Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Dimanche de Pâques, 1 er avril 2018. Année B. Les 3 femmes au tombeau

La démarche des amies de Jésus
Les trois femmes éplorées qui sont venues au tombeau ce dimanche matin sont encore toutes bouleversées par la mort de Jésus ; elles tiennent plus que tout à faire auprès de son corps les gestes du deuil. Or, voici que la découverte inexplicable du tombeau vide rend impossible cette ultime manifestation de leur attachement au Maître. Leur émotion est trop vive pour que naisse déjà en elle, comme ce sera le cas pour Jean, la pleine lumière de la foi. Pourtant la présence de l’ange et la mission reçue de lui les a mises déjà sur un nouveau chemin. D’abord tremblantes et hors d’elles-mêmes et se réfugiant dans le silence de la peur, elles se font cependant les premières messagères de la Résurrection. (Il peut nous arriver aussi d’être au cœur de la nuit et de l’épreuve, des témoins qui s’ignorent). Ces trois envoyées se font aussi les premières annonciatrices de l’Eglise qui va se constituer autour du Christ en Galilée !

Les événements se précipitent
A partir de ce moment, nous le savons, tout s’est précipité : Pierre et Jean arriveront, tout essoufflés : ils constateront officiellement la disparition du corps de Jésus et Jean, quant à lui, sera le premier à découvrir le sens du tombeau vide. Pierre, dans quelques années, ne cessera plus d’annoncer, auprès des juifs comme des païens (comme le centurion de Césarée) ce qui est devenu désormais le cœur de notre foi chrétienne : vous savez ce qui s’est passé : ce Jésus que tous ont connu et qui faisait le bien et guérissait partout où il passait , il a été suspendu au bois du supplice, mais Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et il s’est manifesté à de nombreux témoins et surtout à ceux qu’il avait chargés d’annoncer au peuple que Dieu l’avait désormais établi juge des vivants et des morts.

Envoyés nous aussi
Dans le soleil de la Pâque de Jésus, laissons l'Esprit Saint faire de nous, à la suite des premiers témoins de la Résurrection, des êtres nouveaux, des êtres que l’amour a rendus sans frontières, des ressuscités ! Là où règnent le désenchantement et la haine, le Christ nous apporte la vie et l’amour devenu possible : là où les hommes se déchirent, il propose la paix que rien ne pourra troubler. Comme les disciples, laissons nos cœurs battre à nouveau et hâtons-nous de partager la Bonne Nouvelle .
Ce jour est celui où le Christ ressuscité nous a ouvert la vie pour toujours. Par le baptême, cette vie nous est promise avec notre corps aussi : car notre corps, ce compagnon fidèle est appelé à suivre le Christ dans sa propre résurrection.

Chercher les réalités d’en haut
Mais peut-être allez-vous me dire : «  comment cela se fera-t-il ? St Paul nous montrera le chemin en nous disant : si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut, c’est là qu’est le Christ » St Paul nous fait alors comprendre que c’est la  fascination  des   réalités de la terre qui nous empêche de percevoir la lumière de la Résurrection du Christ. Certes cette vie nouvelle reste cachée avec le Christ en Dieu , mais c‘est un « réel plus réel » dont peuvent vraiment témoigner ceux qui se laissent peu à peu pénétrer par la lumière de leur vie de baptême : une lumière intime plus forte que toutes les expériences sensibles.
Au jour de notre résurrection nous reconnaîtrons combien la foi a été le dynamisme profond de notre vie : nous nous découvrirons alors pleinement « achevés », délivré de toutes les obscurités et pesanteurs de la « chair » , de nos difficultés à « voir », écouter et aimer. Notre corps alors transformé sera appelé  à être pleinement aimant, saisi par l’amour même du Christ ressuscité. Nos yeux verront toutes choses avec son regard ; nos oreilles n’entendront plus que des paroles qui consolent et font vivre. Nous-mêmes, nous saurons alors dire des mots qui ne blessent plus, répandant le bonheur à tous nos frères devenus pleinement membres du Corps du Christ.

Orientations : Dès le jour de notre baptême, l’accueil de la vie de Dieu a été en nous la Bonne Nouvelle que nous attendions, aussi bien pour notre cœur que pour notre corps ; laissons-nous devenir ce vers quoi tout notre être tend : des personnes appelées à un amour toujours plus grand : autrement dit, un cœur qui ne cessera jamais de battre, comme celui du Christ ressuscité.


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