Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

20 mai 2018 : Pentecôte

Convoqués par l’Esprit

Comme les apôtres au cénacle, nous voici rassemblés en ce dimanche de Pentecôte. C’est bien l’Esprit Saint qui nous a réunis en cet anniversaire de la première Pentecôte, à la fois pour accueillir en nous la grâce d’un vrai renouveau, et pour inviter chacun à participer à la mission de l’Eglise. L’Esprit Saint nous a donné comme aux apôtres le pouvoir de se faire entendre dans toutes les langues du monde : dès le premier jour l’Eglise, née pour être universelle, ne s’identifiera avec aucune culture, mais elle les assumera toutes. A travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui, il faudra que chaque peuple entende proclamer dans sa langue les merveilles de Dieu. Ceci a une traduction très concrète jusque dans notre vie quotidienne, car l’Evangile dont nous sommes porteurs doit trouver son chemin dans le cœur de chaque homme. C’est ainsi que nous devons demander à l’Esprit Saint de comprendre et de parler vraiment des langages divers : celui des enfants, que souvent nous ne prenons pas le temps d’écouter, le langage d’un mari qu’on supporte de moins en moins, d’une épouse qu’on a cessé d’entendre, des anciens murés dans leurs souvenirs, des jeunes qui n’attendent parfois qu’un signe pour faire confiance et se mettre à construire, des malades en quête d’un peu de douceur et d’amitié, de tous ceux que nous voudrions écarter car ils sont différents.

Conduits par l’Esprit

Ouvrir notre cœur, parler un autre langage, ce n’est pas si simple si l’Esprit ne vient pas à notre secours. Souvent nous manquons de liberté et de simplicité : nous vivons enchaînés à notre passé, à nos craintes, à notre agressivité : nous avons en cela à retrouver sans cesse un cœur d’enfant : les enfants n’ont pas peur de communiquer, même s’ils trouvent peu de mots pour dire ce qu’ils vivent. Nous savons que la difficulté d’entendre rend les gens muets ; c’est vrai également dans notre vie spirituelle et dans notre façon de vivre la mission. Que l’Esprit Saint travaille surtout notre aptitude à aimer, de cet amour par lequel la charité devient inventive, avec ses fruits dont l’énumération est déjà tout un programme de vie : joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi …

N’ayons pas peur : l’Esprit Saint est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes et il saura faire de nous des hommes nouveaux et des témoins de l’Evangile. Dans l’Evangile, Jésus nous dit : l’Esprit vous conduira dans la vérité toute entière ; cette vérité est celle de l’intelligence comme celle du cœur !

L’Esprit nous constitue en « famille » d’Eglise

L’Eglise est née de la Pentecôte : car le Christ ressuscité lui a communiqué sa vie. Il le fait en nous donnant son Esprit qui sera en quelque sorte l’âme de l’Eglise : il pousse alors toute la communauté à  « sortir ». Le Seigneur l’a fait en venant dans le monde ; et à devenir témoins du Christ Ressuscité et acteurs de son Royaume : Il vient et est même déjà là. Ce qui s’est produit le jour de la Pentecôte se renouvelle de différentes manières aux différentes étapes de l’histoire de l’Eglise. Le dernier Concile n’a-t-il pas été appelé une « nouvelle pentecôte » par l’enthousiasme de foi et l’ardeur missionnaire qui a soulevé la communauté chrétienne ? Et le n’ayez pas peur de St Jean Paul II ne nous a-t-il pas apporté un souffle de même que l’invitation du pape François à « sortir » des petits cénacles où nous nous
enfermons si facilement ?

Souvent une question peut troubler nos consciences : qu’est-ce que j’ai fait Seigneur de ta présence et de la Parole que tu nous a confiée pour sauver le monde ? Il y a toujours effectivement des raisons où nous pouvons nous dire que nous aurions pu être de meilleurs ouvriers de la moisson. Rappelons-nous alors la parabole des ouvriers de la vigne : aujourd’hui, à cette heure où je vis je peux toujours me mettre en toute simplicité au service du Seigneur. Je serai toujours un pauvre, et il est bon que l’expérience de la vie m’aide à prendre conscience ; mais je découvre aussi que l’Esprit Saint ne demande que ma bonne volonté et Il fera le reste. En tout état de cause, malgré nos limites, l’Esprit compte sur nous pour nous associer à la construction du Royaume. Rappelons-nous aussi que dès le début et aujourd’hui encore la vie de l’Eglise s’est présentée, comme la vie de Jésus lui-même, sous une double face : celle de la Parole qui se répand et de l’enthousiasme des foules : celle aussi des oppositions rencontrées, de la résistance du mal, et finalement le scandale de l’échec apparent de la Croix, prémisse cependant de la Résurrection. L’Esprit, en tout cela, ne cesse de nous « modeler en forme du Christ » de telle sorte que nous devenions son « icône vivante ».


Orientations : Soyons heureux de vivre au cœur du monde d’aujourd’hui comme d’humbles mais véritables relais de l’Esprit pour devenir des témoins du Christ ressuscité. Laissons-Lui la place pour qu’Il devienne de plus en plus « l’âme de notre âme » et de l’Eglise mais aussi celle du monde. Comme au jour de la Pentecôte laissons l’Esprit Saint « tomber » sur nous ! .




Page précédente           Accueil site           Sommaire Paroles pour prier