Fête
de l’Ascension : 9 Mai 2013
Grâce
aux Actes des Apôtres, nous avons les merveilleux récits
de l’Ascension et de la Pentecôte. Si les religions ont
eu l’intuition fondamentale de Dieu, la foi nous révèle
de manière plus précise le sens même de notre
destinée. Si la terre nous offre une patrie provisoire, la
foi oriente notre pèlerinage terrestre vers la Jérusalem
céleste (Ap. 21, 10-23). Le
Christ, notre Grand Prêtre, s’est élevé
dans les cieux et s’est assis à la droite du Père.
Il ne nous laisse pas orphelins et confirmez la force de l’Esprit
dont l’Eglise sera investie pour sa mission : « Vous
serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la
Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités
de la terre » (Ac.1, 8).
Quarante
jours après la Pâque, le certitude de Jésus
ressuscité prend racine dans le cœur des disciples grâce
aux apparitions que Jésus leur a accordées. Au Cénacle,
la conviction de sa présence renforce leur foi dans l’attente
de la Promesse. Car la mission est l’affaire du Saint-Esprit.
Les disciples découvrent que l’Eglise n’est pas
leur entreprise, mais bien celle de l’Esprit-Saint sans lequel
ils n’auraient jamais surmonté leur crainte.
En ouvrant
la porte du ciel, le Christ-Jésus assure l’avenir de son
Eglise : « Dans le monde, vous
aurez beaucoup à souffrir, mais ayez confiance : j’ai
vaincu le monde » (Jn. 16. ). Les
hommes pourront refuser de croire, mais voilà que les deux
témoins de Dieu, Israël et l’Eglise, leur feront
face. L’Esprit confère aux disciples cette « Onction »
(1 Jn. 4. ) grâce à laquelle ils ont la
« Connaissance »
inaltérable de Dieu.
Les
disciples vont se pénétrer du mystère du Christ
vrai Dieu et vrai homme
dont la présence garantit les Noces de la Croix. N’est-ce
pas de son côté transpercé que l’Eglise,
nouvelle Eve, est devenue l’Epouse du Nouvel Adam ? Ce
mystère est grand et nous fait déjà entrer dans
la communion divine de la Sainte Trinité. Le Mystère du
Christ est profondément présent à l’Eglise
qui n’existe que par lui. La fraction
du pain n’est-elle pas liée
à l’événement pascal jusqu’à
la fin des temps ? Israël théophore et l’Eglise
Christophore sont les Témoins d’une Présence qui
les fait exister : « Les
puissances de l’enfer ne prévaudront jamais contre »
(Mt. 16, 18).
Et nous,
aujourd’hui, depuis le Concile nous savons que l’Eglise
ne cesse de traverser les crises du monde. Jean XXIII a mis l’Eglise
en réflexion face à la mondialisation déjà
en cours. Paul VI fut le pape du choc de la postmodernité.
Jean-Paul II surgissait d’un monde totalitaire et a vécu
l’implosion d’un système asphyxié par son
athéisme. Benoît XVI, venu d’une Allemagne guérie
de douloureuses blessures, est encore un témoin vivant de
Vatican II. Le « pape
François »
s’inscrit dans cette épopée de l’Eglise qui
se poursuit sur la mer agitée de notre monde. Elle continue
d’être en butte à la violence d’un monde
matérialisé qui, cependant, sent que la présence
de l’Eglise lui est nécessaire.
Cette Eglise qui vient vers lui n’est pas une entreprise
matérielle : elle lui rappelle que « l’homme
ne se nourrit pas seulement de pain »
et que la violence n’opère pas la justice et la paix.
L’Eglise
est le lieu de l’Alliance où s’opère le
mystère de la grâce divine et de la liberté
humaine. Tout l’enjeu de l’élection du pape est
là. Le culte de la personnalité ne cadre pas avec la
nature de ce qu’est l’Eglise. Le Pape reste un humain, un
frère parmi les frères. Ceux qui l’ont élu
le font en vue de la communion, pour que l’Assemblée des
Fidèles porte au monde la Bonne Nouvelle de la
liberté des enfants de Dieu. Ainsi
l’évangélisation est la seule raison d’être
de l’Eglise, une œuvre de libération pour enfanter
des hommes et des femmes libres. Etre baptisé, c’est
s’engager à la suite du Christ pour réaliser une
œuvre de justice et de paix. Le règne de Dieu est dans
les cœurs où l’Esprit dispose les germes de la
liberté de conscience, garantie
d’avenir pour l’humanité.
« tout
homme a droit à la bonne nouvelle du salut. »