Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Nativité du Seigneur (jour) mardi 25 décembre 2018


Is 52, 7-10 ; H 1, 1-6; Jn 1, 1-18,

La Parole a pris notre visage
Dieu s’est fait homme afin que l’homme devienne enfant de Dieu par la lumière de la foi : voilà le message que Saint Jean nous transmet aujourd’hui. Saint Jean, guidé par l’Esprit Saint, a voulu partir des questions des hommes de son temps pour le dire. A cette époque, grâce surtout au rayonnement de la foi juive, beaucoup commençaient à croire en l’existence d’un Dieu unique. Mais cette conviction naissante entraînait toutes sortes de questions nouvelles : par exemple comment Dieu pouvait-il s’intéresser à sa création et communiquer avec elle ? Dieu ne pouvait pas vraiment nous parler ! Le peuple Juif étonnait tout le monde en disant que Dieu nous avait vraiment parlé par les prophètes ; et il avait même fait Alliance avec Israël, se révélant plein de sagesse, d’amour et de miséricorde. Mais voici que depuis la naissance de Jésus à Bethléem cette Parole a pris un visage, celui d’un enfant ! Et depuis lors les événements, les actes, les paroles de toute la vie de Jésus l’ont révélé comme venant de Dieu ; il ne cessait  de parler de son Père des cieux, et au nom de son Père. Sa façon d’enseigner, de guérir, de pardonner les péchés, et surtout son triomphe sur la mort en ressuscitant feront que même le centurion païen qui le verra mourir s’interrogera : il est vraiment le Fils de Dieu. Jésus avait annoncé :   je suis la vie, je suis la lumière ; mon père et moi nous ne faisons qu’un . Il a fallu la Résurrection et la Pentecôte pour que cette Bonne Nouvelle apparaisse dans toute sa clarté ; une bonne nouvelle que Saint Jean, et tous les apôtres, poussés par l’Esprit, se sont mis à proclamer partout : en Jésus, la Parole de Dieu s’est faite chair ; En Jésus, depuis Noël,  Dieu est venu personnellement planter sa tente parmi nous. Oui, non seulement la sagesse, la parole, la lumière qui est en Dieu est une personne, mais cette personne a pris notre visage, le visage d’un enfant comme le visage combien humain qu’il a gardé en mourant sur la Croix. Il a appris « notre » langue, il est donc venu chez les siens, un homme parmi les hommes. Mais en mourant sur la croix il nous a introduits dans sa vie car il était vraiment le Fils de Dieu. Par lui, avec lui et en lui nous sommes devenus des enfants de Dieu ! En assumant notre propre vie, Jésus nous a donné d’entrer dans sa vie divine.

Les siens ne l’ont pas reçu
On comprend alors pourquoi Jean s’interroge devant notre peu de foi : comment se fait-il que Dieu soit venu chez les siens et que les siens ne l’aient pas reçu ? Comment se fait-il que l’amour soit si peu aimé ? Pourquoi vouloir refuser à Dieu d’être notre Père ? Pourquoi refuser à un Père d’aller jusqu’au bout de son amour, en venant partager en son Fils nos souffrances, nos pauvretés, et toute la joie qu’il veut nous donner en nous tirant des ténèbres et du désespoir ? On a l’impression en écoutant l’évangile d’aujourd’hui que saint Jean, pendant quelque instants, s’est laissé envahir par la tristesse, jusqu’au découragement, face à la dureté de notre cœur. Comme si Dieu, à travers lui, disait à nouveau :   que t’ai-je fait ô mon peuple   ?

Joie d’être devenus enfants de Dieu
Saint Jean ne termine pas sa méditation sur une note pessimiste, mais il l’achève par un grand cri de joie devant ce qui se passe maintenant sous vos yeux ;  nous avons vu sa gloire, nous à qui il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. A ce moment-là Jean semble regarder toutes les communautés chrétiennes qui se multipliaient autour de lui malgré les persécutions, malgré l’échec qui semblait inévitable pour le christianisme naissant. Jean a envie de chanter sa joie avec toutes ces communautés, habitées par la force de l’Esprit… Jean a mis ce chant au début de son évangile, comme le thème de toute la symphonie qu’il allait développer en racontant la vie de Jésus ; et il a su développer son enthousiasme auprès de ses propres disciples. Saint Irénée, évêque de Lyon, qui avait bien connu Polycarpe un disciple de Jean, écrira à un ami :  je peux te dire en quel endroit Polycarpe s’asseyait pour parler… comme il rapportait (avec enthousiasme) ses relations avec Jean et les autres qui avaient vu le Seigneur, comment il rappelait les paroles qu’il leur avait entendu dire au sujet du Seigneur, de ses miracles, de son enseignement.

Orientation : Pensons à nos propres ancêtres qui ont fêté Noël avant nous, qui nous ont transmis, par la grâce de Dieu, la joie de la foi. Ils ont vécu leur foi dans leur temps, traversant dans la fidélité les joies et les épreuves de cette foi : et Dieu sait combien celle-ci a été éprouvée à travers les âges. Mais pour eux comme pour nous, Noël est toujours resté Noël : le premier jour d’un immense bonheur, d’une naissance qui nous a fait renaître, redevenir des enfants, avec des yeux émerveillés d’enfants ouvrant ce cadeau qui leur est donné c’est-à-dire devenir dans le Christ des enfants de Dieu, et rendre gloire au père par le Christ, avec Lui et en Lui… et cela pour toujours !


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