La lettre
septembre 2018 - nø 239

LETTRE MENSUELLE

de la Fraternité Spiritaine Esprit et Mission

12, rue du Père-Mazurié 94669 CHEVILLY-LARUE Cedex
fraternites.spiritaines@wanadoo.fr

 

Edito

Les prophètes, des porte-parole de Dieu auprès des hommes .

En bureau national, nous avons choisi cette année d’être attentifs au message que les prophètes nous transmettent dans la Bible. Pour bien saisir le sens de leur message, il faut se rappeler l’expérience du peuple d’Israël. A travers l’exode, il a découvert Dieu comme un Dieu qui sauve, un Dieu qui libère le peuple de l’esclavage au pays d’Egypte. C’est cette Alliance que Dieu propose à son peuple et il attend de lui une fidélité.
Ainsi les prophètes vont annoncer et redire à temps et à contretemps la Parole en référence à ce « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. » (Mt 22, 32) C’est une parole qui interroge et qui dérange, elle stimule et encourage, une parole qui donne sens à la vie du peuple d’Israël et qui révèle Dieu qui ne cesse de travailler à travers l’histoire. Nous nous situons tous dans cette longue histoire d’amour entre Dieu et les hommes. Il nous revient d’en faire une histoire sainte.
Ecouter la parole transmise par les prophètes fait de nous des témoins et des acteurs. Elle nous invite à changer nos manières d’être, de penser et de vivre, en un mot à nous convertir. Ainsi nous serons fidèles à l’alliance que Dieu a fait avec chacun d’entre nous à partir du jour de notre baptême. Nous le connaissons, mais il ne cesse de se révéler à Dieu attend de nous une réponse que nous retrouverons dans les différents itinéraires des prophètes. Ne soyons pas des étourdis comme le chantait autrefois le Père Duval : « Le Seigneur a frappé à tes volets, ami, ami, le Seigneur a frappé à tes volets, … mais toi tu dormais ! » Que l’appel du Seigneur suscite en nous ces quelques mots simples et forts qui étaient ceux d’Isaïe : « Me voici, Seigneur, envoie-moi ! » (Is 6, 8)
Emmanuel MEAUDRE

PAROLE DE DIEU : (Amos 7, 14-15)

Qui est-il ? : Amos, dont le nom signifie « porteur de fardeau », est originaire de Tékoa, vers le sud-est de Bethléhem et proche de Jérusalem, sur les collines de Juda. Il est donc originaire du royaume du Sud (Juda), mais il prêche à Samarie, capitale du royaume du Nord (Israël).
Prophète de Dieu, Amos est un berger et éleveur de bétail, d’un petit hameau de Juda. Amos est un rural. Il connaît bien l’histoire de son peuple et il se sent poussé à prophétiser au peuple d’Israël, ce qui l’amène à se mettre en marche, à bouger et à se rendre dans le Nord du pays. Quand Amos se présente, il dit : « Je n’étais pas Prophète, ni du corps des prophètes. J’étais bouvier et je cultivais les sycomores. Mais le Seigneur m’a pris, alors que j’étais derrière mes bêtes, et il m’a dit : « Va, prophétise à mon peuple d’Israël ». « Je n’étais pas fils de prophète », autrement dit : « Je n’appartenais pas au corps professionnel des prophètes ». Amos n’a pas sa carte de prophète mais son affirmation met en lumière qu’il est prophète par vocation reçue de Dieu. Amos est un homme qui cherche devant les réalités de son temps de rentrer dans le projet de Dieu et il voit tout prophète dans sa lumière en essayant de déchiffrer ce projet dans la vie et les évènements.
C’est dans cette simplicité de sa vie, qu’Amos va être attentif aux gens simples. Frappé par le luxe des maisons, mais surtout l’injustice des riches, il n’hésite pas à dénoncer ce qui opprime l’être humain. Il s’engage et met au service du Seigneur qui l’appelle et l’envoie avec ce qu’il a en lui et à partir de son expérience de berger et de cultivateur. Agir avec justice au nom de Dieu En lisant le passage du livre d’Amos 8, 4-7. Prenons le temps de mettre en lumière les gestes d’injustice de notre temps actuel. Sans porter un jugement rapide mais avec le regard du coeur, accueillir l’appel de Dieu pour un engament renouvelé. « Contre les injustices si je n’ai rien fait, je serai complice de tous ces méfaits » (John Littleton)
Soeur Marie Louise BIANDO

Questions pour un partage

- Le Prophète Amos a répondu à l’appel de Dieu pour ouvrir les yeux aux gens de son époque, sans regarder ce qui lui manque ! Qu’est-ce qui peut me freiner d’avancer dans ma vocation de faire partie de la fraternité Spiritaine aujourd’hui ?
- Quel est mon regard sur les événements de ma vie et ceux des autres autour de moi ?

Avec François Libermann

Libermann commente le verset de Jean 5, 24 : « Celui qui écoute ma parole et croit… à la vie éternelle… »
… « Et cette parole divine est tellement substantielle et vitale qu’elle pénètre dans notre âme, la remplit et devient sa vie, la remplissant de lumières, de grâces et d’amour et établissant en elle la vie du Fils de Dieu même. C’est pour cela que Notre Seigneur dit que cette âme a la vie éternelle ; il ne dit pas qu’elle l’aura, mais elle l’a, car elle possède en elle la vie de tous les élus du ciel et y participe quoique pas encore à découvert. Il dit encore qu’elle ne vient pas en jugement, comme il a dit plus haut (ch.3) que tous ceux qui ont en eux la lumière ne peuvent pas être repris par la lumière. Il n’y a que ceux qui ne reçoivent pas en eux cette lumière qui le sont, parce que les ténèbres sont condamnées et repoussées par la divine lumière… » (Commentaire de St Jean, p. 233)

Avec Eugénie Caps

Soeur Eugénie craint, par-dessus toutes choses, de faire valoir sa propre volonté. Alors elle s’abandonne dans le Seigneur et fait confiance. Dans son journal, elle écrit : « Je ne suis rien et n’ai rien mérité. Jésus, je suis pauvre !... Mais je sens très bien que je suis prise par Jésus, car il me conduit. De moi-même je ne puis rien. » (Mai 1915)

Prière et texte d’un prophète aujourd’hui

« Je crois en Dieu qui est le Père de tous les hommes et qui leur a confié la terre… » (Prière de Dom Hélder Câmara)

« Je crois en Dieu qui est le Père de tous les hommes et qui leur a
confié la terre.
 Je crois en Jésus-Christ qui est venu pour nous
encourager et pour nous guérir, pour nous délivrer des puissances et
pour nous annoncer la paix de Dieu avec l'humanité. Il s'est livré
pour le monde. Il est au milieu de nous le Seigneur vivant.
 Je crois en l'Esprit de Dieu qui travaille en tout homme de bonne volonté. Je
crois en l'Eglise, donnée comme signe pour toutes les nations, armée
de la force de l'Esprit et envoyée pour servir les hommes. 
Je crois que Dieu, à la fin, brisera la puissance du péché en nous et en tout
être humain.
 Je crois  que l'homme vivra de la vie de Dieu pour toujours. 
 Je ne crois pas au droit du plus fort, au langage des armes,
à la puissance des puissants.
 Je ne veux croire qu'aux droits de l'homme, 
à la main ouverte, à la puissance des non-violents. 
 Je ne crois pas à la race ou à la richesse, aux privilèges, à l'ordre établi.
 Je veux croire que tous les hommes sont des hommes et que l'ordre
de la force et de l'injustice est un désordre. 
 Je ne croirai pas que je n'ai pas à m'occuper de ce qui arrive loin d'ici. 
 Je veux croire que le monde entier est ma maison et que tous moissonnent 
ce que tous ont semé.
 Je ne croirai pas que je puisse là-bas combattre l'oppression si
je tolère ici l'injustice. 
 Je veux croire que le droit est un, ici et là, et
que je ne suis pas libre tant qu'un seul homme est esclave.
 Je ne croirai pas que la guerre et la faim soient inévitables et la paix
inaccessible.
 Je veux croire à l'action modeste et aux mains nues.
 Je ne croirai pas que toute peine est vaine. 
 Je ne croirai pas que le rêve de l'homme 
 restera un rêve et que la mort sera la fin.
 Mais j'ose croire, toujours et malgré tout, à l'homme nouveau.
 J'ose croire au rêve de Dieu lui-même : un ciel nouveau 
  et une terre nouvelle où la justice habitera.
Ainsi soit-il. »
Dom Hélder Câmara (1909-1999) Archevêque brésilien d'Olinda et
de Recife, dans le Nordeste, une des régions les plus pauvres du
Brésil. Il a été l’avocat des pauvres et un apôtre de la non-violence.