Christ.

Orientations 
: Il y a quelques semaines nous fêtions la Pentecôte ; et voici qu’avec la naissance de Jean-Baptiste, nous entrons à nouveau dans un cycle qui nous oriente aussi vers la naissance de Jésus à Noël. C’est vrai : le Christ est encore « à venir ». Il n’est pas encore totalement entré dans nos vies personnelles ; et le monde tel que nous le voyons n’est pas non plus encore totalement régi par l’amour ! Jean, qui annonce par son nom la promesse de Celui qui doit venir, est donc toujours d’actualité : nous sommes ses relais.



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